Régularisation de tous les sans-papiers

En n'abrogeant pas les lois PASQUA / DEBRE, la gauche revenue aux affaires reprend à son compte une partie des idées véhiculées par la droite et l'extrême droite.
Régularisations au compte-gouttes, suivant des critéres à géométrie variable, discours démagogiques sur "les délinquants qu'on ne peut pas garder chez nous", avec le projet de loi JOSPIN / CHEVENEMENT, la gauche désigne une fois de plus les immigrés comme les boucs émissaires de la crise et du chômage.
Gens de spectacle et intellectuels se mobilisent une fois de plus pour exiger la régularisation globale et sans conditions des "sans-papiers". Entre l'appel lancé en février 97 et celui d'octobre 97, le pouvoir politique a changé de main.
Certains s'offusquent de ce qu'il considérent comme une trahison de la gauche. Une de plus pourrait-on dire en allant un peu vite en besogne. Nous pensons en effet que Jospin et son gouvernement , des socialistes aux verts en passant par les communistes, n'ont pas trahi du tout.
Comme pour les privatisations, la fermeture de l'usine de Villevorde, les 35 heures, la gauche au pouvoir gére avec tout le réalisme qui convient un systéme qui ne permet pas de proposer une alternative aux logiques économiques du capitalisme.
En acceptant le jeu du parlementarisme, les électeurs doivent savoir que, ce faisant, ils acceptent aussi les lois de l'économie de marché. Ce gouvernement -comme tous les autres- est incapable d'enrayer la progression de la misére et du chômage. Il a donc besoin d'un bouc émissaire, l'immigration clandestine, et d'un épouvantail, l'extrême-droite.
La misére engraisse le racisme et le fascisme
Pour faire reculer le racisme et le fascisme il n'est pas raisonnable de faire confiance à la clique politicienne. Il faut tourner résolument le dos aux pélerinages des isoloirs.
La lutte contre le racisme et la xénophobie n'a de sens que si elle s'inscrit dans la perspective de la construction d'une autre société fondée sur la solidarité et l'égalité économique et sociale.
Cette lutte est celle de la grande classe des exploités du monde entier, sans patrie ni frontiéres.

Groupe Albert CAMUS - Fédération Anarchiste