dim 12 janvier 2014

La situation particulière des réacteurs de « recherche »

IAL

Dans la galaxie nucléaire, outre l'armement et la production d'énergie, existe la partie relativement peu abordée du nucléaire médical, utilisé dans la détection ou le traitement de troubles (de la radiographie au traitement de certains cancers) cette source de rayonnement serait celle à laquelle la population est la plus exposée1. Les technologies du nucléaire médical présentent de gros risques  : irradiation des patient-es, sur-irradiation en cas de mauvaises manipulations, production et manipulation des isotopes (les principales sources de rayonnement médical), traitement des déchets,... Actuellement la production d'isotopes se fait grâce à des réacteurs nucléaires dits de « recherche », avec des risques identiques à n'importe qu'elle centrale.

Cependant des alternatives existent comme le cyclotron qui est un accélérateur de particules permettant de produire de l'isotope médical, dont les plus fréquemment utilisés2 et réputés à « vie courte » (quelques heures) sans utiliser les réacteurs fonctionnant à base d'Uranium.

Le cyclotron permet :

- de produire sans utiliser de réacteur nucléaire,

- une production décentralisée proche du lieu d'utilisation.

Se passer de réacteur nucléaire pour produire des isotopes médicaux, aurait des conséquences importantes sur nos choix de vie. En effet comme on ne stocke pas l'électricité, on ne peut pas non plus stocker des éléments radioactifs à vie courte. Si un réacteur nucléaire produit de l'isotope à vie courte il faut le consommer, comme pour la consommation d'électricité, et l'industrie a donc tout intérêt à inciter le corps médical à multiplier les examens consommant ces isotopes3. Décentraliser et rendre plus souple la fabrication d'isotopes médicaux entraînerait un libre choix plus important pour les patient·e·s et les médecins. C'est aussi diminuer les risques, en raccourcissant les transports et manipulations de matières irradiantes. Utiliser un accélérateur de particules ne serait quand même pas anodin, notamment pour les opérateur·ice·s, c'est aussi un gros consommateur d'énergie (pour la fabrication et l'utilisation).

De la même manière, pour l'imagerie médicale, on peut accéder à des diagnostics sans rayonnement (IRM ou échographie par exemple).

Difficile de se situer quand on revendique l'arrêt immédiat du nucléaire, si on parle d'arrêt des réacteurs ou d'arrêt de toute manipulation d'éléments radioactifs, ce qui aurait des conséquences directes dans la détection et le traitement de nombreuses pathologies. Le recours aux alternatives peut par contre fortement diminuer les risques pour les populations à grande échelle, restera le problème de la gestion des déchets (entre autres), qui si ils sont à priori moins dangereux existeront toujours.

 

 

Groupe Nosotros

 

 

1. Nous parlons ici au conditionnel, la communication pro-nucléaire faisant tout pour banaliser notre exposition aux rayonnements. Les chiffres avancés disent : « 99% d'exposition au rayonnement de la population est due au médical (le scanner corps entier battant tout les records) », peut être (?) en tout cas c'est une source d'exposition indiscutable, notamment pour le personnel soignant.

2. Technétium 99m, Fluor 18, notamment.

3. L'IRSN a noté dans son rapport de 2007 : « une augmentation significative du nombre des examens scanner et de médecine nucléaire, respectivement +26 % et +38 % entre 2002 et 2007 »