lun 21 mars 2011

Le monde arabe est en feu. La peur a changé de camp

CGA

Le court texte que nous vous proposons s'est inspiré de l'interview de Mazen Kamalmaz, anarchiste syrien, paru sur le site "Anarkismo".

Les révoltes dans les pays du Sud de la Méditerranée et du proche Orient sont à coup sûr des révoltes contre des " régimes extraordinairement autoritaires " comme ceux de Ben Ali, de Moubarak ou de Kadhafi.

Des rébellions qui ont rassemblé en grande majorité des jeunes, des salariés, des chômeurs, des pauvres, des individus privés de tout, des masses qui ont montré au monde entier quelle peut être la puissance des peuples qui luttent pour la dignité et la justice sociale.

En réalité, les gens qui se révoltent nous prouvent que, malgré la répression sauvage à laquelle ils sont confrontés, ils peuvent gagner ! Ils ont appris, ce faisant, à connaître leur réel pouvoir et n'abandonnent pas la rue, de sorte que la lutte reste le facteur déterminant des transformations qui ont cours. L'exemple de la démission du Premier ministre tunisien Gannouchi, après 2 jours de contestations populaires (qui ont fait au moins 3 morts de sources officielles) est là pour en témoigner. 45 jours après le départ de Ben Ali, le "gouvernement de transition" ne rencontre pas l’assentiment du peuple qui a décidé de manifester pour réclamer sa démission pure et simple.

Ce qui est remarquable, c'est la spontanéité de ces révoltes qui se sont répandues comme une traînée de poudre dans le Monde arabe. Quasiment personne ne s’y attendait, y compris la haute administration "étasunienne", laquelle, par la voix d'Hillary Clinton, déclarait il y a peu que "le gouvernement égyptien était stable", quelques temps avant le début de la fin pour Moubarak.

Plus rien n’est stable dans la région et partout les régimes répressifs s’attendent au pire. Ainsi Kadhafi vit-il ses derniers instants d'homme d'Etat sanguinaire.

Les gouvernements occidentaux ont pu penser un instant que la colère des masses pourrait être maintenue sous contrôle. Ils avaient tort, c'est ce qui nous satisfait. Cette colère, cachée, réduite au silence par la répression étatique, la pauvreté et le chômage, a su s'émanciper de la peur pour enfin la retourner contre les tyrans. La peur a maintenant changé de camp.

Il semble évident que nous assistons au début d’une ère nouvelle. Les peuples se soulèvent et les tyrannies sont ébranlées. C’est à n'en pas douter le début d’un monde nouveau, un monde qui aspire à la justice sociale.

S'il est encore trop tôt pour parler d'une ère de changement "révolutionnaire", il n'en demeure pas moins que ces révoltes ont conjugué le courage, la maturité et "l'instinct libertaire", au point d'avoir ici ou là (notamment en Egypte) mis en place des comités locaux formés par les masses, manifestation évidente de la volonté de contrôler à la base le processus révolutionnaire en marche.

Plus d' infos sur le Blog anarchiste arabe http://www.ahewar.org/m.asp?i=1385

 

Secrétariat aux Relations Internationales