jeu 30 décembre 2010

« Loi Besson » : le racisme d'État à l'œuvre

CGA

Le 12 octobre dernier le projet de loi Besson a été votée à l'Assemblée Nationale. Nous vous la présentions dans le dernier numéro de ce journal : allongement de la durée de rétention, affaiblissement du pouvoir judiciaire, extension des zones d'attente, bannissement du territoire pour les expulsé-e-s, etc. font de cette 5ème loi sur l'immigration en 7 ans un immense recul des droits des étranger-e-s. Lors de son passage à l'Assemblée, le projet de Loi s'est enrichi de quelques nouvelles félonies : limitation du droit au séjour pour les étranger-e-s malades, absence de poursuite pour les employeurs de sans-papiers « de bonne foi », peines de 7 ans d'emprisonnement et 30000€ d'amende pour les « mariages gris » et déchéance de la nationalité pour les meurtriers de flics et gendarmes, entre autres...

Des collectifs locaux, dont certains initiés par les groupes de la CGA, se sont emparés de la question avant cet été pour analyser et dénoncer ce projet de loi. De nombreuses formes de sensibilisation et de mobilisation ont pointé le doigt sur ce projet de réforme liberticide depuis le mois de juin (pour notre part, manifestations, rassemblement, mais aussi pour d'autres cercles de silence, lettres aux élus, pétitions, etc.). Malgré une baisse de forme en ce début d'automne où la mobilisation contre la réforme des retraites est passée au premier plan, la mobilisation continue... Car rien n'est joué ! En effet, la loi n'a pas encore été débattue au Sénat, son examen ayant été retardé par la durée du débat sur la réforme des retraites. Elle ne devrait y passer qu'au mois de février, ce qui laisse une marge de mobilisation : tant qu'une loi n'est pas promulguée par décret et appliquée effectivement, elle n'existe pas !

 

Relance de la mobilisation

Jusqu'ici, la mobilisation contre le projet de loi Besson, si elle a été diverse et portée par de nombreuses organisations, a péché par manque d'unité. De nombreuses structures ont préféré se cantonner à leur domaine de spécialité (questions juridiques, ou droit d'asile par ex.) sans se rejoindre dans une initiative commune qui aurait pu donner une meilleure visibilité. Les collectifs « Non à la Politique du Pilori », nés de l'indignation suscitée par le discours de Grenoble dans lequel Sarkozy stigmatisait les Roms, ont bien tenté de s'approprier la question. Mais leur discours est trop flou pour être honnête et les visées électoralistes derrière ces initiatives sont un peu trop voyantes.

Nous le disions, le combat continue jusqu'au retrait de cette loi, et il est peut-être en train de se relancer. Après la mobilisation contre la casse des retraites, des collectifs se reforment, une pétition commence à circuler massivement. Mêmes certains élus de la majorité commencent à trouver que le bouchon raciste est poussé un peu loin. Faisons en sorte que la probable mobilisation nationale de janvier enraye ce nouveau coup dur contre les étranger-e-s.

 

La CGA contre le racisme d'État

C'est bien contre un véritable racisme d'État que la CGA a lancé une campagne en s'opposant au projet de loi Besson. Le gouvernement n'essaie d'ailleurs même plus de se cacher. En effet, le ministre de l'intérieur, « officiellement raciste », depuis son passage devant les tribunaux est reconduit dans ses fonctions. Si le combat contre le racisme d'État est légitime en tant que tel, ces lois rendent également plus complexes les luttes de sans-papiers auxquelles nous participons avec comme mot d'ordre « des papiers pour toutes et tous ». Ainsi c'est aussi bien sur le terrain des idées, des revendications concrètes que du combat contre les lois racistes que nous devons intervenir.

Julien (GDALE - CGA 59) et Marc (groupe Un Autre Futur - CGA 34)