mer 14 novembre 2012

Surprise pour la député

 

Nous étions une dizaine du groupe Nosotros, de la Rojinegra et de sympathisantEs à être présentEs à Encausse-les-Thermes, le 6 octobre, jour prévu pour une fête en l'honneur de la député Carole Delga fraîchement élue.

A midi, malgré l’absence de la député (en retard !) mais face à la présence d’un nombreux public et d’éluEs locaux, nous décidons d’intervenir en nous installant sur la zone où doivent se dérouler les festivités.

Aussitôt, déboulent deux individus s’avérant être le maire d’Encausse (suppléant de la député) et celui d’Aspret-Sarrat ("plus de 30 années d’activité dans la police" comme il nous le soulignera d’un ton menaçant). Les deux zigotos, par l’intimidation et le pouvoir que leur confère leur fonction (hi,hi,hi), nous somment de quitter les lieux, nous disent que si nous avons des messages à transmettre d’aller le faire plus loin et que nous n’étions pas les bien venus. Terrorisés (hi,hi,hi, encore), nous laissons les deux charlots continuer à déblatérer et entamons la lecture du tract au mégaphone.

Dès lors, certainement outré par une telle attitude, le maître des lieux se précipite à son micro et, dans l’urgence, tel un gallinacé sur son perchoir tentant de rameuter sa basse-cour en danger, précipite le début de sa prestation espérant par cette contre-attaque couvrir notre intervention. Mal lui en pris, nous disposions de décibels de réserve et mettons le méga plein pot.

Parmi la foule des courtisanEs, c’est l’incrédulité.

La lecture du texte terminée, nous entonnons des chants de circonstances peut être pas très appropriés pour rassurer les édiles : « Faut plus d’gouvernement », « Faut les tomber », « Chant de révolte », « Rage », etc.

Dans le même temps, nous distribuons les tracts aux courtisanEs dont une bonne partie nous accueille avec des sourires crispés et/ou des regards teigneux et pour une moitié d’entre elles/eux refuse de prendre notre prose (ces gens-là ne semblent pas avoir un sens de l’hospitalité très développé !).

 

Vers 13 heures, toujours pas de Carole Delga. CertainEs d’entre nous suggèrent qu’elle n’est pas très fan des chants de luttes sociales, voire qu’elle a été avertie et retarde sciemment son arrivée (?).

 

Au moment du départ, le maire d’Aspret-Sarrat (le flic) vient à nouveau à notre rencontre en ayant tombé le costume du grand costaud vachement méchant. S’entame alors, dans le calme, un échange d’argumentaires (contradictoires, vous l’aurez compris) à propos des trahisons socialistes, du vote du pacte de stabilité européen, du rapport du monde politique avec le Kapital, l'antiélectoralisme et la représentativité politique.

 

En conclusion, une action au bilan positif dans la forme (troubler une cérémonie d'auto-célébration réservée en priorité aux membres du premier cercle, militantEs et obligéEs), en provoquant une situation inhabituelle et visiblement délicate à gérer pour eux et sur le fond en dénonçant avec le vote de ce traité le système électoral en vigueur et ses inévitables dérives. Nous avons pu ainsi sur la forme et le fond faire la démonstration de la spécificité d'un groupe du mouvement anarchiste dans le paysage local.

 

Ci après le communiqué de presse, diffusé pour éviter autant que possible que notre message soit interprété de manière fantaisiste (Ce communiqué a été repris et diffusé tel que, dans la presse locale).

 

Communiqué de presse.

 

Le 6 octobre, le groupe libertaire Nosotros, la chorale populaire Rojinegra et des sympathisantEs ont décidé de s’inviter au vin d’honneur d’autosatisfaction célébré à Encausse-les-Thermes avec la présence de la députée Carole Delga et de son adjoint, maire des lieux, Joël Aviragnet venus remercier leur électorat.

Le but de cette intervention était d’une part, d’interpeller les éluEs et la foule présente sur les trahisons en cours et à venir du gouvernement socialiste, notamment concernant le vote du pacte de stabilité européenne Merkozy et d’autre part, sur la représentativité politique et l’usurpation du pouvoir populaire dans une démocratie représentative parlementaire.

Dans un esprit de convivialité, nous avons agrémenté notre intervention de chants de luttes sociales et de liberté politique.

Néanmoins cela n’a pas suffit à détendre une atmosphère où les autorités, face à une situation inhabituelle, ont oscillé entre intimidation, dialogue et mépris.

Malheureusement pour elle, une nouvelle fois, la députée Carole Delga n’aura pas eu la possibilité de donner sa position sur ces sujets, ayant été dans l’obligation d’arriver en retard.

Gageons que nous lui procurerons d’autres occasions de pouvoir s’exprimer !

 

Le groupe libertaire Nosotros