dim 4 mai 2014

La Campagne Libertaire Antifasciste

IAL

 

Pourquoi une campagne libertaire antifasciste ? Et dans quel but ?

La recrudescence des actes à caractère fasciste ou fascisant nous a conduits à nous interroger sur la nécessité d’y apporter une réponse appropriée. Des mobilisations antifascistes ont fait suite aux démonstrations du style  « manifestations pour tous » ou « jour de colère ». Ces mobilisations ont d’abord fait écho au meurtre de Clément Méric  le 5 juin 2013, et de manière plus large aux agressions sauvages perpétrées par des militant·e·s d’extrême droite à Clermont-Ferrand, à Lyon, à Montpellier, à Toulouse etc. À côté de l’apparition de divers comités antifascistes élargis à Lyon, à Montpellier, à Paris, à Clermont-Ferrand, à Perpignan… il a manqué une coordination à la mesure de la menace de ce retour de la violence fasciste sur le terrain, dans la rue. La plupart des organisations du Mouvement libertaire se sont réunies à plusieurs reprises afin d’apporter une réponse collective à ces menaces et à ces violences.
La Campagne Libertaire AntiFasciste (CLAF) est donc née à la suite de ce processus et regroupe Alternative Libertaire, la CNT et la Coordination des Groupes Anarchistes. Ces organisations ont décidé en commun d’apporter des réponses à caractère antiétatique, anticapitaliste, anti-électoraliste et contre toutes les formes de discriminations et d’oppressions : racisme, xénophobie, sexisme, lesbophobie, homophobie, transphobie etc. Elles ont décidé de concert d’apporter leurs réflexions, leurs propositions et leurs actions sur le terrain social. AL, la CNT et la CGA ont produit un matériel de propagande adapté à cette campagne. Ainsi un « 4 pages », une affiche et une série d’autocollants viendront agrémenter les différentes interventions, apparitions, réunions-débat, conférences de presse qui se dérouleront entre le 7 et le 13 avril 2014, dans la plupart des villes où les organisations de la CLAF sont présentes. Le soutien des organisations libertaires et/ou des collectifs locaux, non partie prenante de la campagne à son origine, sera évidemment le bienvenu quand elles/ils décideront de s’y associer.

Notre alternative au fascisme et au capitalisme

Le projet libertaire propose des valeurs et une société complètement opposées à celles que proposent les fascistes. Égalitaire et libertaire, ce projet est fondé sur le partage des richesses et l'égalité économique et sociale dans tous les domaines de la vie. Pour avancer vers sa réalisation, il est nécessaire de renforcer les luttes actuelles contre les politiques antisociales, les populariser, les soutenir et en initier d’autres, dans une perspective anticapitaliste et antiautoritaire, permettant le développement des capacités de gestion directe de l'ensemble de la population dans tous les domaines. L’éradication du fascisme passe par la lutte contre le capitalisme, l’État qui est le meilleur de ses gestionnaires, le racisme, le patriarcat et toutes les formes d’oppression et de domination. Contre la destruction programmée des retraites, la réduction annoncée des droits des chômeurs et précaires, la fermeture continue des services publics ou encore les plans de licenciements sans fin, il faut développer une confrontation sociale radicale dans les entreprises, dans les quartiers et auprès de la jeunesse. C'est encore une fois par la grève générale et le blocage de l'économie que nous pourrons faire échec aux logiques que nous imposent les classes dominantes au nom de la crise et donc éradiquer ce qui fait le terreau du fascisme.   
Face aux problèmes sociaux et politiques, les élections n’offrent que des illusions de solution et de choix. Ce n'est pas dans les urnes que se résoudront la crise économique, les inégalités ou le développement du fascisme qui en est issu. Il faut donc refuser l’instrumentalisation des luttes à des fins électorales, qui vise à asseoir l'hégémonie de partis institutionnels. Les nécessaires avancées sociales, seuls véritables remparts face au développement du fascisme, se feront en développant les luttes et l'organisation dans nos entreprises et nos quartiers. Notre objectif est de construire une alternative au capitalisme et à l’État, fondée sur la réorganisation et la gestion directe de l'économie et de la société par les travailleurs et les travailleuses, qu’ils et elles aient un  emploi ou pas.   
Face à la résurgence de la violence fasciste, il nous semble fondamental de développer l'autodéfense antifasciste populaire, collective et organisée, sans s'en remettre à l’État qui fait preuve d'une complaisance de fait envers les groupes fascistes, quelles que soient les proclamations d'intention qu'il puisse faire de manière opportuniste.   
De même, il est nécessaire d'informer et de sensibiliser largement sur le projet et les pratiques racistes et dictatoriales de l'extrême droite. Il est urgent de réagir, de se mobiliser et d'être solidaires lors des menées et des violences fascistes, mais il est aussi urgent d'empêcher le  développement de leur expression haineuse sur internet et dans les zones rurales ainsi que dans les petites villes où la présence des organisations antifascistes est moins importante. Face aux fascistes, il faut s'organiser pour les mettre hors d'état de nuire. Face aux capitalistes, il faut s'unir pour détruire leur pouvoir et redistribuer les richesses produites par les travailleur·se·s. Face à l’état, il faut prendre nos affaires en main et construire une alternative sociale émancipatrice, égalitaire et libertaire.

 

Perpignan, le 15 mars 2014

Groupe Puig Antich de la CGA