NON A LA PEINE DE MORT ! LIBERTE POUR MUMIA ABU JAMAL !

Mumia Abu Jamal, américain noir, journaliste de presse et de radio, ancien militant du groupe politique Black Panthers, toujours militant de la cause noire aux Etats Unis, est aujourd'hui, et pour la seconde fois en 4 ans, face à un mandat d'exécution de la peine de mort à laquelle il fut condamné en 1982 ! Si Mumia n'est sans doute pas le plus vieux prisonnier politique au monde, il est sans aucun doute devenu le plus connu des condamnés à mort de la terre. Parce que son cas révolte, parce que les flics du FBI qui l'ont fait condamner ont reconnu par la suite avoir fabriqué les preuves, parce qu'un témoin à charge s'est dit prêt à revenir sur ses déclarations que la police lui avait extorquées sous la menace, il faut que Mumia Abu Jamal soit libéré.

Si tu dois passer en justice il vaut mieux ne pas être noir et militant.
Incontestablement, les faits se rapportant à cette parodie de justice devrait suffire à tous les individus de bon sens et à n'importe quel juge pour libérer Mumia. Pourtant la "justice" américaine s'acharne et tient absolument à le voir mort ! Pourquoi? Vraisemblablement, le passé de militant de la cause noire pèse plus lourd dans la condamnation de Mumia que n'importe quelle autre raison. Souvenons-nous : les annes 60 et 70, la lutte des noirs contre une société américaine raciste et terriblement inégalitaire, les succès comme l'obtention des droits civiques pour tous. Mais rappelons-nous aussi que le FBI, police d'Etat, s'était alors engagé dans une véritable guerre contre les noirs : drogue, corruption et assassinats comme ceux de Martin Luther King ou Malcom X. A l'époque Mumia lui aussi est un Black Panther et si plus tard il changera de forme de lutte, jamais il ne se taira, en prison encore il continue d'écrire, protester et prend position contre toutes les injustices. Les riches, l'Etat et leur police ne peuvent l'oublier : pour eux, pour leurs privilèges il faut que Mumia Abu Jamal meure.

Pour l'Etat et la bourgeoisie un rebelle c'est un criminel !
Cette affaire qui retient l'attention par le côt particulirement grossier de l'injustice commise, et, l'horreur que nous provoque cet assassinat de sang froid qu'on appelle la peine de mort, cette affaire n'est pas un cas isolé ! Il suffit de constater le nombre de prisonniers d'opinion qu'il y a dans le monde, de voir comment sont traités les dissidents en Chine par exemple, ou, plus près de nous, comment ont té traités les sans-papiers ou ceux qui leur sont solidaires comme Michel Beurier, secrtaire de l'U.D. CGT du Puy de dôme et, encore plus rcemment de rappeler l'affaire José Bové, emprisonné et jugé pour son action syndicale. Partout dans le monde, les bourgeoisies des Etats riches se livrent une guerre sans merci qui détériore les conditions de vie de tous et, en premier des plus pauvres qui ne manquent de se révolter contre cette situation.

Le capitalisme et l'Etat fabriquent des pauvres
Les richesses produites sur le globe s'accroissent sans cesse au profit de quelques-uns et au détriment des conditions de vie de la plus grande masse. Ce phénomène entraîne des réactions chez les personnes, toujours plus nombreuses, sacrifiées sur l'autel du capitalisme : ractions de ceux et celles qui ont intégré les normes du système, comme la consommation, mais qui en sont exclus, réactions de désespoir de ceux que la misère sociale a complètement déstructuré, réactions de survie qu'on peut érsumer à "voler pour bouffer", réactions enfin de ceux et celles qui décident de lutter contre ces inégalités. Oui, l'injustice et la misère produisent des suicides, de la délinquance, des comportements violents et irrationnels mais aussi de la révolte. Autant des réactions, pourtant générées par les tenants du pouvoir économique et politique, qui peuvent nuire à la bonne marche de leurs affaires !

L'Etat les enferme et organise leur répression
Ainsi les Etats, en bons gestionnaires des inégalités, durcissent les politiques sécuritaires et répressives : toujours plus de fichiers, de flics, de prisons... On peut donc comprendre la prison comme un outil au service des puissants servant broyer tous ceux et celles qui peuvent perturber le système, parce qu'ils n'y ont pas leur place et/ou le remettent en cause. Les chiffres sont d'ailleurs éloquents : en France, par exemple, 90 % des détenus appartiennent aux classes économiquement les plus basses : plus t'es pauvre plus t'as de chance d'aller en taule et quand tu y as mis les pieds, t'es bien parti pour y retourner et tes enfants pour t'y rejoindre un jour... Si tu fais partie d'une minorité raciale, t'es bien souvent un pauvre. Pendant ce temps quelques-uns prospèrent et l'Etat continue à fabriquer des prisons pour "protéger la socité''.

Contre eux, pour lui, pour nous : non à la peine de mort, liberté pour Mumia
Ainsi parce qu'elle est le maillon ultime de cette politique carcérale et que le nombre de pauvres augmente, la peine de mort se redéveloppe dans de nombreux Etats au monde et en particulier aux Etats Unis. Parce qu'elle est le fruit d'une politique inique et qu'elle représente la barbarie légalisée, il faut lutter contre la peine de mort. Mumia Abu Jamal, un noir, opposant politique est pris dans cette logique.

Lutter contre son exécution, pour sa libration, c'est lutter contre le systèéme qui produit des pauvres, les enferme ou les tue tout en bâillonnant et garrottant ses opposants ! Seul un sursaut populaire massif pourra faire reculer les tenants du pouvoir et du crime légalisé.

Fédération Anarchiste (Groupe Albert Camus) Toulouse

Tract diffusé le 27 novembre 1999 à Toulouse