lun 20 juin 2011

Pour faire oublier leur crise, ils surfent sur la montée en puissance du nationalisme !

CGA

 

La crise économique et sociale actuelle a suscité un certains nombre de résistances populaires qui inquiètent la bourgeoisie.

La période récente se traduit par une montée en puissance du nationalisme, entretenue notamment par le pouvoir politique bourgeois via ses relais médiatiques et idéologiques. Si ce nationalisme irrigue la quasi totalité des courants politiques, depuis la gauche coloniale jusqu'à l'extrême droite, les courants fascistes sont le fer de lance de sa diffusion en milieu populaire, au moyen d'une rhétorique «sociale » pseudo-anticapitaliste.

Dans une période de crise d'adaptation capitaliste, le fascisme est l'ultime recours de la bourgeoisie pour briser toute  résistance des classes populaires, mais aussi pour « mettre de l'ordre » en son sein. Tant que son pouvoir n'est pas remis en cause, la bourgeoisie a intérêt à préserver le cadre de la démocratie représentative, car le pouvoir d'influence est la forme de pouvoir la plus efficace et la plus économique. Mais, dès lors que ce pouvoir est fragilisé, la tentation fasciste suscite rapidement l'adhésion de larges secteurs de la bourgeoisie. C'est ainsi qu'à travers toute l'Europe, le fascisme et le nationalisme progressent. Les fascistes s'organisent, s'implantent et mènent, en même temps qu'une offensive idéologique, une politique de terreur (violence politique, violence raciste, sexiste et homophobe).

En France, cette politique de terreur se matérialise par des agressions, tentatives de meurtre, attaque de locaux militants dans plusieurs villes. C'est le cas de Lyon depuis 2 ans.

 

A Lyon deux ans de luttes pour ne pas laisser la ville aux fascistes

Il règne à Lyon un climat instable où la menace grandissante de l’extrême droite est palpable. Cette stratégie de terreur fasciste bénéficie de la complaisance, et donc du soutien de facto de l'Etat. Sa police a ainsi ouvert à plusieurs reprises la voie aux nervis fascistes pour qu'ils agressent des manifestant-e-s. Sa justice criminalise les antifascistes alors que dans le même temps elle a la main douce avec les agresseurs fascistes.

Face aux menaces, aux agressions, les antifascistes lyonnais-e-s, réuni-e-s au sein du Collectif 69 de Vigilance contre l’extrême droite ont organisé la riposte politique pour dénoncer cette inquiétante montée en puissance de groupuscules fascistes.

 

Une présence marquée des groupes d’extrême droite :

    - Jeunesse Identitaire et Bloc Identitaire développent une conception raciale de l'identité européenne entendue comme identité blanche qui les conduit à une focalisation quasi systématique sur l'immigration extra-européenne et l'islam (en témoigne leur campagne anti-racailles, les perturbations des rassemblements en soutien aux étranger-e-s, le faux apéro saucisson-pinard, leurs attaques de commerce "hallal" et leur fameuse"marche des cochons"...).Cela ne les empêche pas de s'inviter également aux côtés des catholiques intégristes comme en juin 2010 pour attaquer le kiss-in organisé par les associations homosexuelles de Lyon dans le quartier de Saint Jean où il dispose désormais d'un local : la "Traboule".

    - Bunker Korps Lyon/Lyon Dissident est affilié au mouvement néo-nazi notamment Blood & Honour. Il dispose d'un local à Gerland, sous couvert d'une association paravent : Rock'n'Gones qui sert de salle de concert où sont régulièrement invités les groupes néo-nazis français et européens. Le salut nazi et les "Sieg Heil" sont alors de mise. Ajoutons des entraînements aux sports de combats, la diffusion des matchs de l'OL pour les interdits de stade et autres "activités culturelles" qui leur permettent de diffuser leur idéologie nauséabonde faite de haine raciale et de violence réactionnaire qu'ils n'hésitent pas à mettre en pratique dans les rues de Lyon. Le local a fait l'objet d'une fermeture administrative (sous le prétexte de l'hygiène et la sécurité et non sur une base politique) le 13 mai. Malgré cette fermeture, les activités continuent.

    - Égalité et Réconciliation Association politique créée en 2007 par Alain Soral (ancien membre du comité central du FN ... et du PC) qui promeut un "nationalisme de gauche".…

 

Plus de 250 jours d'ITT suites à des agressions fascistes depuis 2 ans à Lyon! YA BASTA!

A Lyon, la riposte s'organise, mais face au danger, le combat doit continuer!

