Les politiciens découvrent maintenant que de grosses entreprises exagèrent
et qu'il faudrait freiner leurs ardeurs à licencier en prenant des mesures.
Tiens donc ! Comme si les licenciements, les délocalisations et toutes
les restructurations capitalistes démarraient aujourd'hui avec Danone
et Mark & Spencer, Valeo, Pechiney, AOM-Air Liberté . Belle hypocrisie
!
L'ex-ministre Chevènement est monté au créneau (lui qui
n'a pas rechigné lors des licenciements massifs d'Alsthom à Belfort)
le premier secrétaire du PS, François Hollande est allé
dans le même sens tout en précisant qu'il " ne fallait pas
penser que nous allions tout cadenasser, il ne faut pas que les entreprises,
lorsqu'elles font des profits soient dissuadées ".
Même Madelin, Droite libérale, s'est prononcé pour le "
zéro licenciement " dans des entreprises qui font du profit (encore
une hausse du baromètre social et Madelin devient trotskiste !). Certains
dans la " Gauche socialiste " reparlent de faire réapparaître
la fameuse " Autorisation administrative de licenciement ", supprimée
en 1986 par la Droite et maintenue par la Gauche au pouvoir. D'ailleurs cette
autorisation administrative n'avait servi qu'à autoriser des milliers
de licenciements notamment dans la sidérurgie.
Jospin promet en guise de conclusion une mesure législative maintenant
qui visera à " mieux encadrer la procédure des plans sociaux
" lorsqu'une entreprise réalise des profits et " de rendre
plus coûteuses les décisions de supprimer des emplois ".
Quand on sait le fric mis de côté par les grandes entreprises pour
réaliser des plans "sociaux " ou d'autres man?uvres (fusions,
rachats, OPA) et celui demandé à l'Etat pour payer les préretraites
par exemple, il est clair que ces mesurettes seront d'une grande efficacité.
Le patron de Danone pourra toujours procéder à des licenciements
" boursiers " Mais devra s'y préparer à l'avance pour
intégrer les congés de reclassements et ne pas oublier de mettre
en place une société d'essaimage pour la ré industrialisation
des sites.
Et pour les entreprises de moins de 50 salariés, ce sera toujours les
licenciements économiques à la sauvette par paquets de 9 ...
La logique du capitalisme c'est le profit, si les licenciements lui sont nécessaires,
et bien les patrons licencient !
Et quand les patrons s'occupent de l'emploi c'est pour récupérer
les 140 milliards par an des fonds publics (français et européen)
de soutien à l'emploi et ce sans aucun contrôle .
Quant au gouvernement, sa lutte pour l'emploi s'illustre par le passage au 35
heures dans la Fonction publique sans aucune création d'emploi .
Il ne sert à rien d'entretenir les illusions sur un capitalisme à
visage humain, sur un Etat bienveillant pour les travailleurs !
L'émancipation des travailleurs sera l'?uvre des travailleurs eux-mêmes.
Fédération anarchiste
Tract distribué le 22 mai 2001 lors de la manif CGT contre les licenciements.