sam 10 janvier 2009

Contre tous les Etats et toutes les Guerres !

En mai dernier, Israël fêtait ses 60 ans. Les bougies ont à Gaza la forme d'incendies géants. La farine du gâteau c'est la chair, le sang et les os des Palestien-ne-s explosé-e-s par les bombes. Après ces bombes, l'offensive terrestre… bientôt les bulldozers ? Depuis le 27 décembre 2008 l'armée israélienne détruit Gaza et assassine ses habitant-e-s (le 17 janvier 2009, déjà plus de 1200 mort-e-s et 5 200 blessé-e-s).
Ce n'est pas la première fois que l'armée israëlienne fait couler le sang à Gaza, même si cette dernière attaque est particulièrement meurtrière. Se posant une fois de plus en victime, c'est la rupture d'une trêve par le Hamas qui est invoquée. Cette trêve était tout de même un peu particulière puisque l'armée d'Israël maintenait depuis des semaines un blocus sur Gaza, confisquant les droits de douane des palestinien-ne-s, et avait assassiné dernièrement des
militants du Hamas. Encore une fois, la lutte contre l’organisation extrémiste et antisémite du Hamas justifie l’oppression et l’assassinat de la population civile. Rappelons qu’à l'époque où Arafat et son Fatah étaient au pouvoir, les gouvernements d'Israël avaient utilisé pour les déstabiliser ce même Hamas, organisation qui valorise d'une part la "charia", cet ensemble de règles de vie sanguinaires, autoritaires, sexistes, et d'autre part l'envoi de roquettes à l'aveuglette sur les villes proches de Gaza.
En réalité les gouvernements israéliens ne veulent pas la paix avec les Palestinien-ne-s, mais le silence quant à leur politique de colonisation. Ce serait tellement plus simple pour ces gouvernements si les Palestinien-ne-s acceptaient d’abandonner sans combattre leurs terres et leurs ressources, en se contentant d'être des citoyens de seconde classe en Israël. Ou mieux encore de la main d'oeuvre étrangère peu onéreuse, à l'image des sans-papier-e-s
en France que l'on peut faire travailler illégalement, avec des salaires négociés dans la peur de l'expulsion. On veut nous faire avaler que le conflit israélo-palestinien est compliqué, que l’explication de ces luttes serait religieuse. Il n’est pas nécessaire d'aller chercher si loin pour comprendre qu'une entreprise de colonisation est depuis des dizaines d'années à l'oeuvre et que la guerre actuelle lui est essentiellement due. Les moyens mis en oeuvre sont d'ailleurs communs à toutes les guerres de colonisation : offensives militaires exceptionnelles aujourd'hui, mais en période "normale", ce sont des emprisonnements massifs, des tortures, des assassinats et des humiliations en continu. Il s’agit bien d’une logique politique de domination, soutenue par les dictatures arabes et les Etats occidentaux, qui organisent la guerre des opprimé-e-s entre eux-elles. L’oppression des populations arabes, des deux
côtés de la frontière, s'appuie également sur l'endoctrinement d'une bonne partie de la population israélienne, soudée par la peur qui agit comme un véritable ciment identitaire au sein d’une société par ailleurs divisée. Les gouvernant-es israélien-ne-s n’hésitent pas à s’en servir pour légitimer la culture militariste de l’Etat et pour jouer la carte sécuritaire et nationaliste.
Nous ne devons pas nous perdre dans de funestes oppositions entre juif-ve-s et musulman-ne-s, entre Israelien-ne-s et Palestinien-ne-s etc…De telles logiques de tranchées ne font qu’opposer les populations entre elles pour le compte de dirigeant-e-s peu scrupuleuses-x à utiliser la superstition pour consolider les idéologies d’Etat (le sionisme en Israël) et de supériorité ethnique. Tout cela n’est que haine et destruction ! La seule solution, audelà
de l'arrêt immédiat de l'offensive et de l'envoi de roquettes, réside dans l’apprentissage de la connaissance d'un « autre » (qui vit juste à côté, le territoire est tout petit). Et surtout dans la prise de conscience des intérêts communs de chacun-e-s à se battre contre les dirigeants et exploiteurs des deux camps. Des organisations comme les "Anarchistes contre le mur" dépassent dès aujourd’hui, sur le terrain, et dans l'action directe, les discours de peur et de mort, ainsi que la division du monde en camps imaginaires.

