dim 1 juillet 2012

Immigration et luttes étudiantes

CGA

Etat des lieux

Environ 200 000 titres de séjour sont délivrés chaque année dont un tiers avec la mention « étudiant ». Pour l'obtenir, l'étudiant étranger doit justifier d’une inscription dans un établissement supérieur, de conditions de ressources financières suffisantes, avoir obtenu un visa « long séjour »…Récemment les conditions d'obtention et de renouvellement se sont endurcies : l'étudiant étranger (hors UE) doit justifier d'une somme mensuelle de 615 euros, et le changement de statut pour passer d' « étudiant » à « salarié » passe de 70 à 340 euros! Ces lois sont dans la prolongation de la Circulaire Guéant du 31 mai 2011 qui rend quasi-impossible ce changement de statut. Plus généralement, les lenteurs et retards de délivrance mettent les étudiants dans des situations précaires où il devient difficile de circuler librement, d'avoir un stage, un logement…Ils subissent en plus la logique des réformes - qui défend une Université plus compétitive et sélective - car un redoublement ou un changement d'orientation rendent le renouvellement de leur titre compromis. Être étudiant sans-papier, c'est clairement un coup d’arrêt brutal dans les études doublé de la peur constante d'un contrôle d'identité fatal.

 

La circulaire et c’est tout ?

Mais nous ne pouvons combattre uniquement cette circulaire ! Que le MEDEF s'en plaigne montre bien que Guéant est allé trop loin dans la surenchère électoraliste, jusqu’à se mettre le Patronat à dos. Le discours méritocratique du « bon étudiant diplômé à protéger » et celui de l’intérêt économique de l’immigration étudiante sont à rejeter en bloc. Nous sommes face à un racisme organisé à l’échelle de l'État. Il est la courroie de transmission des intérêts économiques de la bourgeoisie de par sa gestion utilitariste de l’immigration. En effet par exemple, la piètre modification de la circulaire Guéant du 12/01/12 permet l’obtention d’une Autorisation Provisoire de Séjour mais selon de critères stricts : il faut que le premier emploi effectué se fasse dans le cadre d’un retour au pays d’origine où l’entreprise a déjà développé des activités économiques ou souhaite y développer de nouveaux débouchés. En clair, c’est pour favoriser le « rayonnement économique » de l’impérialisme Made in France… Les gouvernements s'acharnent à accuser les immigrés d’être la source de tous les problèmes : « vol » du travail des français, responsabilité des délocalisations, des baisses de salaire, de la hausse des prix…Pour solidifier la « cohésion nationale » en masquant la lutte des classes qui s’y déroule.

 

Le changement c'est maintenant ?

Que F. Hollande retire la Circulaire ne changera finalement rien. Tandis que le brillant étudiant embauché aura été défendu par ce dernier et le MEDEF, le balayeur sans-papier de la même entreprise reste toujours sous silence. Après les CRA par F. Mitterrand en 1981, les Zones d’Attente pour Personne en Instance (ZAPI) en 1992 par P. Quilès (PS)… Quelle nouvelle création nous attend ? La généralisation des CRA familiaux. Quel humanisme ! Le même nombre d'expulsions sera maintenu, la régularisation au cas par cas sera intraitable avec les sans-papiers… Bref, rien de nouveau sous le soleil « socialiste ». Et vu qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même : la lutte reste alors la meilleure solution !

 

Le collectif de Montpellier

Dans plusieurs villes de France, des collectifs se sont créés et notamment à Montpellier. C'est face à l’accélération des politiques racistes et xénophobes que le Collectif des Étudiants Étrangers à Montpellier s’est formé : il « vise à représenter un contre- poids devant les institutions locales et nationales afin de défendre le droit des étrangers [...] et à garantir leur dignité a tout moment et sous n’importe quel gouvernement. ». Composé d’individus mais aussi de camarades de la CGA, de SUD Étudiant ou de RUSF, il privilégie l’auto-organisation des luttes directement par les étudiants concernés, élargit les revendications pour tous les sans-papiers, dénonce clairement le racisme d'État et fonctionne sur des pratiques autogestionnaires. Son bilan après 4 mois de mobilisation est plutôt positif puisque qu'il y a eu plusieurs manifestations et réceptions à la préfecture, un concert de soutien, des cas de régularisations et l'obtention, entre autres, d'un récépissé automatique dès le dépôt d’un dossier. Un appel à la manifestation est lancé nationalement pour le samedi 2 juin, avec pour mot d'ordre la carte de séjour pluriannuelle immédiate. Ni illusion électorale, ni résignation, la lutte continue !

collectifetudiantsetrangers.wordpress.com

 

William et Lauranne