Contre tous les fascismes - il faut agir au lieu d'élire !

Chaque fois que le Front National organise un meeting des manifestations antifascistes sont convoquées et l'on y retrouve beaucoup de ceux et celles qui pensent que l'extrême-droite doit être combattue avec la plus grande vigueur. S'opposer dans la rue au racisme et à la xénophobie est assurément un réflexe salutaire. Cependant une question est posée : doit-on pour cela se contenter de ne répondre qu'à l'occasion des rendez-vous fixés par Le Pen ? La propagande de Le Pen est particulièrement abjecte, il est nécessaire de la dénoncer et nous ne sommes pas les derniers à nous en préoccuper. Ceci étant à trop se focaliser sur le führer bleu blanc rouge, on finit par en oublier ceux qui refoulent, ceux qui sélectionnent, ceux qui expulsent. Oubliés les bulldozers du PCF à Vitry ? Oubliées les expulsions du PS ? Oubliée la trique à Pasqua ?
Non il faut se garder d'oublier que les politiciens de tous bords ne jouent pas franc jeu avec les immigrés.
Occupés à conquérir ou à garder le pouvoir, les politicards ratissent large et ne rechignent pas à flatter le racisme et la xénophobie de l'électeur, toutes les voix sont bonnes à prendre, et même à gauche on est prêt à bien des renoncements pour ne pas en perdre.
Les bulletins de vote n'ont pas d'odeur !
En cette période d'intense agitation électorale on voudrait nous faire croire que les urnes sont le moyen de barrer la route au fascisme et d'en finir avec l'exclusion !
Tant qu'une majorité d'individus se laissera berner par ce discours imbécile, le fascisme aura de beaux jours devant lui.
Les politiciens de droite et de gauche ont ceci de commun qu'ils nous livrent aujourd'hui une société toujours plus injuste, avec des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres. Y en a marre !
Les inégalités sociales et économiques sont de plus en plus insupportables et les salariés reprennent le chemin des grèves et des manifestations. Les lycéens et les étudiants s'inquiètent et le font savoir. Beaucoup commencent à penser qu'on les trompe et que ça commence à bien faire.
A gauche ou à droite personne ne remet en cause une société fondée sur les inégalités sociales et économiques : tous défendent la propriété et le droit de vivre du travail des autres. Nous n'avons rien à attendre d'eux. Face à l'exclusion, au chômage et à la misère nous devons résister en ne comptant que sur nous-mêmes.
C'est à nous tous qu'il appartient de construire une société nouvelle sans classes et sans frontières, solidaire et libertaire.
Pour cela il nous faut prendre nos affaires en main, réfléchir à ce que nous voulons pour aujourd'hui et pour demain, être les acteurs de notre vie plutôt que des sujets passifs. Agir pour ne plus subir !

Fédération Anarchiste
Groupe Albert CAMUS de Toulouse
Tract diffusé le 13 avril 95 lors de la venue de Le Pen à Toulouse