dim 2 octobre 2005

Toute la société sous surveillance !

CGA

La Coordination des Groupes Anarchistes dénonce la mise sous surveillance de tous par le projet de loi du Ministre de l'intérieur.

En effet, sous le prétexte de lutter contre le terrorisme, le gouvernement met en oeuvre des mesures de surveillance très large de toute la population. Certaines de ces mesures sont antérieures aux attentats de Londres dont le gouvernement affirme pourtant s'être inspiré pour ses propositions. De ce point de vue, l'exemple londonien montre de façon évidente que, malgré le système de vidéo surveillance le plus important d'Europe, la Grande Bretagne n'a pu empêcher les attentats.

L'Etat va ainsi pouvoir contrôler et enregistrer l'ensemble de nos déplacements en avion, en train et également en voiture grâce aux radars. Il pourra aussi avoir un accès permanent à l'ensemble des systèmes de vidéosurveillance publics, comme privés. Le préfet pourra même poser de façon provisoire des caméras dans certains lieux, en passant outre les quelques vagues garanties données par la loi de 1995. Il pourra aussi avoir accès à nos données téléphoniques et Internet, mais aussi à toute sorte de fichiers en dehors de toute intervention d'un juge. Les services de police, dans une très large autonomie, puisqu'ils pourront agir en dehors de toute enquête judiciaire, pourront utiliser tous les outils de surveillance pour monter des dossiers.

La clause de rendez-vous, qui est sensée limiter ces mesures d'exception dans le temps, n'est qu'un leurre. Déjà dans la LSQ, première loi antiterroriste en novembre 2001, certaines dispositions étaient aussi provisoires et devaient être réexaminées en décembre 2003 par l'Assemblée. Les mesures en question ont été prolongées par la LSI de mars 2003 jusqu'en décembre 2005 puis définitivement intégrées dans la loi Perben 2 en février 2004. La commission parlementaire qui devait évaluer ces mesures n'a jamais présenté son rapport à l'Assemblée.

L'Etat cache de moins en moins sa vrai nature, contrôler chacun d'entre nous quand il le veut et comme il le veut. Tous ces dispositifs, une fois mis en place, pourront être utilisés à d'autres fins que celles prévues initialement. Le Mouvement social a tout à craindre de ces mesures d'exception. En effet, la répression croissante que subissent aujourd'hui les militants syndicaux, associatifs ou politiques sera accentuée par tous ces outils. Comme exemple criant, l?intervention « militaire » du GIGN et de la Marine contre des militants du STC, assimilés à des « terroristes », alors qu'ils ne faisaient qu'occuper leur lieu de travail.

A l'heure où la politique de casse sociale rencontre un désaveu important et quand de nombreuses luttes sont à mener, les acteurs du mouvement social doivent agir pour faire échec à ce projet liberticide qui renforce les tendances autoritaires du pouvoir.

La CGA s'inscrit dans ce combat et vous invite à vous y inscrire massivement.

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Coordination des Groupes Anarchistes