mer 20 août 2014

Édito

IAL

La montée de l’extrémisme de droite se trouve impliquée, peu ou prou, dans la plupart des articles  qui se trouvent dans ce 100ème numéro d’Infos & Analyses Libertaires.
La Loi contre l’IVG en Espagne a montré à quel point la régression en matière de droits – ici concernant les femmes – tord le cou aux acquis dans tous les domaines. Sursauts machistes, autoritaires et liberticides sont le lot commun partout en Europe et dans le monde. Cette nouvelle donne ibérique aux relents de fascisme fait écho à la montée évidente des scores électoraux des organisations fascisantes un peu partout en Europe.
La France n’y échappe pas puisqu’elle a offert au Front national la première place de la représentation politicienne aux élections de mai 2014. Même si l’abstention a connu, pour les « municipales » tout comme pour les « européennes », un taux élevé, il n’en demeure pas moins que celles et ceux qui sont allé·e·s voter, ont par leur geste, fourni au camp de la contrainte et de la servitude un statut qu’elle n’avait plus depuis des décennies. Le système électoral, sous couvert de « démocratie représentative », a de tout temps favorisé le camp de celles et ceux qui détiennent les rênes du Pouvoir, et a fortiori le camp de l’extrémisme, quand cela s’est avéré nécessaire au cours de l’Histoire contemporaine.
À Montpellier, le 6 avril, après l’épisode parisien de janvier 2014, les fascistes ont tenté de nous faire vivre un « Jour de colère » à la manière languedocienne. Mal leur en a pris car la soixantaine de nervis qu’ils ont pu réunir ont eu à faire face à près de 600 antifascistes qui se sont mobilisé·e·s et ont déambulé dans les artères de la ville.
C’est à ce prix, par les luttes, la présence militante, les actes et les alternatives à caractère social, que le fascisme – et avec lui celles et ceux qui espèrent lui attribuer un « futur » – pourra être éradiqué.
Une chose est certaine, ce résultat ne viendra jamais des « urnes », qui sont faites du bois du pouvoir, de l’aliénation et de l’iniquité.
En Bosnie c’est à une lutte contre les pouvoirs nationalistes que les travailleurs ont convié l’ensemble de la  population, au cours d’un mouvement social sans précédent. L’idée que des milliers d’ouvriers allaient se retrouver sur le carreau, sans même leur retraite ou leurs incroyables arriérés de salaire, a légitimement entraîné la révolte de la foule. Avec un taux avoisinant les 44% de chômeur·se·s, il était normal que les manifestations – remarquables par leur ampleur – aient visé clairement les lieux du pouvoir. Les manifestant·e·s ont déclaré : « Nous voulons le départ de la totalité de la classe politique et des bureaucrates qui gèrent le pouvoir pour leur propre compte depuis 25 ans ». La brutalité des mensonges du pouvoir n’a eu d’égale que la violence des forces de l’ordre. Dans ce pays ravagé par une guerre civile allumée par des nationalistes concurrents, mais en fait complices, des foules sont montées à l’assaut de sièges de partis, de locaux gouvernementaux, sans aucune discrimination, contre tous les partis nationalistes…
Les luttes contre toutes les phobies, persécutions, violences visant les lesbiennes, les gays, les bissexuel·le·s et les personnes trans trouvent ici matière à dénoncer les réactions autoritaires, patriarcales et fascisantes qui n’ont eu de cesse de se développer depuis janvier 2013…
Dans un tel concert d’autoritarisme, de violence et de haine, les analyses et propositions de notre organisation en matière de lutte et d’opposition aux licenciements et de propositions alternatives (coopératives) apportent une sérieuse respiration dans l’atmosphère délétère du fascisme ambiant.