1998, les institutions fêtent le cent cinquantième anniversaire de l'abolition de l'esclavage. Dans le même temps, des Africains, des Maghrébins sont baîllonnés, enchaînés, dans les trains, les avions, les bateaux que les supporters emprunteront eux aussi ! Si la coupe remplit les stades, la gauche remplit les charters !
Aux clameurs des enceintes sportives bondées répondront les plaintes et le désespoir des expulsé(e)s dans les tribunaux administratifs et les centres de rétention. Pour la Fédération Anarchiste, la fraternité ne se réduit pas à un carré de pelouse. Cette "manifestation", déjà décrédibilisée par l'argent et le nationalisme exacerbé, ne sera en aucune manière une trêve.
Avant, pendant et après la coupe :
Nous dénonçons le nationalisme, le mythe de l'identité nationale ;
Nous condamnons la République qui s'accomode d'un égalité et d'une liberté démenties par les faits et les actes de ses gouvernements ;
Nous revendiquons pour tous, la liberté de circulation et d'installation sans considération de frontière ;
Nous continuerons les actions contre les expulsions de sans-papiers.
8 juin 1998
Tract diffusé le 8 juin 1998 lors du rassemblement en soutien aux sans-papiers à Toulouse