Il y a 20 ans : la loi sur l'I.V.G.

Il y a 20 ans à peine il était encore interdit d'interrompre une grossesse non désirée : les avortements se pratiquaient dans la clandestinité, ce qui comportait d'énormes risques médicaux. La mort était parfois au bout et les dégâts physiques et moraux étaient systématiques .
Celles et ceux qui n'ont pas vécu cette période ont sans doute du mal à imaginer comment c'était avant : l'avortement réprimé, la contraception difficile, tout ça parait semble déjà appartenir à l'Histoire.
Pourtant la contraception féminine n'a été réellement autorisée qu'en 1972, date de parution des décrets d'application de la loi Neuwirth de 1967. Le remboursement ne sera effectif qu'en décembre 74.
C'est au terme de longues années de luttes que la loi Veil sera votée en janvier 75, à titre provisoire, pour être adoptée définitivement en décembre 79. Le remboursement de l'avortement n'est assuré que depuis la loi du 31 décembre 1982 ! Là encore, il a fallu lutter...

...aujourd'hui les "commandos"
Dés ses débuts la lutte pour le droit des femmes à disposer de leur corps et à choisir leur maternité s'est heurtée de front avec les tenants d'un ordre moral bourgeois et religieux qui n'ont jamais avalé la pilule de la libération sexuelle.
Les intégristes de tous poils, les ensoutannés de toutes confessions, les lepénistes de tous le pays, les grenouilles de tous les bénitiers, les moralistes de toutes les bonnes familles sont en croisade permanente contre le droit de choisir.
Ces empêcheurs de faire l'amour tranquille s'organisent. Certains usent de leur position pour faire pression : lobbying dans l'industrie pharmaceutique contre la pilule abortive, fermetures de centres d'I.V.G., annulation de la campagne du planning familial "pour ne penser qu'à l'amour" (par les culs-bénis d'un gouvernement de gauche).
Les plus radicaux regroupés dans des associations comme "Laissez les vivre" ou "SOS tous petits" attaquent les centres d'I.V.G. et agressent les femmes et le personnel médical dans une relative impunité.

La seule garantie : la lutte
Le droit des femmes à disposer de leur corps, à choisir leur maternité, constitue assurément l'une des plus grandes conquêtes de ce siécle. Le droit à une sexualité libre, conditionné en partie par le droit à l'avortement et à la contraception libres et gratuits, est malheureusement loin d'être acquis pour l'humanité. Partout il faut lutter contre l'oppression et le conservatisme étatiste et religieux. Le droit de choisir est à ce prix :
il faut lutter pour l'obtenir,
il faut lutter pour le garder

Union Régionale Sud Ouest de la Fédération Anarchiste
Tract diffusé lors d'une contre-manifestation anti-IVG devant une clinique pratiquant des IVG