jeu 14 janvier 2010

Solidarité avec les condamnés de Continental !

Ni oubli, ni rési­gna­tion, la lutte continue !


L’année pas­sée, la crise bat­tait son plein, les grè­ves mas­si­ves et géné­ra­les, comme en Guadeloupe, se suc­cé­daient, les uni­ver­si­tés, les lycées des­cen­daient bat­tre le pavé, pen­dant qu’ailleurs en Europe, la Grèce s’enflam­maient... La révolte pre­nait de l’ampleur. Comme beau­coup d’autres, les sala­riéEs de Continental sem­blaient condam­néEs par leur patron au chô­mage et la misère. Pas moins de 16 000 sup­pres­sions d’emplois sont alors annon­cées alors que dans le même temps les pro­fits de l’entre­prise attei­gnaient 38,8 mil­lions d’euros ! La lutte s’est alors enga­gée et allait durer des mois, avec des assem­blées géné­ra­les quo­ti­dien­nes de base (tou­tes les per­son­nes peu­vent y pren­dre part, pren­nent les déci­sions et contrô­lent les man­da­téEs), des dizai­nes de mani­fes­ta­tions (jusqu’au niveau inter­na­tio­nal), des occu­pa­tions... Ce fût un exem­ple de pra­ti­que de l’action directe : se refu­sant à atten­dre une illu­soire aide des repré­sen­tants poli­ti­ques ou des direc­tions des cen­tra­les syn­di­ca­les, (bien trop occu­pées à tem­po­ri­ser et à conte­nir la gro­gne), les Contis ont décidé de pren­dre leurs affai­res en main, refu­sant la fata­lité cyni­que du sys­tème capi­ta­liste. Le pou­voir a comme tou­jours laissé pour­rir la situa­tion jusqu’à ce que les sala­riéEs, écœuréEs par le mépris du minis­tère et des tri­bu­naux, ne s’en pren­nent aux bureaux de la sous-pré­fec­ture de Compiègne, sym­bole du pou­voir de cet État, garant des inté­rêts des mêmes patron­NEs qui vou­laient les jeter au cani­veau. Dans les heu­res qui sui­vi­rent, les négo­cia­tions étaient enga­gées et les reven­di­ca­tions des tra­vailleur­SEs étaient rapi­de­ment satis­fai­tes.

La jus­tice de classe à l’oeu­vre


Bien sûr, le pou­voir ne pou­vait pas en res­ter là : une lutte vic­to­rieuse des tra­vailleur­SEs cons­ti­tue un exem­ple bien dan­ge­reux pour le pou­voir et le patro­nat. C’est pour­quoi l’État s’est engagé dans une entre­prise de pro­pa­gande anti-ter­ro­riste et a dési­gné 6 boucs-émissaires qu’il a trainé devant les tri­bu­naux. Que des patrons bri­sent les vies de mil­liers de tra­vailleur­SEs, cela ne pose aucun pro­blème, mais que ces per­son­nes le refu­sent et s’atta­quent à leurs bour­reaux, c’est un crime ! L’enjeu est en fait bien plus large : il s’agit de dis­sua­sion, d’un mes­sage auto­ri­taire lancé à tou­TEs les vic­ti­mes du sys­tème, visant à faire rava­ler toute vel­léité de révolte, sous peine d’encou­rir les fou­dres de la jus­tice. L’enjeu est de faire taire tous les pôles com­ba­tifs du pays et de les rame­ner, par le recours à la force si besoin est, vers les stra­té­gies atten­tis­tes des direc­tions syn­di­ca­les. Ce 13 jan­vier se tient donc le pro­cès en appel des 6 « res­pon­sa­bles » dési­gnés par le pou­voir. Ils ont pour l’ins­tant été condam­nés à 60 000 euros d’amende pour dégra­da­tions et ris­quent de la pri­son ferme.

La lutte n’est pas finie !


