ven 6 décembre 2013

Édito

CGA

 

Clément Méric était un jeune militant antifasciste et libertaire de la région parisienne. Le meurtre politique dont il a été la victime le 5 juin dernier démontre que malheureusement les antifascistes, et parmi eux et elles les anarchistes, avaient raison de craindre le pire. Voilà en effet plusieurs années que celles et ceux qui refusent de laisser l'extrême-droite proliférer sans réagir tentent d'alerter la population. Depuis au moins 10 ans, les agressions à caractère raciste et politique se multiplient d'année en année en France. Or, seuls les milieux militants antifascistes s'efforcent par tous les moyens de faire connaître cette réalité. Eux et elles seul·e·s, « tirent la sonnette d'alarme » pour mettre en garde la population depuis longtemps. Eux et elles seul·e·s, ont écrit ici ou là, qu'un jour les choses passeraient un cap : celui du meurtre. Et aujourd'hui, c'est malheureusement chose faite.

 

 

Où étaient les médias, régionaux, locaux ou nationaux pendant tout ce temps ? Ils étaient bien plus occupés à jouer les caisses de résonance des gouvernements successifs et des politicard·e·s pour nous expliquer, avec « pédagogie » (comme si nous étions des enfants !), qu'il faut renoncer, l'un après l'autre, à NOS acquis sociaux, qu'il faut se vendre toujours moins cher à un patronat méprisant, insultant, et aveuglé par le luxe et la fortune.

 

 

La responsabilité indirecte de la classe politique et des médias à son service dans le meurtre de Clément est en réalité considérable. Et ce, pour une raison très simple ; c'est que la montée du fascisme (qu'il soit électoral ou de rue, ou les deux à la fois), en France et ailleurs en Europe, est une conséquence immédiate des politiques antisociales menées par la gauche comme par la droite depuis bientôt 40 ans, et tout particulièrement du coup d'accélérateur anti-ouvrier donné à l'aune de la crise de 2008 qui dure encore aujourd'hui.

 

 

Que toutes les personnes choquées par ce meurtre, et qui ne sont pas particulièrement engagées dans les luttes sociales, veuillent bien entendre ce que les anarchistes ont à dire : le meilleur moyen de lutter contre la barbarie fasciste qui défend le pire modèle de société que l'on puisse imaginer, est de faire progresser la justice sociale, reconquête après reconquête, jusqu'à construire une alternative au capitalisme, une société libertaire et égalitaire.

 

 

C'est pourquoi dans ce numéro d'Infos et Analyses Libertaires nous poursuivons les combats qui sont les nôtres, et qui resteront les nôtres jusqu'à la victoire de l'égalité et de la liberté sur l'autorité. Ce numéro sera donc l'occasion de revenir sur les dernières « affaires » politiciennes et la façon dont le FN essaie d'en tirer profit en faisant croire qu'il est plus propre que les autres partis. Nous ferons le point sur la situation en Tunisie, au Venezuela et en Égypte, sur la nouvelle offensive prévue par le gouvernement contre nos universités à travers la loi Fioraso. Nous analyserons un autre phénomène réactionnaire qui prend de l'ampleur : le masculinisme. Nous reviendrons de façon critique sur la mobilisation contre l'ANI. Nous évoquerons la fascisation des manifestations homophobes de la région parisienne et enfin, bien sûr, nous publions dans ce journal le communiqué fédéral de la CGA suite au meurtre de notre camarade Clément.