mer 24 mars 2010

Libérons-nous de tout ce que l'état et le capitalisme nous imposent!

Manif_orleans_-_23_mars_2010.jpg

 

Refusons de payer leur crise!

Barbarie financière, terrorisme des Etats, misère des mal logés, destruction massive d'emplois dans la fonction publique, médias aux ordres, les raisons de se révolter ne manquent pas. Les conséquences de leur crise financière tant médiatisée vont encore peser lourd en 2010. Pour ceux et celles qui ne peuvent vivre que de leur force de travail ce sera à coup sûr : des revenus en baisse, du travail en plus pour ceux qui garderont leur emploi, le chômage pour les autres. Comme on pouvait s'y attendre les patrons ont profité de la crise pour déstocker, dégraisser, afin de continuer d'engranger toujours plus de profits.
Leur propre crise a été le prétexte pour les gouvernements à organiser le hold-up du siècle au plus grand bonheur des banquiers et autres capitaineries de l'industrie !

Les partis de gauche et les bureaucraties syndicales ne veulent pas d'un mouvement social d'ampleur

Les partis politiques et les bureaucraties syndicales, parce qu'elles sont partie intégrante du système de cogestion étatique et capitaliste, n'ont pas intéret à ce que les travailleurs s'organisent eux-memes. face à la crise, les partis de gauche n'ont rien d'autre à proposer que des mesures de «_régulation_» dont ils ont eux-mêmes organisé la suppression quand ils étaient au pouvoir! Pour qui nous prennent-ils? Quant aux bureaucraties syndicales, voilà trop longtemps qu'elles nous balladent dans des mobilisations plus fatiguantes qu'efficaces. Tout le monde du travail sait désormais que les journées de grève de 24h sont non-seulement inefficaces mais aussi et surtout contre-productives. Elles répondent en réalité à des stratégies bureaucratiques au sommet qui ont largement montré qu'elles n'étaient pas pensées pour la défense de l'intérêt général. Le mouvement social, trop attentiste à l'égard des centrales syndicales, semble aujourd'hui incapable de passer à l'offensive contre les attaques gouvernementales dans tous les domaines. Or, à attaque globale il faut répondre de façon globale. C'est précisément cette option indispensable que les syndicats professionnels du "dialogue social" se refusent à organiser aujourd'hui alors qu'ils en ont la capacité.

Il faut que la peur change de camp!

Face à l'inertie des centrales syndicales, le mouvement social n'a plus le choix: il doit s'organiser de façon autonome en se dotant des structures de coordination nationales (et pourquoi pas ensuite européennes) nécessaires pour mener à bien la grève générale reconductible qui seule fera plier nos exploiteurs. C'est cette autonomie, garantie par des AG souveraines et la fédération de toutes les luttes, qui fera notre force tant en terme de détermination qu'en terme d'efficacité. En effet, il est temps de faire comprendre au gouvernement que les bureaucraties syndicales avec lesquelles il peut facilement négocier le statu-quo sont devenues incapables de contenir la révolte. Alors et seulement alors, il pourra céder du terrain. Construisons dès aujourd'hui la grève générale gérée depuis la base pour faire reculer le gouvernement: retour au 37,5 annuités pour toutes et tous, retrait de la réforme des retraites, de la sécu, de l'assurance chômage, retour sur les suppressions de postes dans la fonction publique,etc;

Le capitalisme: un système non viable économiquement et écologiquement

Au-delà c'est bien évidemment la viabilité meme du capitalisme qui est remise en cause aujourd'hui. Cette crise, ajoutée à toutes celles qui l'ont précédée montre clairement que le capitalisme est par nature instable. En effet, c'est bien l'appétit de profits faciles et rapides associé au refus délibéré d'augmenter les salaires de la part du patronat qui a poussé les établissements financiers étatsuniens à accorder des crédits à une demande insolvable. Si les mécanismes de redistributions imposés de haute lutte au cours de l'histoire à l'Etat limitent les dégats, il n'en demeure pas moins que dès que la vigilance des travailleurs s'assoupit, la bourgeoisie s'empresse de reprendre ce qu'elle avait du céder. C'est de toute évidence la situation dans laquelle on se trouve depuis une trentaine d'années où les reculs sociaux s'enchainent au rythme des ritournelles que nous jouent les partis politiques qui se sont succédés au pouvoir. La social-démocratie et son idéal utopique de régulation des rapports de classe par la négociation est un échec complet.
En outre, en ce début de 21ème siècle la démonstration scientifique que l'activité humaine est toute proche de dépasser les limites écologiques renforce encore le discrédit du capitalisme qui ne peut distribuer les miettes de ses profits (et donc créer de l'emploi) qu'avec une croissance continue de la production. Il faut dénoncer l'escroquerie intellectuelle qu'est la notion de «_développement durable_» inventée par les gouvernants mondiaux au Sommet de la Terre en  1992 pour tenter de faire croire à la compatibilité entre la croissance infinie de la production et l'écologie.
En clair, que ce soit par l'explosion des inégalités à l'échelle mondiale ou par le dépassement des limites écologiques il est évident que le capitalisme est la pire des solutions pour l'avenir.

Vers une autre société maintenant!

Le mouvement social manque depuis bien longtemps d'un projet de société alternatif à opposer au capitalisme et à l'étatisme. Anarchistes, nous tentons de populariser les propositions communistes libertaires qui sont trop méconnues et qui pourraient nous aider à construire une société enfin libre et égalitaire. Il faut rompre avec l'illusion de la prise du pouvoir d'Etat par une avant-garde qui, l'histoire nous l'a suffisamment démontré, conduisent invariablement à la dictature. C'est un mouvement social autonome qui seul pourra transformer la société en établissant un rapport de force suffisant pour s'emparer de l'économie selon la méthode qui associe autogestion et fédération des unités de production, c'est à dire en organisant le contrôle de la population sur la production à partir des besoins. Un tel modèle économique s'appuierait sur la libre fédération des communes comme maillage politique en lieu et place de l'Etat qui rouge, rose, bleu ou vert a toujours été et sera toujours l'outil de domination d'une minorité privilégiée. On peut toujours être révolutionnaire aujourd'hui à condition d'être clairement à contre-courant des doctrines marxistes qui ont toujours échoué en confondant propriété collective et propriété étatique des moyens de production.

Première étape: occuper les entreprises et relancer la production sous forme coopérative!

Jeter les bases de cette société pourraient consister, dans le cadre des plans de licenciements qui se multiplient, à occuper l'entreprise, attaquer les intérêts économiques de la boite ou les entreprises clientes (par exemple par le boycott, l'occupation de filiales, le blocage de l'acheminement des produits de la boite en question...), pour se réapproprier l'outil de travail, disposer d'un moyen de pression... La solution historique du mouvement ouvrier, c'est l'expropriation patronale et le redémarrage de la production par les travailleuses et les travailleurs eux-même, pour eux mêmes. Une telle solution a par exemple été mise en oeuvre par des milliers de travailleurs et de travailleuses en Argentine lors de la crise de 2001. Les patrons s'étant enfuis avec la caisse, les ouvriers n'ont pas attendu un hypothétique (et illusoire) secours de l'Etat, ils ont redémarré l'activité, sous forme coopérative, en reprenant collectivement l'outil de travail. On trouve d'autres initiatives du même genre au cours de l'histoire, comme par exemple récemment les «_Strike bike_» en Allemagne. En France, l'exemple de LIP et tout récemment les Phillips de Dreux sont des pistes. C'est cette solution que nous devons remettre au goût du jour !