Aujourd’hui, la crise n’est ter­mi­née que pour les action­nai­res qui repren­nent de plus belle leurs spé­cu­la­tions sur nos vies. Les licen­cie­ments, fer­me­tu­res d’usi­nes et le déve­lop­pe­ment mas­sif du chô­mage et de la pré­ca­rité tra­dui­sent la réa­lité quo­ti­dienne de la majo­rité d’entre nous. Derniers exem­ples en date : les sala­riés de Pimpkie de la métro­pole lil­loise en grève pen­dant 15 jours, ceux de Philips qui ont réqui­si­tionné leur usine ou encore les mil­liers de tra­vailleur­SEs sans papiers de la région pari­sienne qui lut­tent depuis des mois. Ce sont également les gua­de­lou­péen­NEs qui mena­cent d’une nou­velle grève géné­rale car là-bas non plus, RIEN N’A CHANGẺ !

Ce cons­tat étant fait, la lutte des contis et son exem­ple garde toute son actua­lité : la radi­ca­lité des actions menées ne doi­vent pas som­brer dans l’oubli et peu­vent orien­ter nos com­bats.

●Fai­sons des assem­blées géné­ra­les sur nos lieux de tra­vail et ras­sem­blons-nous en assem­blées géné­ra­les inter­pro­fes­sion­nel­les.→ ne res­tons pas iso­léEs !

●Met­tons en place les moyens démo­cra­ti­ques qui nous per­met­tront de faire la dif­fé­rence → prise de déci­sions col­lec­tive et contrôle des man­da­téEs !

●At­ta­quons là où ça fait mal → il faut blo­quer le pays et son économie pour se faire enten­dre et donc faire la grève tou­TEs ensem­ble, c’est à dire cons­truire la grève géné­rale. Ne nous lais­sons pas exploi­ter par ces requins ! Et n’oublions pas que la cause de tout cela est sys­té­mi­que et que pour vivre serei­ne­ment, il nous fau­dra bien­tôt faire la fête au sys­tème capi­ta­liste et à l’État, son bras armé.

Dans l'immédiat:

Relaxe pour les 6 tra­vailleurs vic­ti­mes de la répres­sion capi­ta­liste !

Que la lutte s’engage pour la cons­truc­tion d’un autre monde, basé sur l’égalité économique et social , débar­rassé du capi­ta­lisme et des États.


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Solidarité avec les salariéEs de Philips qui ont récupéré leurs moyens de production !


Le mardi 5 janvier, 150 salariéEs de Philips EGP à Dreux ont voté en assemblée générale la reprise de leur usine de téléviseurs. Après des mois de luttes face à la fermeture programmée par des dirigeants et des actionnaires jamais assez gavés, c’est par la prise de contrôle de l’appareil de production que les travailleuses et les travailleurs de Philips EGP ont répondu.

Cet évènement souligne deux éléments importants. Premièrement, il n’y a pas de fatalité dans le fait de se faire licencier sans réagir : une réponse est possible, une réponse de lutte collective. Cette voie offre une véritable alternative tant à la résignation qu’aux pseudo-solutions faisant appel à l’État pour contrer les licenciements.

Deuxièmement, la reprise collective nous montre une véritable alternative sociale. Elle souligne le fait que la production peut se faire dans le cadre d’une structure démocratique plutôt que dans le cadre hiérarchisé et autoritaire de la plupart des entreprises. De plus, le fruit de la production n’a pas à être partagé avec une équipe dirigeante et surtout des actionnaires. Pire, c’est bien leur présence dans l’appareil de production qui est la cause des licenciements.

Ainsi, le GDALE-CGA salue avec ferveur l’initiative des travailleurs et travailleuses de Philips EPG et les assure de toute sa solidarité. Nous souhaitons que cette volonté de reprendre une partie de sa vie en main s’étende aux autres sariéEs en luttes ainsi qu’à d’autres domaines de la vie sociale.