Souvenirs, souvenirs

La presse écrite et la télévision se font tous le jours l'écho du procés "Papon". Plus de cinquante ans aprés la "Libération", toute le lumiére n'a pas été faite sur le agissements des uns et des autres pendant la seconde guerre mondiale. On entend parler à cette occasion de "devoir de mémoire", de la nécessité impérieuse de porter à la connaissance du public la chronologie des faits, sans en occulter, afin qu'aprés le temps des réglements de compte vienne celui de l'Histoire.

Beaucoup de faits ont été oubliés et souvent occultés, camouflés pour servir la propagande de ceux qui se sont construit aprés la libération un passé de résistants, patriotes, tout beau tout propre.
Souhaitant contribuer au "devoir de mémoire", nous rappelons ici quelques faits qui se sont déroulés dans les mois qui suivirent la libération de notre région, l'été 1944.
Le PCE (Parti Communiste Espagnol) tenta dans les mois qui suivirent la libération d'imposer sa loi en prétendant organiser à sa botte l'ensemble des exilés espagnols au sein de l'Union Nacional Española (UNE), pour y arriver tous les moyens furent employés : propagande, tromperie, usage de la force, enlévements.
Les exilés espagnols cependant n'étaient pas tous des débutants et ils avaient déjà tâté en Espagne des méthodes staliniennes. Anarchistes et socialistes n'étaient pas dupes et refusaient de marcher sous la coupe des fossoyeurs de la Révolution sociale de 1936. Nombre d'entre eux payérent leur refus au prix fort : ils furent assassinés par les porte-flingues du PCE.
A. BENITO, militant du comité local du PSOE (Partido Socialista Obrero Español), connu pour son opposition à l'UNE, fut assassiné à son domicile dans le quartier St Cyprien. Fin octobre 44, plus de 6000 personnes accompagnérent son cercueil depuis la Bourse du Travail, Place St Sernin, jusqu'au cimetiére de Terre Cabade. Toutes les organisations d'exilés espagnols participérent à cette marche funébre, sauf une, et pour cause : le PCE.
Le nom de BENITO venait de s'ajouter à la liste des GONZALES (CNT), VONILLA (CNT), PEREZ (PSOE), IBANEZ ( PSOE), SAN MIGUEL (POUM), MARTINEZ (CNT), etc, etc.
Le nombre des exactions et des assassinats continuant d'augmenter, la CNT envoya un ultimatum au Comité Central du PCE. Il se terminait par ces mots : "A partir de cette communication, la CNT n'est plus disposée à tolérer ni une brutalité, ni un attentat de plus. Elle rend directement responsable la direction du PCE, en la personne de ses dirigeants, de ce qui pourra arriver".
Le message était trés clair, les assassinats cessérent et le PCE, voyant ses brutalités et ses manoeuvres découvertes, n'eut d'autre reméde que de dissoudre l'UNE.

L'étude rigoureuse des exactions commises par les communistes à l'encontre de tous ceux qui les gênaient dans leurs visées hégémoniques fait partie des "devoir de mémoire" qui restent à accomplir.

Toulouse, octobre 1997
Groupe Albert Camus
FÉDÉRATION ANARCHISTE
Tract diffusé à l'occasion d'un colloque organisé en octobre 97 à Toulouse par la CGT sur la guerre d'Espagne et l'immigration espagnole