En effet, ce qui est remarquable c'est que, si près de 70% des Français considèrent que les conséquences du chômage sont désastreuses pour l'ensemble des hommes et des femmes ainsi "précarisés", ils se retrouvent beaucoup moins nombreux à dénoncer les causes réelles de ce mal qui ronge la société et qui crée de l'exclusion, de la misère et du mal vivre.
Le chômage est totalement ancré dans la société étatique d'aliénation et d'exploitation. Il est un des moyens de régulation du marché capitaliste de l'emploi avec un seul but, celui de favoriser une minorité de nantis en sacrifiant de millions de personnes sur l'autel du profit.
Le fonctionnement inégalitaire de la société d'exploitation suit une logique qui ne laisse aucune place à l'humanité, encore moins à la solidarité, à l'égalité et à la dignité.
L'Etat, historiquement, n'a jamais résolu la question de la pauvreté et de l'injustice. Ceux qui le gèrent, qu'ils soient de droite ou de gauche, se retrouvent pour déclarer que la situation économique du pays ne permet pas la mise en oeuvre d'une véritable politique de solidarité envers celles et ceux qui se trouvent en situation d'exclusion économique et sociale.
Pour la classe "politique", les équilibres financiers et les marges bénéficiaires des entreprises passsent avant les difficultés que rencontrent les chômeurs, les "RMIstes" et toutes celles et ceux qui ne peuvent plus vivre que d'expédients !
Les politiciens montrent leurs limites faites de démagogie, de soif de pouvoir et de promesses jamais tenues. La carotte et le bâton, voilà les arguments de cette engeance. 1 milliard de francs, c'est à dire une aumône qu'ils jettent dans la gamelle des pauvres et des expulsions musclées à Arras, au "Train Bleu", à la Bourse à Paris ou aux ASSEDIC de Lille, la ville de Martine Aubry où, non contents de tabasser un militant de la Fédération Anarchiste, les flics et la justice l'assignent devant le tribunaux, le 26 février pour résistance avec violence.
Le voilà le vrai visage de la société libérale avancée. Quand des individus ne supportent plus la vie de merde qui leur est proposée, elle lâche ses chiens de garde.
Aujourd'hui, il est urgent pour les chômeurs qu'ils obtiennent les primes pour lesquelles il se sont mobilisés.
Ceci étant, il faut signifier à tous les nantis que nous n'accepterons pas de vivre au rabais dans un pays d'abondance ! Il est scandaleux de voir que la misère gagne les rues des villes quand on sait par ailleurs qu'une simple redistribution égalitaire du Produit National permettrait à chacun d'entre nous de vivre décemment !
Les accapareurs, les voleurs, les affameurs du peuple ont transformé des millions de personnes en une armée de pauvres. Ils l'ont fait au nom de leur sacrée sainte morale et de leurs sacrés saintes valeurs.
Les anarchistes luttent pour une société basée sur l'égalité économique et sociale, la participation active et directe des producteurs à sa gestion future, la solidarité entre les individus et les groupes. Une société dans laquelle nous travaillerons MOINS pour travailler TOUS.
Dès à présent les anarchistes militent en faveur de la gratuité des biens et des services et inscrivent cette revendication dans une logique socialement égalitaire en oppostion à la logique marchande...
GRATUITÉ et AUTOGESTION GÉNÉTALISÉE dans les sociétés d'abondance sont des revendications qu'il nous faut avancer en même temps qu'il nous faut faire converger les intérêts et les luttes des chômeurs et des salariés.
ENSEMBLE attaquons-nous au système d'exploitation et d'aliénation pour ne finir avec la misère et les inégalités !
Nous vous invitons à signer et à faire signée la pétition(*) au dos de ce tract. Nous vous invitons également à nous la rapporter lors de nos permanences, ce sera l'occasion de débattre ensemble pour un autre futur.
(*) pétition demandant la relaxe de Christophe Fetat interpellé et mis en examen suite a une occupation d'une ASSEDIC à Lille vous pouvez la signer a notre local 36 rue de Cugnaux
Groupe Albert Camus
Fédération Anarchiste
Janvier 1998
Tract diffusé le 17 janvier 1998 lors d'une manifestation de soutien aux chômeurs en lutte