sam 19 juin 2010

A lyon comme ailleurs, luttons pour la répartition des logements!

A lyon comme ailleurs, luttons pour la répartition des logements!

Le 20 mars à Lyon, près de 250 personnes manifestaient à l’appel de la CGA contre la reprise des expulsions locatives annoncée par la fin de la trêve hivernale. Réquisition des logements vides, unité entre squatteurs et locataires pour lutter contre le racket des propriétaires, grèves des loyers, faisaient partie des propositions relayées par les manifestant-e-s. La mobilisation débouchera sur la création de réseaux de luttes d’habitant-e-s: création du réseau solidarité logement Lyon Nord, développement du réseau solidarité logement du 3ème-7ème(Lyon Sud). Dans le sud de la ville, la lutte se fédère contre l’expulsion d’une famille du troisième arrondissement: rassemblements devant la mairie, diffusions de tracts, aboutiront à un relogement digne de la famille.

Une crise permanente organisée par la bourgeoisie

La crise actuelle du capitalisme vient renforcer une crise stable et permanente: celle du logement et de son accès pour les travailleur-euses. Joyaux des classes bourgeoises, la propriété immobilière constitue l’une des principales sources d’exploitation des travailleurs et travailleuses. Et celui-ci brille toujours davantage! Les loyers ont augmenté de 50% dans le public et de 100% dans le privé depuis ces 20 dernières années. La flambée des prix permet d’enfoncer toujours plus le couteau sous la gorge des travailleurs, aspirant dans son sillage les désirs et libertés de chacun-e. L’isolement de tous et toutes est la meilleure arme pour maintenir cet état de fait.

Garant des intérêts des classes bourgeoises, l'Etat multiplie les cadeaux à leurs égard: 15 milliards d'euros de défiscalisation et d’aide à la mise en location en 2009, et augmente la répression contre les locataires (mesures facilitant les expulsions) garantissant jusqu’au recours à la force physique, le droit de propriété (multiplication des interventions policières lors des expulsions).

Les municipalités, loin de freiner cette logique spéculative, l’encouragent, favorisant notamment la vente d’immeuble à la découpe: on divise les appartements,  le prix au m2 augmente, et on loue aux familles qui ne peuvent pas se payer mieux et vivent alors plusieurs par pièce. Cela permet ainsi à la mairie de Paris de gagner 650 millions d’euros, chaque année, grâce aux taxes de mutation.

Les logements vides se multiplient, on en comptabilise 2 millions en France. A côté de ça, il manque 900_000 logements sociaux pour satisfaire les besoins de chacun-e. Fruit de la spéculation, l’organisation de cette pénurie fictive permet de garantir la flambée des loyers.

A Rouen, de larges tranches d’immeubles sont laissées vacantes par les sociétés investisseuses pour préparer une annexe de La Défense parisienne. Le but de la manœuvre est d’augmenter les prix de l’immobilier (et donc les futurs bénéfices) en réduisant au minimum l’offre de logement, au détriment des habitant-e-s qui, en plus de ne plus avoir de voisin-e-s, ont du mal à se loger.

L'avenir s'assombrit toujours plus pour les locataires qui, en 2009 étaient 3,5 millions de personnes à être très mal-logées ou pas logées du tout. En tout, ce sont 10 millions de travailleur-euses à se trouver dans une situation de mal-logement et de grande précarité.

Le droit au logement, fruit des luttes de locataires

A l’époque des grandes mobilisations sur le logement (début 20ème), le propriétaire était appelé "Monsieur vautour", l’action directe était prônée contre lui et son acolyte, le concierge. La participation importante de militant-e-s anarchistes au développement de ces luttes a permis la diffusion de revendications en rupture avec l'ordre dominant et la proposition en actes, de modes d'actions directs : grève des loyers et déménagement avant les termes, réquisition et occupation des logements laissés vides.

Au gré des luttes est apparue la notion de droit au logement, celle-là même qui, défendue par les organisations de lutte, imposera à l’Etat la construction de logement sociaux.

Face aux locataires les plus précaires, l’Etat fait miroiter la possibilité de certains recours individuels (loi Dalo…)1 qui leur permettraient d’accéder à un réel logement. Ces dispositifs ne sont en réalité que des impasses poussant les travailleurs à chercher des solutions individuelles et par là, à renoncer aux ressources collectives acquises par la lutte.

S’organiser, lutter dans nos quartiers

La lutte contre les inégalités face au logement passe par la reprise directe par les travailleur-euses des logements et leur expropriation. Cette lutte nous permet, militant-e-s anarchistes, d’attaquer les fondements de la propriété et des inégalités qu’elle dresse, nous permettant ainsi de défendre la solidarité de classe et la nécessité de répartir les richesses.

Ces luttes n’ont pas en tête de faire pression sur les Etats nationaux pour que ceux-ci construisent davantage de logements. Cela améliorerait certes la situation de certains locataires, mais mais pas de tou-te-s. Comme pour les retraites: c’est nous qui travaillons alors c’est nous qui décidons! Le logement c’est nous qui construisons alors c’est nous qui décidons! L’égalité réelle passe par la socialisation des logements: la gestion directe collective des logements, des besoins et de leur construction.

Comme pour l'action syndicale des origines et les bourses du travail qui regroupaient tous les travailleurs du même coin, ce qui fait notre force, locataires, squatteurs, mal-logés, c’est notre mobilisation là où nous vivons. Cela permet d'éviter les hiérarchies établies entre les différentes priorités (les urgences, les luttes de long terme). Elles permettent également de casser les divisions entre d’une part les locataires, de l’autre les squatteurs. Seule la multiplication et la fédération des luttes locales permettra une large victoire.

  1. La lutte autour des campements lancée par les Enfants de Don Quichotte a entrainé la mise en place en 2007 de la loi Dalo permettant aux mal-logés d'attaquer l'Etat pour obtenir un logement. Celle-ci a été peu appliquée si bien que deux ans plus tard, les associations (DAL...) tiraient la sonnette d'alarme.

Louise (Lyon)