sam 1 mars 2008

Luttes des Sans-papiers: Toutes et tous dans la rue le 5 avril

CGA

Le gouvernement poursuit les politiques racistes de l'état en matière d'immigration. De la création d'un ministère de l'identité nationale à la chasse aux sans-papiers, de la politique utilitariste des quotas en passant par le fichage ADN des migrants, les mesures liberticides se multiplient.

Malgré la répression, les luttes de sans-papiers et de soutiens aux immigrés restent importantes un peu partout en France. Les résistances à ces politiques prennent de nombreuses formes: mouvements dans les centres de rétention, grèves de travailleurs sans-papiers, mouvement dans les écoles, grèves de la faim etc...

Après la réussite de la journée nationale du 20 novembre, Unis Contre une Immigration Jetable appelle a une journée de mobilisation nationale le 5 avril.

En plus des résistances multiples, il est important de fédérer toutes les luttes dans une initiative nationale qui pose la revendication politique de la régularisation globale et qui par là même tente de créer un rapport de force qui infléchisse les politiques gouvernementales.

Les organisations anarchistes, actives au quotidien dans ces luttes ont décidé de s'unir à l'occasion de cette manifestation nationale pour porter les mots d'ordres libertaires du refus des frontières et de la liberté de circulation et de d'installation pour tous. Nous publions ici le texte unitaire libertaire.

Renforçons la lutte des sans-papiers, renforçons les cortèges libertaires pour la liberté de circulation et d'installation.

Les Relations Extérieures

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Contre la chasse aux sans-papiers

Liberté de circulation et d'installation

 

Sans-Papiers.Ce terme désigne les personnes qui n'ont administrativement pas le droit de séjourner sur le territoire français. Ce défaut de papiers les prive d'un accès légal au logement, et rend l'accès aux services sociaux et de santé particulièrement difficile, voire impossible.

Il les prive également d'un accès à un travail assorti des protections légales pas encore démantelées par l'alliance MEDEF-gouvernement. Les sans-papiers, hommes et femmes gardent cependant le ? droit ? de travailler dans des conditions de précarité et d'exploitation bien supérieures à celles des travailleurs et travailleuses légalement exploité-e-s, et pour un salaire bien inférieur.

Chaque jour, avec la chasse aux sans-papiers, ils et elles vivent dans la peur du contrôle policier qui conduit très souvent à l'enfermement en camp de rétention et souvent à l'expulsion, à la séparation des familles.

Malgré la répression et une précarité quotidienne, partout des sans-papiers, hommes et femmes s'organisent et luttent pour avoir le droit de vivre normalement (collectifs, grèves sur les lieux de travail, mouvement dans les écoles, grèves de la faim dans les centres de rétention etc.).

Les politiques de gauche comme de droite se sont largement réappropriés les discours racistes brandis de Le Pen et les ont mis en pratique. Des charters de Jospin au karcher de Sarkozy, nos gouvernants ont toujours présenté les immigré-es, qu’ils-elles soient sans-papiers ou non, comme des délinquants, comme la cause du chômage et comme les responsables des désordres engendrés par la pauvreté.

L'identité nationale, construction politique dans laquelle nous refusons de nous identifier, a désormais son ministère et est présentée comme menacée par la ? déferlante ? des ? flux migratoires ? qui chaque jour rendraient la France plus dangereuse.

Pourtant, ce qui conduit des milliers de personnes à quitter leur pays, leurs familles, leurs ami-e-s pour devenir sans-papiers, c'est souvent la misère, les inégalités sociales, les persécutions et les conflits armés générés par les classes dominantes du Nord et du Sud.

Malgré les objectifs chiffrés d'expulsions, le nombre de personnes sans papiers restera élevé. On ne tue pas comme cela la poule aux oeufs d'or ! En effet, le patronat a toujours utilisé des sans-papiers, hommes et femmes payés au rabais et sans aucune protection. La décision de priver des personnes de papiers comme le maintien d’un taux minimal de chômage, permet de garder une pression sur l'ensemble des travailleur-euse-s et de garantir les profits de secteurs entiers de l'économie.

De plus, les différences de statuts, associées à un discours xénophobe divisent les travailleur-euse-s entre eux, pour les empêcher de se battre ensemble contre leurs exploiteurs. Les sans-papiers, hommes et femmes existent parce qu'ils et elles ont une utilité économique pour le capitalisme.

Si nous luttons aux côtés des sans-papiers, hommes et femmes, pour leur régularisation ce n'est pas par charité. C'est parce qu'avec ou sans papiers, nous subissons tous et toutes la même exploitation. C’est parce que nous considérons que chacun et chacune doit avoir le droit de circuler librement comme bon lui plaît. C’est parce que, dans notre conception du monde, les frontières n’ont pas lieu d’être. C’est parce que nous voulons détruire l’Etat qui nous considérera toujours comme des numéros. C’est par ce que nous voulons changer ce monde qui méprise tant la vie humaine.

 

 

-Liberté de circulation et d'installation

-Régularisation de tous les sans-papiers, hommes et femmes par carte de 10 ans

-Arrêt immédiat des expulsions et retour des expulsés

-Egalité des droits

-Abrogation de toutes les lois spéciales pour étranger-ère-s

-Libération de tous les sans-papiers, hommes et femmes et fermeture des centres de rétention et des “zones d’attente”

-Solidarité internationale avec et entre tous les sans-papiers, hommes et femmes