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Après la guerre, Célestin Freinet affirmait "l'’école actuelle est fille et servante du capitalisme". Or, ce capitalisme est et a été profondément inégalitaire (cf. édito). Freinet voulait donc dire que l'école subissait et renforçait les inégalités liées à un système économique et forcément sociétal?

Est-ce toujours vrai aujourd'hui? Dans quels domaines cela se traduit-il le plus?

 

60 ans après la création de l'ICEM1 (Institut coopératif de l'Ecole Moderne) par le même Freinet, force est de constater que le capitalisme n'est pas mort (bien que sans avenir), et que la société n'est toujours pas composée d'individus égaux. Les données sont claires : les catégories sociales se maintiennent, les hommes et femmes qui sortent du système scolaire se sont majoritairement maintenus dans les cloisons occupées à leur entrée.

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En France cet été, le capitalisme a avancé encore un peu plus ses pions sur l’échiquier de la lutte des classes. Outre les 22700 (!!) suppressions d’emplois de fonctionnaires, l’accélération des expulsions de sans-papiers ou le projet des franchises médicales qui aggravent encore l’inégalité d’accès aux soins, le gouvernement et son parlement ont entériné quatre lois particulièrement anti-sociales : une loi fiscale avantageuse pour les plus riches ; une loi dite « d’autonomie » des universités ; une loi judiciaire qui renforce la répression sur les récidivistes et en particulier sur les mineurs et enfin et surtout une loi qui limite le droit de grève dans les transports.

 

Toutes ces lois concourent à maintenir et à étendre les injustices de l’ordre social actuel. La loi fiscale est très claire : les grandes fortunes d’hier seront encore un peu plus grandes...

Inspiré du rapport Hetzel, déjà combattu l’an dernier par les syndicats étudiants de lutte, le projet de loi dit d’autonomie des universités a été adopté en première lecture à l’Assemblée Nationale, le 1er août, autant dire en catimini, pendant les vacances universitaires. Ainsi, le gouvernement entend probablement s’éviter des grèves comme celles qui avaient répondu aux tentatives de mise en place de cette même réforme par Luc Ferry (en mai / juin puis en novembre / décembre 2003). Ces grèves portaient non seulement un refus radical des réformes en question mais aussi et surtout, de leur logique libérale. Cette loi d’autonomie s’inscrit effectivement dans la droite ligne des accords de Bologne signés en 1999 et qui entreprennent d’adapter l’enseignement supérieur à l’économie de marché.

 

Les premières mesures du processus de Bologne adapté aux universités françaises ont été la mise en...

La campagne électorale fut marquée par le retour victorieux des idéologies réactionnaires. Quelles furent en effet les grandes thématiques, ressassées tant à droite qu’à gauche, les quelques mois précédents l’intronisation de N. Sarkozy ?

- Le travail : il s’agissait alors, comme aujourd’hui, de travailler plus pour gagner plus, ou bien de restaurer sa valeur !

- La famille : médiatisation à outrance des familles des présidentiables au point que nous pouvions nous demander si notre destin n’était pas suspendu aux histoires de couple des uns et des autres ou au choix par les militants socialistes de l’égérie des valeurs du foyer, S. Royale.

- Enfin, les immigrés savent le prix de leur sacrifice sur l’autel de la République franchouillarde et du solipsisme nationaliste.

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Ces dernières années, on a pu observer une progression des idées réactionnaires en France, la plupart ont été suivies de la perte d’une partie de nos libertés (plan vigie pirate, augmentation de la vidéo surveillance, limitation du droit de grève, contrôle systématique des personnes les plus démunies…). Ces idées ne venaient pas seulement de la droite, certaines émanaient également de la gauche ; la dernière en date étant la présence du drapeau français dans tous les foyers !! Pour nous faire avaler la pilule, on tente de nous faire croire qu’il y aurait des valeurs conservatrices moins réac. que d’autres, le patriotisme serait notamment quelque chose de positif alors que le nationalisme serait la main brune du Front national. Soyons clairs, il s’agit bien de la même chose : des frontières et des hommes en uniforme pour la défendre. Il semblerait d’ailleurs que la ligne elle-même soit plus importante que les hommes qui vivent de chaque côté, une grande...

Après que les mirages de la période électorale se soient dissipés, la dure réalité reprend le dessus. L’entreprise de démolition sociale s’accélère à nouveau. Depuis 25 ans, elle a été mise en œuvre sans interruption par les gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé au pouvoir. Rien ne semble pouvoir désormais enrayer cette offensive patronale de grande envergure.

