La dégradation de la note de la France par Standard and Poors, annoncée depuis plusieurs semaines et prise en compte depuis par les marchés, a été formalisée ce vendredi 13 janvier. Les médias et la classe politique continuent à cette occasion de nous présenter la crise comme étant le fait d'une dérive financière et dûe à la « dictature des agences de notation ». En réalité, la crise que nous subissons est la conséquence directe du système capitaliste, de la recherche permanente du profit qui le sous-tend, du régime de propriété privé qui dépossède la majorité de la population .
Pour maintenir ses profits, la bourgeoisie doit réduire la part de richesse directe (salaire et salaire différé comme les retraites ou la sécu') attribuée aux travailleursEs avec ou sans emploi, ou indirecte (via l'État comme les services publics, etc...) Les dépossédéEs et les exploitéEs sont donc pousséEs à s'endetter encore plus pour satisfaire leurs besoins. De même les Etats doivent également s'endetter pour organiser un minimum de redistribution indirecte, d'autant plus que le capital est toujours moins mis à contribution dans le processus (allègement et suppression des cotisations patronales).
Ces contradictions font du capitalisme un système en perpétuelle faillite incapable de répondre aux besoins réels de la population ici comme ailleurs (logement, accès aux soins, nourriture...). Un système dédié à l'enrichissement d'une minorité, la bourgeoisie, soutenu par l'Etat qui mène une politique de défense des intérêts de celle-ci au nom de « l'intérêt général » ou « national ». Un système qui s'adapte en faisant payer aux classes populaires le prix fort au moyen de politique d'austérité visant à accroître la part des richesses créées appropriée par le Capital au détriment des travailleuses et travailleurs. De ce fait, la crise continue de s'accroître et rend nos vies de plus en plus infernale.
En finir avec cette situation n'est donc possible qu'en rompant avec le système capitaliste, pour organiser la société sur d'autres bases, dont celle de la satisfaction des besoins de la population plutôt que la recherche du profit, de la gestion écologique des ressources et de l'énergie..
Cela ne peut se faire dans un cadre national, et les propositions protectionnistes et souverainistes ne sont qu'une tentative désespérée de la bourgeoisie de sauver un système en crise, en tentant de mobiliser derrière elle les dépossédéEs, les exploitéEs. Une telle politique ne peut se faire qu'au détriment des prolétaires, appeléEs à se « serrer la ceinture » pendant que les bourgeois continuent à se gaver. Elle cherche à les diviser sur une base nationaliste et ainsi dévier la colère populaire, en masquant ses responsabilités dans la crise et éludant les vraies questions, dont celle du partage des richesses.
Pour ne pas payer leur dette, pour ne pas payer leur crise, nous devons rompre avec le capitalisme, lutter pour une autre société, basée sur la propriété commune des moyens de production et de distribution (usines, champs, entreprises, transports...), leur gestion directe par les travailleuses et les travailleurs fédéréEs sur une base territoriale et industrielle : le communisme libertaire ! Cela passe par une rupture avec toutes les formes de hiérarchie, pour assurer qu'aucune minorité ne s'approprie notre travail et notre force collective.
Le 16/01/12
Relations Extérieures
de la Coordination des Groupes Anarchistes
