ABOLIR LA CONSCRIPTION
C'est dans cet esprit que la Fédération Anarchiste fait campagne pour l'abolition pure et simple de la conscription.
La conscription militaire est évidemment un des vecteurs de la militarisation de la société : il s'agit de faire du citoyen un soldat convaincu qu'il existe un lieu naturel entre l'armée et la nation, nation pour laquelle il faudrait être prêt à verser son sang.
La conscription civile relève des mêmes objectifs : il s'agit, là encore, de lier physiquement le citoyen l'Etat. En uniforme ou pas, il faut servir la patrie en donnant de sa personne.
Aujourd'hui encore, l'Etat réprime ceux qui refusent le service national :
Thomas Santini, objecteur insoumis, passe en procès ce mercredi 16 octobre au Palais de Justice de Toulouse. Laurent Gros, Renaud Rio, Mathieu Barbaroux, tous trois déserteurs, et Lionel Raymond lui aussi insoumis sont également poursuivis par les autorités judiciaires.
Le procès qui va se dérouler, est hautement symbolique. Il survient en effet alors que l'abolition du service militaire est à l'ordre du jour ! La conscription a beau être une institution moribonde, les réfractaires sont toujours poursuivis et passibles de lourdes peines d'emprisonnement. Notre soutien, votre soutien ne doit pas leur manquer. C'est une question de Liberté !
L'armée, de métier ou de conscription, sert toujours maintenir l'ordre dominant, quelqu'en soit le prix. Elle est le fer de lance de tous les nationalismes, grands ou petits.
Ceux qui défendent encore la conscription n'ont pour argument que le maintien d'un lien étroit entre l'armée et la nation, qu'on assimile au peuple. Le service national, transformé en "Rendez-vous citoyen" n'est qu'un outil à fabriquer du consensus, il faut le dénoncer. Cet impôt en temps, même réduit à une faible durée, cette corvée due l'Etat est inacceptable.
C'est pourquoi la Fédération Anarchiste soutient tous les réfractaires en butte à la répression étatique.
Groupe Albert Camus - Toulouse
Fédération Anarchiste
Tract diffusé le 16 octobre 1996 au moment du procès de Thomas Santini, insoumis