lun 30 avril 2012

Contre l'austérité de gauche comme de droite : ni résignation ni élection

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Après 5 années de politique de Sarkozy, et alors qu'on est en pleine crise économique, les capitalistes sont à la fête : la mobilisation populaire de masse a lieu dans les urnes. Beaucoup, croient encore qu'un changement peut surgir des élections. Chaque candidat participe à la surenchère de promesses et de bonnes intentions. Mais une fois la mascarade électorale terminée, la réalité du système capitaliste et de la crise qu'il a lui-même créée reprendra le dessus : mise en place de plans d'austérité dans le cadre de la politique menée par la BCE, l'UE et/ou le FMI.

Les responsables de la crise, ce sont les gouvernants

Si en France la droite était à l'attaque ces 5 dernières années, ailleurs, comme en Grèce ou en Espagne, ce sont les « socialistes » qui ont mené les réformes : rembourser la dette, donner des gages aux marchés financiers, servir la soupe aux intérêts du patronat et des actionnaires sous prétexte de redynamiser la productivité et la croissance. Si on ne connaît pas encore le prochain président, on connaît déjà son programme :

  • réduction drastique du coût et des droits du travail : disparition du CDI comme référence du contrat de travail, flexibilité, remise en cause des 35 heures, etc.
  • réduction des solidarités : baisse des allocations chômage, mise en place de la TVA sociale, démantèlement de la sécurité sociale, etc.
  • marchandisation de l'éducation et de la santé, etc. Ces plans d'austérité consistent en réalité à restructurer les rapports d'exploitation pour faire payer la crise financière aux peuples en monopolisant les richesses dans le cercle des ultra riches.

Très concrètement cela signifie que les présidentielles de 2012 se résument à choisir le « label » de la rigueur.

Les revendications de l'extrême gauche sur un retour à un État paternaliste pouvant contrôler le marché (nationalisations, interdiction de licenciements, audit de la dette, etc.) nous amènent droit au mur : outre le fait que l'étatisation de l'économie s'est systématiquement transformée en dictature, ces reformes ne font, au mieux, que réglementer la structure économique existante tout en donnant du souffle à une économie capitaliste nationale : l’exploitation continuera… On ne pourra jamais faire confiance à l’État pour amener la justice sociale, car qu'il soit keynésien, libéral ou néolibéral l’État est une institution dont le but est de protéger des secteurs particuliers de la société - les classes privilégiées - ainsi que ses intérêts propres.

Il est illusoire de croire que les politicien-ne-s auraient le pouvoir de faire toutes les modifications qu'ils promettent. Ces institutions et les mécanismes de domination qui les sous-tendent (la recherche du profit comme seule mesure du succès), sont hors de contrôle et naviguent dans d'autres sphères. Les diverses expériences de la gauche au Pouvoir, ainsi que les récentes évictions des gouvernements de Grèce et d’Italie nous l’ont montré : les gouvernements ne peuvent qu’appliquer l’idéologie dominante. Participer aux élections serait donc légitimer « le gagnant » et cautionner ainsi les mauvais coups qui ne manqueront pas de continuer à pleuvoir.

A l'occasion du 1er mai, les organisations syndicales doivent conserver ce qui fait leur force, une indépendance totale vis-à-vis de tous les partis politiques et une lutte quotidienne qui n’attend pas les échéances électorales pour s’exprimer.

Aujourd’hui, le Front National réalise un score élevé et les idées racistes ne cessent de se développer. Comme on l’entend souvent, cela serait en partie la faute des abstentionnistes ou mêmes des libertaires qui n’attendent plus rien des élections. En réalité, c’est en grande partie du à la logique même des politiciens et des partis politiques, qu'on assiste à ce résultat : ils nous endorment, nous secouent brièvement pour aller voter et nous replongent dans le coma.

Or, les idées fascistes n’attendent aucunes élections pour se développer et la riposte doit donc être quotidienne et sans répit.

Comme en Mai 1886 où des milliers d'ouvriers aux USA se sont mobilisé-e-s pour réduire leur temps de travail, la classe des exploité-e-s doit intervenir directement dans la société, sans passer par l'intermédiaire des institutions.

Manifestations, grèves, occupations, blocages !

Pour pouvoir faire face à cet avenir d'exploitation et d'appauvrissement qu'on nous prépare, la seule solution est de développer la résistance et la solidarité dans les luttes et dans nos quotidiens en vue d'une société fondée sur l'égalité économique et sociale et la liberté.

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