Chaque fois que le Front National organise un meeting des manifestations antifascistes
sont convoquées et lon y retrouve beaucoup de ceux et celles qui
pensent que lextrême-droite doit être combattue avec la plus
grande vigueur.
Sopposer dans la rue au racisme et à la xénophobie est assurément
une pratique salutaire. Cependant une question est posée : doit-on pour
cela se contenter de ne répondre quà loccasion des
rendez-vous fixés par Le Pen ?
La propagande de Le Pen est particulièrement abjecte, il est nécessaire
de la dénoncer. Ceci étant, à trop se focaliser sur le
führer bleu blanc rouge, on finit par en oublier ceux qui refoulent, ceux
qui sélectionnent, ceux qui expulsent, ceux qui font dans la surenchère
sécuritaire
Ne pas oublier
Oubliés les bulldozers du PCF à Vitry ? Oubliées les expulsions
en charters du PS ? Oubliée la trique à Pasqua ? Oubliées
les circulaires de Chevènement ?
Non, il faut se garder doublier que les politiciens de tous bords ne jouent
pas franc-jeu avec les immigrés.
Occupés à conquérir ou à garder le pouvoir, les
politicards ratissent large et ne rechignent pas à flatter le racisme
et la xénophobie de lélecteur, toutes les voix sont bonnes
à prendre, et même à gauche on est prêt à bien
des renoncements pour ne pas en perdre. Les bulletins de vote nont pas
dodeur !
La question sécuritaire est le thème majeur de la campagne électorale,
tous les candidats sans exception jouent sur le registre de la peur de limmigré
ou du voyou de banlieue pour faire passer leurs programmes.
Tant quune majorité dindividus se laissera berner par ces
discours imbéciles, le fascisme aura de beaux jours devant lui.
Les politiciens de droite et de gauche ont ceci de commun quils nous livrent
une société toujours plus injuste, avec des riches de plus en
plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres.
Aujourdhui à Toulouse linsécurité est plutôt
du côté de la SNPE et de ses voisines qui cherchent à redémarrer
des activités qui ont faillit coûter la vie à des dizaine
de milliers de toulousain-es le 21 septembre dernier.
Ça suffit !
Les inégalités sociales et économiques sont de plus en
plus insupportables, chômeurs et précaires sont là pour
nous le rappeler. A gauche ou à droite personne ne remet en cause une
société fondée sur les inégalités sociales
et économiques : tous défendent la propriété et
le droit de vivre du travail des autres. Tous font passer leurs intérêts
politico-économiques avant la vie des gens. Nous navons rien à
attendre deux.
Face à lexclusion, au chômage et à la misère
nous devons lutter en ne comptant que sur nous-mêmes. Il faut se battre
contre le racisme et la xénophobie et en finir avec une société
qui nourrit sans cesse le profit capitaliste.
Cest à nous tous quil appartient de construire une société
nouvelle sans classes et sans frontières, solidaire et libertaire.
Pour cela il nous faut prendre nos affaires en main, réfléchir
à ce que nous voulons pour aujourdhui et pour demain, être
les acteurs de notre vie plutôt que des sujets passifs.
Agir pour ne plus subir !
Tract diffusé le mardi 12 mars 2002 | Manifestation anti Le Pen - Toulouse