jeu 1 janvier 2009

Le terrorisme, c'est l'oppression, la répression... l'Etat !

Au sein de la société autoritaire, inégalitaire et liberticide dans laquelle nous vivons, l’Etat opprime, contrôle et exploite le peuple. Pendant que les uns profitent des masses d’argent accumulées sur le dos des opprimés, les autres - celles et ceux qui bossent pour un salaire de misère - subissent la surveillance permanente des forces répressives ajoutées à des conditions de vie proprement scandaleuses.

Une telle situation ne peut durer éternellement sans que les gouvernants nous astreignent à une propagande intense que nous pouvons qualifier « d’idéologie dominante ».

En effet, malgré l’injustice extrême et la vie sans saveur imposées à la grande majorité des individus, aucune résistance réellement massive ne se dessine à l’horizon. On peut aisément imaginer le travail de bourrage de crâne et d’intoxication médiatique qui se cachent derrière cette réalité.

 

Quand l’Etat s’approprie les mots...

Le travail entrepris par la classe dominante sur le sens, les mots et leur transformation est extrêmement intense dans la période. De plus en plus de « terroristes » apparaissent sur les écrans et font la « une » des journaux. Les puissants vomissent ce qualificatif outrancier sur tous leurs ennemis potentiels, sur tous ceux qui peuvent porter atteinte aux valeurs considérées comme éternelles par ces mêmes puissants.

Un-e manifestant-e enragé-e, une action militante et autonome, un acte apparenté à un sabotage… et les lois anti-terroristes entrent en vigueur ! Elles commencent à s’appliquer sans discernement à tous les individus en révolte. La loi de 2006 relative à la lutte contre le « terrorisme » est d’ailleurs si peu précise qu’elle peut sans problème être utilisée pour un très large panel de faits.

Vous pouvez ainsi imaginer assez aisément le cadeau offert à la flicaille et à l’Etat policier !

C'est à l’aide de ce révisionnisme du sens, que des termes comme « liberté » ou « démocratie » sont passés sous le contrôle d'un mode de pensée unique, au service du seul Capital et des puissants de ce monde.

Ainsi, ceux qui défendent la liberté réelle et la démocratie directe passent pour des sectaires, des intégristes, de violents asociaux. La liberté est devenue la liberté du marché et de l’entreprise. La démocratie, une monarchie à plusieurs têtes faite d’une multitude de tyrans prenant bien soin d’entretenir leur image populiste.

En tant qu’anarchistes, en marge d’un tel processus pseudo démocratique, nous luttons contre l’exploitation capitaliste. Nous sommes de ce fait plus enclins à faire germer la contestation au sein de « l’idéal » sociétaire et libéral  actuel...

Il nous paraît pourtant nécessaire de remettre les choses à leur place.

 

Pas besoin de poser des bombes pour terroriser le peuple

Les gouvernements, quels qu’ils soient, désignent comme « terroristes » leurs ennemis potentiels à grands coups de reportages, de lois et de discours. Ils organisent par ces moyens la peur du plus grand nombre et le rejet des « terroristes », individus ainsi désignés à la vindicte.

Pourtant si une terreur est belle et bien présente, c’est celle que l’Etat fait subir au quotidien et qu’il ne pourra pas cacher malgré tous ses efforts. Nous n’hésitons pas à l’ affirmer !

Cette terreur en marche c’est :

- La pression quotidienne que vit la masse des exploités, la vie précaire pour une grande majorité d’individus, la peur de se retrouver sans emploi…

- Les licenciements, contrats de travail à courte durée, pressions dans l’entreprise, délocalisations, baisses de salaires, travail le dimanche…

Avec ce « terrorisme » patronal il faut bosser encore et encore, produire toujours plus, de peur de se faire virer...

Ajoutons à cela que c’est bien l’Etat et le Capital qui le font subir à la grande majorité de la population :

- Le stress accumulé jour après jour (accidents de travail, suicides…)

- La santé privatisée (de plus en plus chère)

- Les loyers de plus en plus élevés, les première nécessités - eau, énergie, alimentation - toujours plus coûteuses...

- Le chômage véritable cauchemar que personne ne veut connaître…

Voilà bien tout ce qui engendre la peur et qui tisse la trame du « terrorisme sociétal ».

 

Alors posons-nous enfin les vraies questions

Les Etats ne sont-ils pas terroristes eux qui maintiennent le peuple dans un tel climat d’insécurité, où les besoins les plus élémentaires de chacun sont menacés en permanence ?

N’installent-t-ils pas la terreur aussi en dehors de leurs frontières, lorsqu’ils envoient ses troupes et leur arsenal militaire pour instaurer la « liberté » et la « démocratie » ?

N’est-ce pas contradictoire, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, de tuer et de bombarder des civils, de mettre à feu et à sang des territoires entiers ?

Rien ne peut contredire les faits. La peur du terroriste, du « saboteur anarchiste », particulièrement mise en avant dans les médias de masse, est très infime face à la peur quotidienne causée par la politique libérale et le saccage capitaliste généralisé.

 

 

contre la contestation sociale, Un acharnement etatique sans mesure

Le terrorisme d’Etat ne s’arrête pas aux conditions dégradantes qu’il impose aux individus. Il fonde sa stratégie de contournement autour d’un concept « bouc-émissairial » et   fait porter à d’autres la responsabilité de la terreur quotidienne qu’il s’emploie à organiser.

Ainsi tous ceux qui s’opposent à ce système hiérarchique et inégalitaire sont les premiers visés par le qualificatif de « terroriste ».

Depuis pas mal de temps déjà, les mouvements sociaux sont victimes d’une législation très stricte et très répressive. L’Etat terrorise tous les individus, militants ou non, dégoûtés par toute ces injustices et qui le font savoir.

Avec le droit de grève attaqué, la pression sur les grévistes de plus en plus forte, nombreux sont les exploités qui s’enferment dans une résignation sans avenir, dans leur condition misérable,

Le contrôle généralisé de toutes et de tous se fait progressivement plus intense, les fichiers se multiplient, les fichages ADN s’appliquent à beaucoup de monde. Nous sommes maintenus dans un climat de surveillance permanente où tous nos actes et toutes nos pensées sont connus des services d’ « ordre ».

Les lois sécuritaires se font de plus en plus pesantes et contraignantes pour les révolté(e)s, les peines de prisons et les amendes toujours aussi lourdes.

L’Etat s’attaque avant tout à celles et ceux qui résistent hors des sentiers battus de ses lois et du droit fixé par les classes dominantes.

Nous, anarchistes, défendons l’action directe seul acte véritablement révolutionnaire qui se manifeste en dehors des institutions capitalistes, des partis politiques et des bureaucraties syndicales. Nous luttons pour la réappropriation de nos vies sans aucun intermédiaire. Nous dénonçons le terrorisme étatique et policier qui contraint nos existences et nos revendications.

Nous revendiquons le droit à l’insurrection, à l’insoumission et à la révolte afin de construire une société libertaire, sans hiérarchie, ni pouvoir, émancipatrice et autogérée.

A nous de faire peur à l’Etat ! A nous de terroriser le Pouvoir !

 


Fabien

Groupe Puig Antich de Perpignan