Si tu dois passer en justice il vaut mieux ne pas être noir et militant.
Incontestablement, les faits se rapportant à cette parodie de justice devrait
suffire à tous les individus de bon sens et à n'importe quel juge pour libérer
Mumia. Pourtant la "justice" américaine s'acharne et tient absolument à le voir
mort ! Pourquoi? Vraisemblablement, le passé de militant de la cause noire pèse
plus lourd dans la condamnation de Mumia que n'importe quelle autre raison.
Souvenons-nous : les annes 60 et 70, la lutte des noirs contre une société
américaine raciste et terriblement inégalitaire, les succès comme l'obtention
des droits civiques pour tous. Mais rappelons-nous aussi que le FBI, police
d'Etat, s'était alors engagé dans une véritable guerre contre les noirs :
drogue, corruption et assassinats comme ceux de Martin Luther King ou Malcom X.
A l'époque Mumia lui aussi est un Black Panther et si plus tard il changera de
forme de lutte, jamais il ne se taira, en prison encore il continue d'écrire,
protester et prend position contre toutes les injustices. Les riches, l'Etat et
leur police ne peuvent l'oublier : pour eux, pour leurs privilèges il faut que
Mumia Abu Jamal meure.
Pour l'Etat et la bourgeoisie un rebelle c'est un criminel !
Cette affaire qui retient l'attention par le côt particulirement grossier de
l'injustice commise, et, l'horreur que nous provoque cet assassinat de sang
froid qu'on appelle la peine de mort, cette affaire n'est pas un cas isolé ! Il
suffit de constater le nombre de prisonniers d'opinion qu'il y a dans le monde,
de voir comment sont traités les dissidents en Chine par exemple, ou, plus près
de nous, comment ont té traités les sans-papiers ou ceux qui leur sont
solidaires comme Michel Beurier, secrtaire de l'U.D. CGT du Puy de dôme et,
encore plus rcemment de rappeler l'affaire José Bové, emprisonné et jugé pour
son action syndicale. Partout dans le monde, les bourgeoisies des Etats riches
se livrent une guerre sans merci qui détériore les conditions de vie de tous et,
en premier des plus pauvres qui ne manquent de se révolter contre cette
situation.
Le capitalisme et l'Etat fabriquent des pauvres
Les richesses produites sur le globe s'accroissent sans cesse au profit de
quelques-uns et au détriment des conditions de vie de la plus grande masse. Ce
phénomène entraîne des réactions chez les personnes, toujours plus nombreuses,
sacrifiées sur l'autel du capitalisme : ractions de ceux et celles qui ont
intégré les normes du système, comme la consommation, mais qui en sont exclus,
réactions de désespoir de ceux que la misère sociale a complètement déstructuré,
réactions de survie qu'on peut érsumer à "voler pour bouffer", réactions enfin
de ceux et celles qui décident de lutter contre ces inégalités. Oui, l'injustice
et la misère produisent des suicides, de la délinquance, des comportements
violents et irrationnels mais aussi de la révolte. Autant des réactions,
pourtant générées par les tenants du pouvoir économique et politique, qui
peuvent nuire à la bonne marche de leurs affaires !
L'Etat les enferme et organise leur répression
Ainsi les Etats, en bons gestionnaires des inégalités, durcissent les politiques
sécuritaires et répressives : toujours plus de fichiers, de flics, de prisons...
On peut donc comprendre la prison comme un outil au service des puissants
servant broyer tous ceux et celles qui peuvent perturber le système, parce
qu'ils n'y ont pas leur place et/ou le remettent en cause. Les chiffres sont
d'ailleurs éloquents : en France, par exemple, 90 % des détenus appartiennent
aux classes économiquement les plus basses : plus t'es pauvre plus t'as de
chance d'aller en taule et quand tu y as mis les pieds, t'es bien parti pour y
retourner et tes enfants pour t'y rejoindre un jour... Si tu fais partie d'une
minorité raciale, t'es bien souvent un pauvre. Pendant ce temps quelques-uns
prospèrent et l'Etat continue à fabriquer des prisons pour "protéger la
socité''.
Contre eux, pour lui, pour nous : non à la peine de mort, liberté pour Mumia
Ainsi parce qu'elle est le maillon ultime de cette politique carcérale et que le
nombre de pauvres augmente, la peine de mort se redéveloppe dans de nombreux
Etats au monde et en particulier aux Etats Unis. Parce qu'elle est le fruit
d'une politique inique et qu'elle représente la barbarie légalisée, il faut
lutter contre la peine de mort. Mumia Abu Jamal, un noir, opposant politique est
pris dans cette logique.
Lutter contre son exécution, pour sa libration, c'est lutter contre le systèéme qui produit des pauvres, les enferme ou les tue tout en bâillonnant et garrottant ses opposants ! Seul un sursaut populaire massif pourra faire reculer les tenants du pouvoir et du crime légalisé.
Fédération Anarchiste (Groupe Albert Camus) Toulouse
Tract diffusé le 27 novembre 1999 à Toulouse