Supprimons les armées, pour supprimer la guerre !

Remplaçons les Etats et les frontières par la libre coopération des individu-e-s, quelles que soient leurs origines, et oeuvrons pour la révolution libertaire internationale !

 

Témoignages des Anarchistes Contre Le Mur

Les “Anarchistes contre le Mur” sont des israélien-ne-s qui luttent depuis 2003 avec les palestinien-ne-s contre la construction du mur de séparation entre Israël et les territoires palestiniens.
Gaza, les atrocités se poursuivent, la résistance aussi

 

06.01.2009 - SOLIDARITÉ A JAFFA

Mardi 6 janvier, entre trois et quatre cents habitant-e-s de Jaffa se sont rassemblé-e-s pour une nouvelle manifestation contre la guerre (la troisième à Jaffa depuis le lancement il y a dix jours de l’offensive militaire). Juif/ve-s et Palestinien-ne-s ont exprimé ensemble un message de résistance et de solidarité avec des chants et des pancartes en arabe et en hébreu. Cette manifestation - forte, énergique et autonomisante - est un autre maillon qui renforce la chaîne de la résistance contre Israël et ses crimes de guerre à l’intérieur de ses frontières. Les manifestants se sont dispersés après deux heures sans incident malgré le grand contingent de policiers anti-émeute amassés à proximité.

 

NI’ILIN PLEURE, MANIFESTE, RÉSISTE - 07.01.2009

Mercredi matin, des activistes israélien-ne-s et internationales/ux se sont joint-e-s aux habitant-e-s de Ni’ilin pour une courte manifestation, mené-e par les adolescent-e-s, contre Israël et l’expropriation de plus d’un tiers des terres agricoles du village, ainsi que contre le siège et la guerre à Gaza. Depuis que les luttes contre le Mur ont commencé, Ni’ilin a vu 4 de ses jeunes abattu-e-s par l’armée israélienne et la police (deux d’entre elles/eux la semaine dernière) et de nombreuses/x autres blessé-e-s, le couvre-feu et toutes sortes de punitions collectives imposées, l’essai de nouvelles armes, des incursions et des arrestations effectuées de nuit , etc. - mais ses habitant-e-s sont plus que jamais déterminé-e-s à résister à la confiscation des terres par Israël et à l’occupation militaire. Des manifestant-e-s palestinien-e-s portant des drapeaux ont tenté d’aller sur leurs propres terres, mais peu après avoir atteint la zone des collines de plantations d’oliviers du village, l’ensemble de la manifestation a été attaqué par les troupes israéliennes. Les soldat-e-s, trop proches pour être en mesure de tirer leurs bombes de gaz lacrymogènes selon les trajectoires en cloche préconisées, ont visé directement les manifestant-e-s, qui ont dû s’abriter derrière les arbres et les rochers des bordures. La manifestation s’est ensuite transformée en une bataille rangée entre les troupes qui tiraient des cartouches de gaz lacrymogène depuis deux positions différentes, et les jeunes de Ni’ilin pris en étau, qui répondaient avec des frondes, ainsi que quelques pétard. Un garçon a subi des blessures mineures à la jambe dues à une cartouche de gaz lacrymogène.

 

TEL AVIV : SILENCE ÉGALE COMPLICITÉ - 07.01.2009

Le mercredi soir, plus de 50 manifestant-e-s se sont rassemblé-e-s au centre de Tel Aviv pour faire entendre publiquement l’autre versant de l’histoire, purement et simplement ignoré ou minimisé par les médias qui sèment le «brouillard de la guerre politique» : l’appauvrissement et la faim provoqués dans la bande de Gaza par des années de siège, les centaines de mort-e-s, la terreur et la dévastation causées par l’attaque d’Israël. Sous une légère pluie, des activistes représentant divers groupes militants ont tenu haut leurs bannières, en criant à pleins poumons des slogans pour la fin de la tuerie. Le cri "les citoyen-ne-s sont trompé-e-s - les missiles ne sont pas la sécurité !" a été entendu par toutes les voitures et les piéton-ne-s passant par l’’intersection
très animée de la rue King George et du Boulevard Ben-Tzion.
d’après : http://oclibertaire.free.fr/spip.php?breve54 / http://awalls.org/atrocities_continue