La précarité et les inégalités se renforcent à un rythme soutenu, de plus en plus nombreux sont ceux qui subissent la misère sociale. 1 salarié sur 6 ne gagne pas 90 % du SMIC et la proportion de très bas salaires (2/3 du SMIC) a doublé en 25 ans. 6,5 millions de personnes vivent de minima sociaux qui d’ailleurs régressent.

La souffrance au travail, du fait des pressions constantes à la productivité, de la flexibilité, de l’intensification des rythmes, de la mise en concurrence exacerbée,...

En juillet 2004, Fatia se marie dans un consulat français au Maroc avec un français. En septembre, elle vient en France avec un visa. Après plusieurs récépissés, elle obtient une carte de séjour « vie privée et familiale », en tant que conjoint de français, d’un an renouvelable avec autorisation de travail. Elle trouve un emploi comme agent d’entretien. Son mari exerce des violences conjugales : l’insulte, contrôle ses déplacements, l’empêche d’appeler sa famille au Maroc, la frappe... Elle porte plainte et fait faire un certificat médical. Son mari s’excuse et elle revient au domicile conjugal. Les violences redoublent, il la menace de ne pas signer son renouvellement de titre de séjour. Après un épisode de violences graves, Fatia décide de quitter le domicile. Au moment du renouvellement de son titre de séjour, Fatia apprend que son mari l’a dénoncée en signifiant à la préfecture qu’il y avait rupture de la vie commune. Fatia fournit...

Un nouveau gouvernement a été nommé et une nouvelle assemblée va rentrer au Palais Bourbon. Pas si nouvelle d’ailleurs puisque cette victoire de l’UMP succède à une autre, celle de 2002. L’abstention en fort recul lors de la présidentielle a retrouvé des pourcentages autour de 40% aux législatives, montrant ainsi que la crise de la représentation politique est toujours là.

Il est pourtant probable que cette majorité soit installée pour longtemps.

Sur le plan social ou sur «  le changer la vie » , plus rien ne fait la différence entre la droite et la gauche. Leurs aspirations à gérer l’économie de marché pour le plus grand bénéfice du patronat sont communes. Par la même, les débats réactionnaires, servis à grands coups de médias de masse, passent pour la seule façon de se poser des questions.

Dans ces conditions ce qui domine c’est l’absence d’espoir et de perspectives différentes.

Si on ne remet pas en cause les structures de la société...

A l’heure du capitalisme mondialisé, toutes les sociétés sont divisées en classes sociales antagonistes. En France, une minorité détient une part considérable des richesses. Cette minorité c’est le grand patronat. Les élections, en formant et légitimant une classe politicienne, portent dans les hautes sphères de la société une autre minorité de privilégiés : les grands décideurs. La société se trouve ainsi scindée en deux catégories d’individus, une ultra-minoritaire et privilégiée, une autre ultra-majoritaire et spoliée. Les exploiteurs volent le fruit du travail des salarié-e-s et les décideurs volent le pouvoir de décision de toutes celles et ceux qui ne sont pas élu-e-s. Ces deux systèmes de domination s’appuient mutuellement. Le patronat et les politiciens constituent ainsi la classe privilégiée. Détenteurs de privilèges (politiques pour les uns, économiques pour les autres et bien souvent les deux à la fois) ils s’allient forcément pour les défendre et les étendre. Ce...

Mais qu’est-ce donc que d’être anarchiste en 2007 ? C’est à ce type de question que nous avons voulu répondre en prenant soin d’éviter les redites, les poncifs, les lieux communs et le cours magistral.

Nous avons donc orienté notre interview en prenant soin de préciser : « s’il n’y avait pour toi qu’une possibilité d’expliquer pourquoi tu es anarchiste en 2007, à quoi ferais-tu référence en premier lieu ? »

Nous avons bien conscience que la démarche était restrictive tant les raisons qui conduisent les un-e-s et les autres à penser, à raisonner, à militer « anarchiste » sont nombreuses et diversifiées. Mais en optant pour ce choix nous avons voulu montrer qu’un engagement, une idée généreuse voire une volonté de contester l’ordre établi peuvent être les vecteurs d’un militantisme anarchiste et se muer en une volonté globale de transformer cette société autoritaire, ultra libérale et le plus souvent inhumaine pour atteindre un autre...