lun 20 juin 2011

Les « Politiques » ne sont pas la solution ils font partie du problème. ABSTENTION ACTIVE Organise toi et lutte !

CGA

 

Depuis quelques semaines, à l’occasion des élections régionales et municipales, un mouvement de contestation spectaculaire dit « mouvement du 15-M » (15 mai) se développe en Espagne : celles et ceux qui se trouvent dans l’impossibilité de trouver leur place dans la société expriment leur raz le bol en occupant les places de la plupart des villes et en y prenant la parole. Sans toit, sans boulot, sans le sou, sans droit, sans futur, sans illusions sur les capacités du système à répondre à leurs aspirations. Elles et ils dénoncent la corruption, les politiciens et une démocratie bidon.

Les « indigné-es » de toutes les « Plaza del sol » du monde ont raison de prendre la parole et de débattre de leur avenir.


Logique de profit, logique de mort

Deux ans après la crise de 2009, les patrons et les actionnaires s’en mettent plein les fouilles. Rien de surprenant à cela : ils n’ont jamais arrêté de se gaver sur le dos du plus grand nombre. Ceux et celles qui ne vivent que de leur seule force de travail, ceux et celles qui sont privés d’emploi, ceux et celles qui vivent la précarité au quotidien, ce sont elles et eux qui paient l’addition, comme d’habitude. Plans de sauvetage du FMI, austérité à tous les étages, baisse du pouvoir d’achat, augmentation du temps de travail et diminution des retraites, du recul et de la misère sociale il y en a pour tout le monde !

25 ans après Tchernobyl, 10 ans après AZF à Toulouse, c’est la centrale de Fukushima qui vient nous rappeler que nous sommes tous en sursis. La course au profit c’est comme la course à l’armement : la minorité qui en tire les bénéfices se contrefout de ce qui peut arriver en cas de pépin, du moment qu’elle se remplit les poches, le reste est sans importance. Face à la toute puissance des rois du pétrole, de l’industrie et du nucléaire réunis, le risque est grand de perdre tout espoir de changement.

A bas les tyrans, vive l’insurrection !

Les évènements récents en Tunisie, en Egypte, au Yémen, en Syrie, en Lybie … sont là pour nous montrer que la tyrannie n’est pas inéluctable. Lorsque les peuples en ont assez de la dictature, de la corruption, de la misère, de l’humiliation, ils savent se révolter. C’est le moment où la peur change de camp, le moment où tout semble à nouveau possible.

Faute d’organisations révolutionnaires structurées et suffisamment puissantes, la fête est malheureusement de courte durée. Les tyrans s’accrochent au pouvoir à grand coups de canons et les armées « proches du peuple » organisent la remise au pas comme en Egypte.

Une chose est sûre en tout cas : les luttes pour la liberté et la dignité ne sont pas mortes et rien ne fera taire celles et ceux qui n’ont plus peur de dire non.

Abstention active : la réponse anarchiste à l’électoralisme

Progrès social, entraide, solidarité, égalité économique et sociale, santé et éducation libre et gratuite pour toutes et tous, tels étaient les objectifs qui guidaient les luttes émancipatrices dès le 19ème siècle. L’abolition du salariat et la révolution sociale et libertaire étaient à l’ordre du jour il y a un peu plus d’un siècle. En 1936, les anarchistes et anarcho-syndicalistes d’Espagne répondaient au coup de force des militaires et du clergé par la révolution sociale autogestionnaire. Malgré la répression sanglante et les années de plomb de la dictature franquiste, on peut penser qu’il reste quelque chose du formidable espoir semé en juillet 1936, quelque part dans les rêves des occupants des places d’Espagne.

Force est de constater que ces rêves et ces nécessités sont toujours d’actualité : il est urgent de s’organiser pour en finir avec un monde fondé sur les inégalités sociales et économiques. C’est à nous tous et à nous toutes qu’il appartient de nous construire un autre futur. Le chemin pour y parvenir ne passe assurément pas par les illusions politico-électorales de 2012 mais par la lutte sociale.

