jeu 30 décembre 2010

Manifestations du 6 novembre : Une étape pour la défense de l'avortement libre, gratuit, et accessible.

CGA

Nous étions autour de 2500 dans la rue le 6 novembre dernier dans cette manifestation nationale, sous la pluie parisienne, pour défendre l'accès à l'IVG et à la santé pour toutes et tous.

Il s'agissait à cette occasion de faire le lien entre la casse du système de santé et le recul du droit à l'avortement, puisque cette casse rend toujours plus difficile l'accès à l'IVG.

 


La casse de la santé, outil de remise en cause du droit à l'avortement

En effet, la loi Bachelot Hôpital-Patient-Santé-Territoire réforme le système de santé en mettant en place la tarification à l’activité, et restreint  l'accès à la santé pour tous et toutes.

Le nouveau mode de financement de  l'hôpital incite le public, autant que le privé à ne proposer que des soins sur la seule base de la rentabilité, et non à proposer des soins en fonction des besoins. Cela se traduit également par un éloignement de plus en plus important entre une partie des usager-e-s, et les structures de soin ainsi que par la fermeture ou le regroupement des unités de soin.

La fermeture ou la « restructuration » de nombreux  CIVG (Centre d'Interruption Volontaire de Grossesse) sont  une des conséquences concrètes de cette politique. Ceci entraîne des augmentations de délais de prise en charge pour les femmes (et dans certains cas le dépassement des délais et donc l'impossibilité d'avorter) et des accès au CIVG plus longs et difficiles (du fait de la diminution du nombre de CIVG sur le territoire). Ce sont les femmes les plus précaires pour qui ce type de démarche est le plus difficile, tant en terme d'accès à l'information, mais aussi en terme de prise en charge financière. Parmi elles, les femmes sans papiers, puisque la réforme de l'AME (Aide Médicale d'Etat pour les sans-papiers et sans-papières), supprimera tout simplement la prise en charge cet acte.

Cette politique s'apparente à une attaque concrète contre le droit à l'avortement, qui s'articule avec l'offensive idéologique des opposants à l'avortement, fondée sur la culpabilisation des femmes (qui trouve des relais au sein du pouvoir médical), et l'affirmation d'un ordre moral hétéro-patriarcal.

 

Un bilan en demi-teinte

Cette manifestation nationale, prévue depuis plusieurs mois, a été un demi-succès : l'intersyndicale nationale sur les retraites, dans laquelle figurait pourtant des organisations signataires de l'appel à manifester, avait choisi peu de temps auparavant de faire du samedi 6 novembre une journée d'action sur les retraites, reléguant à l'arrière plan une mobilisation construite dans la durée par des collectifs locaux, qui avaient effectué au préalable un travail de mobilisation locale. De nombreuses personnes n'ont ainsi finalement pas fait le déplacement à Paris, étant investies localement dans la lutte contre la réforme des retraites, ce qui a affaibli fortement le nombre de participant-e-s au cortège parisien de défense de l'avortement et de l'accès à la santé pour toutes et tous. Celui-ci a ensuite rejoint la manifestation pour la défense des retraites. Malheureusement, encore une fois, la convergence des luttes ne se fait que dans un sens...

Pour autant, cette manifestation a été l'occasion de relancer des collectifs locaux de défense du droit à l'avortement, comme à Lyon où la montée à Paris a été précédée de plusieurs actions publiques (manifestations contre la fermeture du CIVG de l'Hôtel Dieu, diffusion de tract devant le CIVG de la Croix Rousse en lien avec les personnel-le-s). Dans d'autres villes, elle a été suivie d'une mobilisation accrue contre les anti-IVG de "SOS tout petit" lors de la journée du 20 novembre.

 

Poursuivre la mobilisation

Il est urgent que l'avortement soit considéré comme un élément simple du parcours de vie d'une femme, qu'il ne soit pas une exception médicale dans la pratique des médecins, qu'il puisse être fait, sans restriction de délai, quand la femme le désire et selon la méthode la plus adaptée dans des centres avec du personnel et des moyens adéquats.

Pour cela, nous devons continuer à nous mobiliser pour réaffirmer la revendication « Avortement libre, gratuit et accessible pour toutes! ».

 

Groupe de Lyon