 

- 10 avril 2010 : Première manifestation contre le fascisme organisé suite aux premières agressions.
- 23 février 2011 : Malgré une mobilisation faite dans l’urgence un soir de semaine et sous la menace de Lyon-Dissident, 700 personnes se sont réunies sous les banderoles « Ripostons au fascisme» et « Fermeture du local néo-nazi ».
- 9 avril 2011 : Plus de 2000 personnes ont participé samedi 9 avril à la manifestation contre le fascisme appelée par le collectif 69 de vigilance contre l’extrême droite pour pointer la recrudescence des violences fascistes, demander la fermeture du local néo-nazi de Gerland et dénoncer le racisme d'Etat, véritable catalyseur pour tous ces groupuscules extrémistes.
- 14 mai 2011, 1500 personnes, sous une pluie battante, dénoncent le rassemblement national organisé par le Bloc Identitaire après l'interdiction de leur "marche des cochons".
Ce qui était prévisible est arrivé : les fafs réunis ce week-end pour un rassemblement « pour la liberté » (celle du renard dans le poulailler !) ont pu diffuser en toute tranquillité leur discours raciste et xénophobe. Ils en ont profité pour se livrer à une ratonnade (kebab saccagé, bar attaqué) doublée d'agressions politiques (militant-e-s agressé-e-s, locaux visés). Plusieurs personnes ont été hospitalisées, dont certaines en soins intensifs, ce qui n'a pas empêché l'Etat et les médias de présenter les faits comme une prétendue guéguerre entre extrême gauche et extrême droite.

 

Complicité médiatique et politicienne : Lyon un cas d'école de la stratégie d'implantation fasciste

Il y a des signes qui ne trompent pas : lors des dernières et avant-dernières échéances électorales (régionales et cantonales), les observateurs attentifs ont pu constater un glissement sémantique qui n’avait rien d’anodin : le Front National, jusqu’alors présenté comme d’ « extrême droite » (mais rarement comme fasciste) devient sous la plume des journalistes « droite nationaliste ». Dans le même temps, les grandes manœuvres du gouvernement sur l’identité nationale et la déferlante raciste contre les Roms, les Arabes (sortie d’Hortefeux sur les Auvergnats) et les Musulmans (ou considérés comme tels par un discours racialisant, c’est-à-dire les Noirs, les Arabes, les Turcs...) s’accompagnent d’une stratégie de réhabilitation politique du nationalisme en général et du FN en particulier.

Cette réhabilitation est portée notamment par la Droite populaire, courant ouvertement nationaliste et raciste au sein de l’UMP, regroupant des anciens des réseaux néocolonialistes et souverainistes proches de Pasqua (Thierry Mariani, figure bien  connue de la Françafrique...), des anciens d’Occident reconvertis à l’UMP... (Labaune...), et des membres du MIL (Vitel...), mouvement  gaulliste héritier du SAC (service d’action civique, milice armée gaulliste qui s’est illus­trée notamment par son anti-communisme et sa volonté de contester l’hégémonie politique au mouvement ouvrier dans les entreprises après 68).
Le nationalisme irrigue l’ensemble de la classe politique, mais les nationalistes revendiqués (dont le FN) jouent le rôle d’aiguillon idéologique tout comme les nationalistes révolutionnaires dont les identitaires font partie. La facilité avec laquelle leur discours s'insinue dans l’espace public n’a rien d’un hasard. Il bénéficie de l’attitude pour le moins complaisante d’une partie de la presse. Les journalistes reprennent bien des thématiques et axes stratégiques de la communication fasciste (insécurité, immigration...). Les mêmes recrachent, sans analyse critique les discours de l’Etat et de la Police sur les mêmes thèmes.
Ainsi, dans les jours qui ont précédé le 14 mai 2011, on a vu la quasi-totalité de la presse lyonnaise (et nationale) reprendre l’axe de communication de la Préfecture : celui d’une prétendue « guerre extrême gauche/extrême droite ».
Dépolitisation, excuses, relais de la rhétorique et du discours raciste et islamophobe des identitaires : sans avoir l’air d’y toucher, Préfecture, politicien-ne-s et pseudo-journalistes font la promotion du fascisme, tout en lui donnant une petite touche « rebelle » (on fait mine de le dénoncer après avoir diffusé le discours, on interpelle pour relâcher dans les heures qui suivent, on amalgame l’autodéfense antifasciste à la violence fasciste) visant à accréditer leur caractère de pseudo-opposant du système alors qu’ils servent la bourgeoisie et l’Etat, qu’ils en soient  conscients ou non, en montant les exploité-e-s les un-e-s contre les autres et en menant la répression para-légale des mouvements populaires avec la complaisance de l’Etat.


Face à la vague brune, organisons les luttes et les solidarités

 

 
La lutte contre le fascisme est liée à la lutte contre le capitalisme, elle ne se réduit pas uniquement à la lutte contre les fascistes. Reposons le débat sur les références de classe et la nature du fascisme.
La lutte antifasciste doit résister à la tentation de se limiter à un discours moral, fondé sur les valeurs humanistes dans lequel les références de classe et à la nature du fascisme comme outil des classes dominantes seraient diluées, voire complètement masquées.
Se contenter d'une riposte ponctuelle serait également un échec et laisserait le terrain à ces groupuscules et à leur action politique. Nous devons au quotidien combattre cette inquiétante poussée fasciste et positionner notre action sur le terrain politique et populaire.
 

Nos moyens de luttes :

  • développer des luttes populaires restent le meilleur moyen d'imposer nos thématiques (lutte de classe, solidarité, refus de la domination masculine et de l'homophobie...) dans les débats politiques et de briser ainsi les tentatives d'hégémonie culturelle des nationalistes et des fascistes.

  • Développer une culture d'autodéfense dans nos quartiers, nos lieux de travail, nos associations, nos syndicats, qui ne se résume pas à l'autodéfense physique, nécessaire, mais aborde aussi l'autodéfense idéologique contre les offensives fascistes plus ou moins masquées.

 

 

CGA Lyon