ven 6 décembre 2013

Édito

CGA

En cette rentrée de septembre 2013 (mais c’est quasiment toujours la même chose), les raisons de lutter sont nombreuses, pléthoriques même. La question qui se pose en réalité, ce n’est donc pas de savoir s’il va nous falloir lutter, mais pourquoi et avec qui ?

Commençons par le dossier des retraites. La réforme concoctée par le gouvernement de gauche se propose de rétablir, à terme, la balance entre cotisations et prestations. Avec le gouvernement précédent, de droite, la pilule avait été amère. Il semble que celle-ci aura le même goût. Celles et ceux qui devront payer la note, aujourd’hui comme hier : vous, nous, les sans grade. Les forces « politiques » ne s’intéressent pas au bien-être des populations, mais avant tout à maintenir à flot un système inégalitaire, un système dans lequel les richesses finissent toujours dans les mêmes poches.

Quant aux directions syndicales, elles se limitent à une dénonciation de façade et à des mouvements sans perspective et refusent de poser les questions en termes d’affrontement de classes…

Alors, droite et gauche s’entendent pour spolier le plus grand nombre avec comme perspective la pérennisation d’un système à plusieurs vitesses.

Pour ce qui concerne la question syrienne, on voit l’hypocrisie étatique et médiatique s’étaler à grands coups de discours belliqueux, tout en se voulant « humanistes ». Ce pseudo humanisme voudrait nous laisser penser qu’une guerre peut être propre à condition de ne pas se servir d’armes chimiques ! Il est vrai que les tartuffes de la plupart des États se sont entendus (à Genève en 1925, à Paris en 19931…) pour définir en commun les conditions « acceptables » de déroulement d’un conflit.

C’est probablement ce qui fait courir les chefs d’États occidentaux et la Ligue Arabe, lesquels aujourd’hui dénoncent l’emploi de gaz moutarde, Sarin, VX et autres saloperies qui ont fait un millier de victimes… Mais que font-ils des 120 000 autres victimes ? Sont-elles mortes proprement ? Les balles dans la nuque, les membres arrachés, les corps écrasés par les bombes, tout cela aurait une autre esthétique guerrière, acceptable celle-là ? La réalité, c’est que les lobbies guerriers qui fabriquent armes de destruction, personnelles et massives, et qui s’autorisent à fabriquer des armes chimiques, font partie intégrante du panorama capitaliste2. La guerre, qui n'est qu'un moyen de préserver les intérêts capitalistes en faisant jouer les rivalités entre États pour le partage de leurs zones d'influence, doit être éradiquée. Les nationalismes, au même titre que les croyances religieuses, qui ont d'ailleurs des racines communes, sont les moteurs des guerres.

Venons-en au chômage. Nous devions assister à un infléchissement, voire même à une inflexion de ce phénomène qui gangrène les sociétés depuis 40 années déjà. Que s’est-il réellement passé depuis plus d’une année ? Rien. Toujours autant de contrats au rabais. Toujours autant de galères. Toujours les mêmes qui se serrent la ceinture, quand ils ont encore une ceinture. La société n’a pas changé d’un pouce. Le capitalisme triomphe partout, pendant que la « crise sociale » s’installe elle, durablement. La pression fiscale s’est amplifiée au point de rendre encore plus pauvres celles et ceux qui l’étaient déjà.

Et tout cela ne fait-il pas le lit du fascisme ? C’est ce que nous sommes enclins à penser, quand nous prenons connaissance des sondages, ou bien quand nous voyons que les agressions à caractères raciste, fasciste, homophobe et antiféministe, se développent impunément. Les réponses à cette gangrène sociale ne se trouvent pas dans une simple dénonciation des discours, des actes et des agressions à caractère fasciste. Elles se situent avant tout dans une remise à l’endroit de l’ensemble de la société. L’égalité économique et sociale, la solidarité, l’entraide, sont non seulement des valeurs à défendre et à partager, mais elles représentent surtout les fondements nécessaires à cette nécessité révolutionnaire qui doit totalement changer les rapports sociaux et modifier en profondeur la vie en société. Le fascisme, en dépit de sa phraséologie propagandiste, a toujours trouvé ses meilleurs appuis auprès des capitalistes...

Qu’ils se revendiquent du libéralisme à outrance ou du social-libéralisme, ce n’est pas des gouvernants ou des dirigeants de ces sociétés, que nous verront venir un changement révolutionnaire, et ceci est bien normal en somme. Ce qu’il faut donc, c’est se débarrasser d’eux en réalisant, sans aucun intermédiaire, nous-mêmes cette nécessaire révolution. Ensemble, avec tou·te·s les libertaires, agissons dans ce sens.