mer 7 octobre 2015

SITUATION KURDE, été 2015 la révolution vaincra face à Daech et l’État Turc !

RL
Rojova

L’été qui vient de s’écouler fut chargé d’événements violents concernant la situation Kurde, laissant ainsi les combattant·e·s face à deux adversaires à la fois. Considérant qu’une excellente analyse a été produite sur le contexte et l’organisation sociale de la révolution du PKK (Parti des Travailleurs Kurdes) au Rojava, dans le numéro 102 d’Infos et Analyses Libertaires, cet article rapportera les faits qui se sont déroulés durant l’été dans cette zone de conflits où s’affrontent désormais Kurdes, État Islamique et État Turc.

 

Le drame de Suruç


Fin janvier 2015, les hommes et les femmes des YPG (Unité de Protection du Peuple) et YPJ (Unité de Protection des Femmes) reprennent courageusement la ville Syrienne de Kobanê, frontalière à la Turquie. Cette dernière est en ruine car les combats y ont fait rage. Kobanê se relève alors doucement grâce aux habitant·e·s et aux groupes  de volontaires qui viennent participer à la reconstruction de la ville. Le 20 Juillet à Suruç, près de la frontière Turc, un attentat suicide commandité par Daech fait 32 victimes et une centaine de blessé·e·s lors d’un regroupement de jeunes de gauche et d’extrême gauche qui s’apprêtaient à partir pour la reconstruction de Kobanê. Plus tard dans la journée, c’est une voiture piégée qui fait 2 morts dans les rangs du YPG. Parmi les 32 victimes de Suruç on compte 2 camarades anarchistes tués : Alper Sapan et Erwin Deniz Erol. Nous n’oublierons pas les noms de nos camarades !


Mobilisation et Résistance


Dans toute l’Europe, des manifestations en soutien au peuple Kurde éclatent alors à la suite de cet attentat. Erdogan, le président Turc, est accusé d’un certain « laisser faire » auprès de Daech, par son rejet du PKK et de toute autre organisation révolutionnaire Kurde, qu’il considère d’ailleurs comme terroriste au même titre que l’État Islamique.
En Turquie, les révolutionnaires se mobilisent et les manifestations de soutien tournent très vite à l’émeute lorsque la police Turque attaque les manifestant·e·s à coup de flash-ball, gaz lacrymogène et camion à eau. Les résistant·e·s s’organisent et les barricades se dressent dans plusieurs villes, notamment à Istanbul. S’ensuit alors une répression sanglante par les forces anti-terroristes  du gouvernement : arrestations par centaines de militant·e·s de gauche (environ 2500 révolutionnaires sont détenu·e·s en prison) , meurtres de manifestant·e·s, de civil·e·s : 3 jeunes hommes kurdes de 20 et 22 ans sont assassinés par la police anti-terroriste, une jeune fille de 14 ans et sa mère sont attaquées par un sniper Turc alors qu’elles dormaient sur le toit d’un immeuble, la mère n’a pas survécu. Ces exemples ne sont malheureusement pas des cas isolés. Face à ces actes barbares, les militant·e·s ne se laissent pas faire, puisqu’ils et elles s’équipent de nombreux cocktails molotov, d’armes automatiques et de lance-roquettes dont ils et elles se servent pour se défendre et  attaquer des commissariats de police Turcs.


La fin d’une trêve


Quelques jours avant l’attentat de Suruç, la trêve entre la Turquie, le PKK et ses autres organisations sœurs prend fin, suite à de nombreuses provocations de la part des troupes militaires Turques stationnées à la frontière du Kurdistan. Le gouvernement Turc  respectait de moins en moins les accords de paix qui avaient été signés en 2013 par Abdulah Öcalan, le chef incarcéré du PKK, qui rompait alors un combat qui avait commencé en 1984 et fait 45 000 morts.


Alors que les combats reprennent, 2 jours après l’attentat de Suruç, 2 policiers Turcs qui collaboraient avec Daech sont exécutés d’une balle dans la tête par la branche armée du PKK. Parallèlement aux manifestations de soutien et aux affrontements avec la police Turque, l’armée intensifie ses bombardements sur les révolutionnaires du Kurdistan-Irakien, qui ne trouvent pas de soutien auprès du gouvernement régional autonome Kurde aux mains du PDK, parti de droite de la région Irakienne, laissant l’armée Turque attaquer et bombarder les villages Kurdes et leur civil·e·s favorables au PKK. C’est un véritable conflit asymétrique qui se déroule entre l’armée et les Kurdes. Les révolutionnaires doivent faire face aux chars, hélicoptères et drones de combat qui progressent vers le centre de commandement du PKK au  Kurdistan Irakien. Mais la courageuse résistance se fait sentir partout : des engins explosifs improvisés (IED) détruisent blindés, tuent policiers et militaires lors de passages de convois militaires Turcs.


Les combats font aussi rage sur le sol Turc, là où les Kurdes sont majoritaires (Nord-Kurdistan). Là aussi, l’armée  tue civil·e·s et militant-e-s, et des villes et villages insurgés sont entièrement occupés par des blindés, alors que certains d’entre eux ont déclarés l’autogestion. La riposte des révolutionnaires n’est ici pas non plus muette : face aux militaires, pierres, cocktails molotov et tirs de kalachnikov sont les moyens de défense des Kurdes assiégé·e·s. Partout en Turquie, des explosifs tuent policiers et militaires Turcs ; C’est le cas le 2 septembre lorsqu’un IED explose à Istanbul, tuant 8 soldats.


Des volontaires étranger·è·s pour le YPG


Alors que les États-Unis et l’Europe ferment globalement les yeux sur la situation des Kurdes (la Turquie étant l’un des  dernier allié des Occidentaux au Moyen Orient, ces derniers feront tout pour préserver leur bonne entente), quelques courageu·x·se·s Européen·ne·s et Américain·e·s viennent grossir les rangs du YPG pour combattre Daech et soutenir la révolution qui se déroule au Rojava. D’après les Unités de Protection du Peuple, ce serait 500 volontaires qui auraient rejoint le combat contre Daech. Ces chiffres ne tiennent probablement pas compte de la Brigade Internationale de Libération composée de militant·e·s Anarchistes et Communistes étranger·e·s.


Soutien aux Kurdes !


L’attentat de Suruç du 20 Juillet, en plus de nous priver de de camarades de luttes, a considérablement accru une escalade de violences et de répression des policiers et militaires Turcs envers les manifestant·e·s et les résistant·e·s Kurdes, qu’il convient d’imputer au gouvernement fasciste d’Erdogan.
Aujourd’hui, plus que jamais, réaffirmons notre soutien au processus révolutionnaire du Rojava, aux Kurdes opprimé·e·s victimes de l’État impérialiste et policier Turc.
Soutien total aux YPG et YPJ, ainsi qu’au PKK et à sa guérilla qui luttent courageusement !

 

Damien, groupe de Montpellier

 

Sources :

http://www.secoursrouge.org/
http://www.rojbas.org/
http://alternativelibertaire45.org
http://www.rtl.fr

 

Sources photo :

• Pages Facebook "International Freedom Battalion" et "Soyons Sauvages"