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A la mi-avril, « [les] conseillers [de Sarkozy] s'inquiétaient de la portée des manifs des lycéens, à un mois du quarantième anniversaire de Mai 68 »1. Que cette crainte soit réaliste ou non, on peut se demander comment les lycéens à eux seuls peuvent faire peur à un gouvernement aussi offensif et en apparence inébranlable que celui de Sarkozy. C'est que l'immense mouvement social que l'on appelle « Mai 68 » et dont l'apogée débuta avec une lutte issue de la jeunesse est la hantise suprême de nos gouvernants et de nos patrons.

 

Ce qui fait peur aux oligarchies politiques et économiques c'est qu'en 1968, c'est la première fois dans l'histoire de France qu'un mouvement de contestation sociale revêt un aspect aussi global à tout point de vue. Mai 68 critique et attaque le capitalisme de plein fouet comme système d'exploitation bien-sûr mais aussi d'...

1968 : Les « Trente Glorieuses » et le plein emploi touchent bientôt à leur fin, la crise pétrolière ébranle l’économie mondiale. La société du début des années soixante est marquée par la rigidité des moeurs et des relations humaines et atteste d’une dégradation des conditions matérielles des citoyens français.

Le mécontentement ouvrier se manifeste dans de nombreuses grèves de 1963 à1967.

Le paternalisme autoritaire est omniprésent. On commence à ouvrir des lycées « mixtes », mais beaucoup d'établissements scolaires sont encore réservés aux garçons ou aux filles (les filles ne sont pas autorisées à porter le pantalon).

Le mouvement des étudiants, qui n’est pas géographiquement limité à la France, critique la politique éducative, essentiellement liée à la...

Nous entendons très souvent parler de Mai 68 comme d’une « explosion de contestation » de la jeunesse, issue de nulle part et sans réel enracinement. Des assertions qui ne sont pas totalement infondées mais qui ne recouvrent pas l’entière vérité.

Dès le début de l’année 68, des grèves éclatent à l’usine Dassault de Bordeaux, dans les usines Rhodiaceta de la région Rhône-Alpes, à la Saviem, Jaeger et Moulinex de Caen. Dans le Nord (Douai, Bruay, Valenciennes…), en Bretagne, dans les Pays de Loire, les conflits ouvriers se multiplient. La contestation et la grève sont à l’ordre du jour !

 

Brefs rappels événementiels

C’est dans ce contexte, qu’en Mars 68 des manifestations étudiantes vont être durement réprimées et donner...

Un gouvernement offensif et décomplexé

Le gouvernement issu des urnes en 2007 poursuit les politiques antisociales de ses prédécesseurs en s'attaquant à l'ensemble des conquêtes sociales du 20ème siècle. Ce processus engagé à l'échelle planétaire depuis plusieurs décennies, connaît une phase d'accélération en France et a comme finalité de garantir et d'augmenter les taux de profits capitalistes.

Pour y parvenir, le patronat, soutenu par le gouvernement, attaque tous azimuts. La flexibilité du travail est accrue et les maigres protections existantes sont éliminées les unes après les autres. Dans le même temps, la part des richesses produites est de moins en moins reversée au travail. En s'attaquant aux retraites, à la sécurité sociale et aux assurances chômage, le patronat réussit dans le même temps à opérer un hold-up...

Lorsqu'il est question de mai 68, les médias, comme les ex « leaders » autoproclamés étudiants, le plus souvent passés du « col mao au rotary » insistent plus particulièrement sur la révolution des moeurs (remise en cause des tabous sexuels), et sur le mouvement étudiant, n'en gardant que les récupérations politiques léninistes pour mieux les désavouer comme « égarement de jeunesse ».

 

Pourtant, mai 68 est aussi la plus grande grève de l'histoire de france. Avec jusqu'à 10 millions de grévistes, un mouvement d'occupation des usines et des lieux de travail, la révolte ouvrière, qui fait suite à une montée en puissance des conflits sociaux dans les années 66-67, et qui répond à la « commune étudiante », est sûrement ce qui fit le plus trembler le pouvoir.

