dim 1 mars 2009

Notre santé vaut plus que leurs profits !

Un bilan catastrophique : la santé se noie.
Le service public de santé va mal : depuis plusieurs mois, les différents professionnels tirent la sonnette d'alarme : manque de personnel dans la plupart des services, pour toutes les catégories ( infirmières, aides-soignantes, agents de service, médecins, assistantes sociales,
secrétaires médicales)...
Le manque d'effectif, avec des services qui tournent de façon permanente en sous-effectif, c'est une mise en danger de la vie des patients, des fermetures de lits ou même de services. Le manque de lits dans une région ou dans un hôpital, signifie l'ajournement d'hospitalisations, des délais importants pour obtenir un lit, par exemple dans les services de gériatrie, des heures, voire des jours, dans les couloirs des services d'urgence sur des brancards inconfortables, des ambulances qui tournent des heures , les médecins qui passent trop de temps à négocier un lit au lieu d'être auprès des malades ...
A cause des conditions de travail de plus en plus difficiles (heures supplémentaires, surcharge de travail, changements d'horaires, recours à des intérimaires qui ne connaissent pas les services ...), les risques d'erreur ou de négligence sont redoutés de tous. L’actualité dans les hôpitaux parisiens pendant les fêtes de fin d'année illustre tristement ces dangers.
Aujourd'hui, plus de 70% des hôpitaux publics sont déjà en déficit, et on demande de réduire les budgets : en vue d’une  RENTABILITE, c'est plus de 20 à 30 000 postes qui vont être supprimés dans les hôpitaux en 2009 alors que le minimum n'est déjà pas assuré.

Loi Hôpital, Santé et Territoires: on maintient la tête sous l'eau.

Le projet Bachelot sur la réforme de la santé, validé au mois de janvier, signifie une aggravation des difficultés.
La mise en place de la tarification à l'activité avait déjà mis à mal tous les établissements publics de santé. En effet, qu’ils soient publics ou privés, l'argent n'est plus distribué en fonction des besoins des services mais en fonction de ce qu'ils ont rapporté. Les établissements privés se réservent donc les activités les plus rentables: petite chirurgie, hospitalisation courte ... et n'hésitent pas à refuser les patients et à renvoyer les malades les plus lourds ou non rentables : SDF, polytraumatisés, Accidents Vasculaires Cérébraux, placements  des personnes âgées, psychiatrie lourde... Les cliniques privées, rebaptisées hôpitaux privés, pourront avoir plus de budget, grâce à la Tarification à l'activité (mise  en place avec le plan hôpital 2007).C’est pour elles le cercle vertueux des fonds publics de plus en plus abondants, et pour le public, qui ne choisit pas ses malades, le cercle vicieux de la pénurie et des moyens qui manquent.
Le projet Bachelot prévoit aussi la mise en place de la régionalisation du financement de la santé : hôpitaux publics, cliniques privées et médecine de ville : une même enveloppe à répartir entre tous, comme on l'imagine, de manière inégalitaire. Ce n'est plus en fonction des besoins que l'on distribuera l'argent.
La loi prévoit la fermeture de plus de 200 hôpitaux, qui doivent être regroupés en grands centres régionaux, c'est donc la fin des soins de proximité, et pendant qu'on transfère les services, on en profite pour diminuer le personnel.

Des soins gratuits pour tous et toutes.

La santé rentable? C'est bien de cette logique là que le problème vient, la qualité des soins n'est plus la priorité, mais bien la rentabilité.
L’argent doit-il aller vers les services publics les plus essentiels : santé, éducation ou doit-il servir à renflouer les caisses des banques mises à mal par leur propre système.
La santé et l'éducation doivent être rentables : diminution de postes, hospitalisations de plus en plus courtes au mépris du bien-être et de la sécurité des malades, efficacité, classement des hôpitaux comme des écoles, tout doit être performant.
A l'heure où le gouvernement propose une réorganisation dans les hôpitaux, le personnel réclame des moyens, et en particulier du personnel.
Ainsi le service des urgences médicales de l’Hôpital Edouard Herriot, dont l'activité est en constante augmentation depuis plusieurs années (10% en 3 ans), a vu ses effectifs diminués et était a été en grève depuis deux mois.
Les revendications du personnel portaient essentiellement sur une demande de renfort d'effectifs - avec le respect des effectifs normaux pour les infirmiers, les aides-soignants et les agents de service - et la création de postes de brancardiers, ainsi que sur un apport de matériel en état de marche. Les aides-soignants qui devraient pouvoir travailler avec les infirmières dans la plupart des soins, ne sont pratiquement jamais présents dans le service car ils assurent le brancardage. Les équipes travaillent à minima tous les jours, entre 82% à 98% du temps en dessous de l'effectif normal, ce qui génère des heures d'attente (en moyenne 6h) pour les patients dans le hall et dans les couloirs, sur des brancards peu confortables, provoquant des situations de tension avec des familles et des patients épuisés, les situations d'agressivité verbale étant le quotidien du personnel. Celui-ci se sent frustré de ne pas pouvoir s'occuper des malades comme il le devrait : prendre son temps, discuter, écouter, sont des notions plus que luxueuses dans les services hospitaliers.
Après 2 mois de grève, la direction, qui au départ répondait que rien n'était possible, débloque des postes de brancardiers (même si ce n'est pas 24h/24, comme demandé), ferme des lits de réanimation et du coup peut répartir les postes « supplémentaires » pour les services les  plus
en sous-effectif .Elle promet le remplacement des congés maternité. Le message est donc passé, même si les satisfactions ne sont que partielles.
C’'est la mobilisation de l'ensemble des catégories qui paie. Le personnel a suspendu la grève pendant 3 mois et promet de la reprendre si le bilan n'est pas satisfaisant au bout de cette période.

La santé pour tous!

Les soins doivent être accessibles à toutes et tous et gratuitement. Le système de santé doit être géré conjointement par les personnels et les usagers et financé selon le principe de la solidarité. La santé est un droit inaliénable pour chaque individu et un gage de l'égalité économique et sociale.

Groupe Kronstadt