dim 4 mai 2014

Édito

IAL

Depuis quelques années, nous sommes entré·e·s dans une période politique bien sombre. Les offensives antisociales de l’État, éternel serviteur de nos exploiteurs, se suivent et ne se comptent presque plus. Les réflexes de solidarité de classe, et parmi eux le plus important de tous, la grève, semblent se perdre peu à peu. Les idées réactionnaires, qu'elles soient racistes, sexistes, homophobes ou transphobes, semblent rencontrer chaque jour plus d'échos dans la société.
La résurgence des activismes d'extrême-droite à travers la multiplication des agressions politiques et la libération de la parole raciste doit nous alerter. Récemment, de nouvelles limites ont été franchies avec une agression fasciste à coup de couteau à Lyon et une à l'arme à feu à Clermont-Ferrand. Les propos racistes de Paul-Marie Couteaux, tête de liste FN dans le VIe arrondissement de Paris pour les municipales, qui suggère de «_concentrer_» les Roms (qu'il qualifie de «_lèpre_») «_dans des camps_», comme remède à «_l'abandon de la dignité nationale_», montrent que nous sommes engagé·e·s dans une surenchère médiatique raciste très dangereuse. Rappelons que Serge Godard, maire PS de la ville de Clermont-Ferrand, n'avait pas hésité à déclarer qu'il fallait «_en finir avec l'hémorragie rom_» quelques mois auparavant.
Tant que nous ne sortirons pas de cette voie réactionnaire dans laquelle nous venons de nous engager, le capitalisme aura de beaux jours devant lui, car l'extrême-droite a toujours été et sera toujours un des meilleurs appuis du capitalisme. Ainsi, le gouvernement d'ultra-droite aux affaires en Hongrie, tout en multipliant les politiques discriminatoires à l'égard des Roms, poursuit une politique d'austérité contre les travailleurs et les travailleuses. En France aussi, la montée des idées réactionnaires ne freine en rien la brutalité capitaliste_: le «_Pacte de responsabilité_», la réforme de l'Unédic ou encore la loi Fioraso sont là pour en attester. Trois dossiers sociaux que nous aborderons dans ce nouveau numéro d'Infos et Analyses Libertaires.
Face à de telles menaces qui pointent à l'horizon, plus que jamais nous tenons à crier haut et fort que l'anarchisme constitue aujourd'hui la seule perspective de rupture réelle avec l’État et le capitalisme. Dans ce cadre, les élections municipales et européennes qui se profilent joueront encore une fois le rôle d'extincteur de toute velléité de contestation sociale dans la rue et dans la grève. Nous devons œuvrer à la popularisation de l'anarchisme, car il n'y a plus d'autre alternative un tant soit peu crédible. C'est ce que s'emploient à faire nos camarades toulousain·e·s en initiant une université populaire anarchiste. Bref, contre vents et marées, la lutte continue.