D'abord parce...

Les beaux jours approchent et pourtant, le spectre des élections pointe à nouveau le bout de son nez. On nous présente ces deux échéances (municipales et cantonales) comme la possibilité de mettre à mal le gouvernement en plébiscitant l’opposition afin de faire vivre notre belle démocratie.

A ceux qui ont quelques velléités autogestionnaires, on leur affirme que le pouvoir municipal est plus contrôlable parce que plus proche de l’individu. Nous autres anarchistes, nous ne mangerons pas de cette soupe aussi mensongère qu’illusoire.

En effet, rappelons que la démocratie ne peut être vivante que lorsque chacun y participe et glisser un bulletin dans l’urne n’est que le consentement à donner le pouvoir à tel ou tel politicien.

Pour quel résultat ? L’Etat continue bel et...

Ne laissons pas les patrons imposer leur loi.

 

Ça y est le projet de loi dit de « modernisation du marché du travail » présenté par le ministre du Travail le 26 février est prêt, pesé, emballé. On nous avait pourtant prévenus que ça irait vite : trois convocations des grosses centrales syndicales entre septembre et décembre, avec une obligation de résultat à la clé. De toute façon depuis une ordonnance du 12 mars 20007 le gouvernement a tout pouvoir de légiférer sur le code du travail en s’asseyant sur le résultat des négociations paritaires.

Cela ne fut nullement nécessaire puisque l’ensemble des syndicats convoqués ont accepté de signer cette réforme le 11 janvier dernier, à l’exception de la CGT qui n’a pourtant pas tenté de mobiliser les salariés sur cette question et dont...

Le terme organisation peut avoir trois sens distincts en société :

-Un regroupement d'humains qui coordonnent leurs activités afin d’atteindre certains objectifs. L' Organisation est ici conçue comme une réponse au problème de l’action collective, de sa coordination et de sa stabilisation.

-Les multiples façons par lesquelles ces groupements structurent les moyens dont ils disposent pour parvenir à leurs fins.

-L'action d'organiser, ou plutôt le processus idéologique qui engendre les groupements et/ou les structures organisationnelles.

La nécessité de l’organisation dans la vie sociale - ou la synonymie entre organisation et société - est une chose tellement évidente qu’on a peine à croire que certains...

Les 22, 23 et 24 mars 2008 se tiendra à Lyon le 3ème congrès de la Coordination des Groupes Anarchistes.

En janvier 2004 à Perpignan, puis en janvier 2006 à Toulouse, les deux premiers congrès avaient permis aux militants de la nouvelle organisation (née en juin 2002), dans un premier temps de jeter les bases d’une Coordination de groupes anarchistes désirant débattre, élaborer et agir ensemble dans le mouvement social et au sein des luttes et, par la suite, d’asseoir les aspects de leur militance et de développer leur présence dans l’hexagone.

Ces étapes franchies, nous allons nous atteler, en toute humilité, à faire progresser, au cours des deux années à venir, et la CGA et l’ensemble du mouvement libertaire.

Pour ce faire et pour améliorer notre capacité d’intervention...

Cela fait maintenant plus de 2 mois que Pierre et Yann, tous les deux militants de la CGA, ont été mis en garde à vue pendant 48 heures, pour avoir participé à la grève des étudiants à l'Université de Perpignan. Leur sortie de garde à vue était précédée d'un premier passage devant la juge d'instruction, qui leur avait collé un contrôle judiciaire drastique, remettant clairement en cause la présomption d'innocence: interdictions de se rendre à l'université et de sortir du département, interdiction de se voir entre eux, et de rencontrer les plaignants. Le tout pour avoir soi-disant “outragé” des professeurs, dont l'un d'entre eux a admis être un “fasciste”. Un chef d'accusation bien mince, et bien plus quand on sait que la police - la criminelle - qui a été chargée de l'affaire - accusait au départ Yann et Pierre de vols, violences, dégradations et menaces de mort.

Pendant ces 2 mois, les choses...