 

Nos rêves ne tiennent pas dans vos urnes

Les luttes à mener…

Les luttes qu’il nous faut mener sont nombreuses

  • contre les conséquences des politiques injustes mises en œuvre partout dans le monde

  • contre tous ceux qui nous les imposent : les Etats, les gouvernements, le patronat et les institutions d’aliénation et de coercition : Armée, Police, Justice, Religions, etc.

Les mobilisations contre la mondialisation, contre les politiques sécuritaires, contre les OGM, le nucléaire et les risques industriels, les luttes aux côtés des Sans Papiers, et dernièrement contre le « système » (15-M en Espagne, Indigné-es ici) se retrouvent le plus souvent en butte aux condamnations de la justice bourgeoise et à la répression étatique.

De façon récurrente, les politiciens de tous bords reprennent à leur compte les idées nauséabondes des extrémistes de droite - aujourd’hui celles du FN - en espérant moissonner les voix de ceux et celles qui sont toujours prêts à casser de l’étranger au comptoir du bistrot... Au bout du compte ce sont toujours le FN et ses officines qui raflent la mise. Les déclarations et les provocations tonitruantes et quotidiennes du gouvernement servent à coup sûr les réactionnaires les plus abjects.

Loin de promouvoir la démocratie, les politiciens de tous bords en font une coquille vide de sens. Normal, ils mangent tous à la même table : celle du pouvoir et des privilèges. Apparemment la soupe est bien bonne !

 

S’organiser et lutter pour un autre futur

Nous devons nous organiser dans le but d’ériger, dans le futur, une société qui réalisera :

  • l’égalité entre tous les individus qui la composent du point de vue économique, social et culturel, quelles que soient leurs couleurs et leur sexe.

  • la liberté pour chacun-e de vivre la vie qui lui va le mieux sans pour autant empiéter sur la liberté des autres…

Pour permettre l’autogestion de nos actes et de nos luttes, afin de favoriser les prises de décision les plus collectives et les plus égalitaires et afin d’élaborer en commun, collectivement, les différentes étapes pouvant nous mener à une société égalitaire et libertaire, nous sommes persuadés à la CGA que le rejet de ce système dit « démocratique », est indispensable. Le système dans lequel nous vivons ne permet pas de modifier l’ordre injuste et inégalitaire des choses.

Il est donc nécessaire de prendre conscience que c’est bien le rejet des habitudes et des rites électoralistes qui est susceptible de nous rendre à nouveau acteurs de nos vies… Dans la mesure où des individus, de plus en plus nombreux, comprennent les enjeux des élections et ressentent confusément que celles-ci les conduisent dans une impasse, il leur faut alors s’engager résolument, au moyen de leurs discours et par leurs actes, sur la voie de l’action directe…

Celles et ceux qui favorisent le recours à la « démocratie » représentative, font sciemment le lit de la société inégalitaire… Celles et ceux qui, malgré l’expérience historique négative de l’électoralisme, s’emploient encore et toujours, par ce geste, à légitimer la stagnation sociale et le pouvoir des gouvernants, se forgent eux-mêmes leurs entraves…

 

Nous ne pouvons accepter aucune compromission avec le système actuel qui porte en lui la négation de l’idée même d’émancipation. C’est, en effet le système lui-même qui est l’obstacle majeur à l’émancipation humaine. Il ne peut être question pour nous de victoire quand le combat se circonscrit aux urnes ! La classe ouvrière, les couches défavorisées, les précaires et tous les « sans » de la terre connaissent les résultats des élections avant même que les bulletins ne soient dépouillés… en se rendant aux urnes ils ont déjà perdu ! ! !

Les capitalistes, les assoiffés de pouvoir, les fascistes le savent bien, eux qui d’une part, participent de toutes les entreprises électorales, et d’autre part, passent le reste du temps à nous exploiter, à nous spolier, à nous aliéner ou pire, à nous agresser… en toute impunité ! Alors quand nous lançons le slogan « Agir au lieu d’élire », il est question pour nous de replacer la « politique » et la transformation sociale là où elles auraient toujours dû rester : dans les mains de celles et ceux qui en sont les véritables acteurs…

Vive la Révolution, sociale et libertaire !

JV, groupe Albert Camus – Toulouse – mai 2011