Le sécuritaire ne nous fera pas taire !
EDVIGE : le nom change, le fichage reste
Le gouvernement a beau changer le nom de son fichier informatique d'EDVIGE en EDVIRSP (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Relative à la Sécurité Publique), le fichage politique est bel et bien en place en France et ce ne sont pas les quelques modifications apportées qui y changeront quoi que ce soit. Il n'y a là que de quoi soulager ceux qui, Bayrou et PS en tête, ne se sont élevés que bien tard par pur opportunisme politique, oubliant le reste d'un arsenal sécuritaire qu'ils ont eux-mêmes fortement contribué à mettre en place. Rappelons en effet que c'est le PS qui a donné le coup d'envoi de la nouvelle vague de flicage massif de la société, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, avec la Loi sur la Sécurité Quotidienne en 2001.
EDVIRSP, continuera donc de ficher les personnes « dont l’activité indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique » ; soit n'importe qui, car tout n'est affaire que de contexte. Quiconque s'implique dans la vie sociale, associative, politique, syndicale, est concerné, comme le prévoit toujours explicitement cette loi. Le tout dès 13 ans en enregistrant notamment l’état civil, les adresses physiques, les adresses électroniques et numéros de téléphone ainsi que les « signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement »(!). Sans compter les autres systèmes de fichage, parmi lesquels STIC et surtout CRISTINA, dont même la CNIL ne saura jamais rien, secret défense oblige. Ces fiches peuvent être constituées et consultées par les forces de polices sans qu'aucune infraction ne soit pour autant commise.
Chaque jour, de plus en plus surveillés
Reste que dans notre vie quotidienne la logique sécuritaire est chaque jour plus présente. Nous sommes filmés à chacun de nos pas, la police de plus en plus présente est autorisée, sur simple soupçon, à prélever notre ADN, nous fichant ainsi jusque dans nos cellules. S'il nous arrivait de vouloir nous révolter elle est appuyée par de nouvelles armes technologiques (TAZER, drones, etc). De même, il existe un service de renseignements généraux désormais fusionné avec le contre-espionnage sous le nom de « renseignement intérieur ». La loi Perben II avait déjà autorisé en son temps les écoutes (4 millions de « réquisitions téléphoniques » différentes en 2007), la pose de micros et la fouille des domiciles, sans que la « cible » n'ait jamais conscience ni de ces atteintes à sa vie privée, ni des procédures enclenchées contre elle.
Un tel constat ne peut laisser indifférent, notre société fiche chaque jour un peu plus ses individus et pourtant l’humain ne saurait être ainsi réduit, parqué, fiché, signalé. Et c’est parce cette idée est insupportable qu’on essaie de nous inculquer, dès le plus jeune âge, cette docilité au marquage. Dès l'école, sous l'oeil des caméras, les enfants doivent poser leur pouce sur des bornes biométriques où seules les empreintes digitales (et bientôt cartographie de l'iris) leur permettent d'obtenir leur repas. Agissons dès aujourd'hui et ne laissons pas s'imposer ces logiques dans nos vies, tant que nous le pouvons encore. Utilisons tous les moyens à notre disposition, quitte à faire comme ces lycéens de Gif-sur-Yvette, qui face à l'installation de bornes biométriques, ont préféré le sabotage à la soumission et au marquage.
La surveillance généralisée pour maintenir le système capitaliste
Pourquoi tout ce déchaînement sécuritaire ? Tout d'abord, il est dans la nature des États et des dirigeants de se méfier de ceux qu'ils dirigent. De plus, les inégalités croissantes associées au « chacun pour soi et contre tous » promu par les tenants du système capitaliste, entraînent invariablement son lot de violences et de révoltes. Afin de maintenir leurs profits et leur pouvoir, ils mettent en place les outils de répression et de surveillance pour maintenir ce système inique.
Il ne s'agit pas de s'attaquer aux « dérives » du sécuritaire mais bien à ces logiques elles-mêmes avec tout ce qu'elles portent de relents fascisants et totalitaires.
Mobilisons-nous ! Nous ne nous laisserons pas faire !
Le tract est disponible au format pdf ici.
Communiqué d'appel à la manifestation ici.






