jeu 30 décembre 2010

La troisième république: sa vie, son oeuvre

CGA

3ème république

Au cours de l’été dernier, il s’est trouvé un Président de la République pour stigmatiser la communauté rom et en faire des personnes à expulser en priorité. Cette gesticulation xénophobe et politicienne, une de plus, a choqué, à juste titre, bon nombre de citoyens qui ont répondu à l’appel d’un collectif unitaire d’associations et de partis politiques à manifester le 4 septembre 2010, au nom des valeurs républicaines, en ce jour du cent quarantième anniversaire de la naissance de la 3ème République. Tous ceux et celles qui ont un tant soit peu de culture historique et politique auraient du être également choqués de cet appel à communier devant l’autel de la vertu républicaine.


4ème république, 5ème et puis après

La quatrième République se construit sur les ruines, la gauche au pouvoir après la Libération va mettre en place la Sécurité Sociale, les Comités d’Entreprise. Les secteurs stratégiques sont nationalisés : énergie, transports, assurances … Les charbonnages de France, EDF, GDF sont créés à cette époque. C’est l’heure de la reconstruction et aussi celle de la remise au pas après les flottements de la Libération. Les grèves insurrectionnelles de 1947 seront réprimées par les Compagnies Républicaines de Sécurité nouvellement créées : c’est aux mineurs du Nord qu’on attribue l’invention du slogan CRS SS à cette époque.

La décolonisation et les guerres d’Indochine et d’Algérie auront raison de cette République qui donnera elle aussi, le 1er juin 1958, les pleins pouvoirs à un militaire, le général De Gaulle, qui se taillera sur mesure la constitution de la 5ème République. Les ordonnances de 1959 permettent, lorsque les circonstances, l’exigent la réquisition des biens et des personnes…

Depuis les présidents se sont succédé, les fichiers se sont multipliés, les CRS se sont modernisés, les acquis sociaux fondent comme neige au soleil. Les patrons actionnaires se gavent de profits, les salarié-es sont licenciés, précarisés, exploités, déboussolés. Il se trouve même des responsables syndicaux pour nous expliquer qu’il faut prendre bien soin de revendiquer en respectant les biens et les personnes. Tiens ça ne vous rappelle rien ?

De gauche ou de droite les gouvernements qui se succèdent n’ont de cesse que de nous faire peur : peur de l’immigration, peur de l’insécurité, peur de l’extrême droite, peur de la crise économique, peur de ne plus avoir de retraite… A chaque fois que ça chauffe un peu, on nous fait le coup des valeurs républicaines et de la citoyenneté, qui transcenderaient les classes et seraient censées nous faire accepter tous les sacrifices et surtout toutes les alliances : souvenons-nous du vote républicain pour le président Chirac en 2002 !

 

Révolution Sociale et Libertaire

Décidément, il est grand temps de construire autre chose que le consensus républicain : cette chimère a fait son temps et pour ce qui nous concerne, ne nous a jamais convaincus. Ce n’est pas en élisant des Princes-Présidents que nous bâtirons un avenir meilleur.

Lors des nombreuses manifestations sur les retraites, des millions de gens ont exprimé leur désapprobation, leurs inquiétudes, mais aussi leur raz-le-bol d’une société profondément inégalitaire, qui distribue toujours plus aux riches en prenant toujours plus aux pauvres. Il n’y a assurément rien à espérer des prochaines échéances électorales pour inverser la tendance ni même pour la ralentir.

Les barrages, les distributions de tracts, les actions diverses et variées menées par des salarié-es de tous les secteurs, qui se rejoignaient dans les quartiers, dans les zones industrielles, pour faire autre chose que des défilés encadrés sont porteurs d’espoir. Il nous donnent à penser que les « gens » ne sont pas dupes des discours politiciens et qu’il ne faudrait pas grand-chose pour qu’ils se décident enfin à franchir le pas. Le petit pas qui les entraînerait vers le chemin des luttes déterminées pour en finir avec les inégalités sociales et économiques.

Alors tous ensemble oui ! Mais plutôt Toutes et Tous ensemble pour la Révolution Sociale et Libertaire !  

 

JV, Toulouse, novembre 2010