lun 1 octobre 2012

Gauche choisie... Gauche subie !

CGA

Triste normalité ...

La présidence de François Hollande est marquée par une triste normalité : ils n'avaient pas promis autre chose, les socialistes gèrent le système capitaliste ... avec son lot d'injustices, de dominations et d'absurdités. Des émeutes enflamment un quartier populaire d'Amiens au cœur de l'été, on envoie toujours plus de flics pour couvrir le feu … Que faire d'autre lorsqu'on renonce à combattre les inégalités ?

Même chose pour les roms, ceux et celles de la métropole lilloise, d'Évry, de Saint-Priest ou de Stains en Seine-Saint-Denis auront été contents d'apprendre que leur camp ont été démontés par des flics qui obéissent à un pouvoir socialiste ... Emmanuel Valls n'est pas comme certains le présentent l'aile droitière du P.S mais bien un homme d'état responsable conscient des basses œuvres à mener pour perpétuer l'ordre social en place. Sur le front du sécuritaire comme sur celui de l'immigration, la politique menée ne changera pas sur le fond de celle de la clique à Sarkozy. Il faut souhaiter que la prochaine loi sur l'immigration qui devrait arriver prochainement suscite des mobilisations et en premier lieu que les personnes sans-papiers cherchent en masse à arracher des régularisations par des luttes collectives.

 

Ou régression sociale accélérée ?

Sur le front économique et social, la situation ne devrait cesser de se dégrader. En France, le chômage est en hausse depuis plusieurs mois, les plans sociaux se multiplient, la récession est officiellement prévue pour le 3ème trimestre. C'est toute l'Europe qui plonge dans le cycle récession/austérité, la dégradation de nos conditions de vie n'est pas prête de s'arrêter mais devrait au contraire s'accélérer dans les mois qui viennent. L'adoption de la règle d'or qui institutionnalise les plans d'austérité à venir montre que le pouvoir prépare les mauvais coups qui vont nous tomber dessus. Il est difficile de préjuger le rythme que cela prendra en France, tant du point de vue de la vitesse de la dégradation économique et sociale que de l'ampleur des plans d'austérité. Mais le vote du budget en octobre/novembre matérialisera concrètement « les futurs efforts que nous devrons consentir », ce sera le moment de lever des masques, montrant que la même politique sera appliquée par le gouvernement PS. D'ailleurs l'augmentation de la CSG est déjà prévue pour 2013.

 

L'état des forces en présence

Le nouveau gouvernement, s'il ne bénéficie pas d'un état de grâce, a pu compter jusqu'à présent malgré tout d'un état d'attente et d'une société comme anesthésiée et satisfaite de la sortie de Sarkozy. Une communication médiatique assez bien pensée prolonge un peu ces effets. Dans un contexte d'annonce de plans de licenciements à gogo, la « Conférence sociale » estivale a vu les bonzes syndicaux se satisfaire « de la reprise du dialogue social » … Comme toujours, s’il y a une réaction sérieuse, elle devra se construire à la base et au-delà de journées de mobilisation sans lendemain.

Au niveau politique,  même si nous savons que les luttes s'éteignent dans les urnes, il est intéressant d'avoir en tête un état des forces en présence, d'autant plus que les partis de « gauche » ont un poids important dans les bureaucraties syndicales. Le front de gauche navigue pour le moment entre opposition et soutien critique. La logique voudrait qu'il penche vers une ferme opposition au moment où les plans d'austérité tomberont mais le PCF a besoin du PS pour 2014 et les municipales. De son côté l'extrême gauche est mal en point avec la scission du NPA, et l'écroulement de LO et du POI. Bref, rien à attendre de ce côté là pour rompre l'apathie actuelle.

 

Quelle riposte ?

Pour autant, il n'y a pas eu de vote d'adhésion à François Hollande et les décisions à venir vont être lourdes de conséquences. Le gouvernement devra gérer la période d'accélération de la crise qui s'ouvre sans des élections immédiates pour dériver les énergies; ces mesures susciteront des réactions à la base et obligeront au moins Solidaires, la CGT et la FSU à se positionner et créer un minimum de cadre de mobilisation. Des luttes avec des formes assembléistes ou encore inconnues risquent de se développer dans ce nouveau contexte. A l'image de ce qui se passe en Grèce, la situation sociale peut aussi donner de larges espaces à l'extrême droite. Avec un capitalisme sans vraies perspectives de sortie de crise, et des politiques d'austérité qui généralisent le chaos social en Europe, la responsabilité des révolutionnaires et en premier lieu des anarchistes est donc importante. L'enjeu va être de refuser la culpabilisation qui va nous être faite à grand renfort de mass médias présentant les mesures d'austérité comme la conséquence d'une vie des peuples au-dessus de leurs moyens. Mais il faudra également contribuer à renforcer les luttes et créer de la solidarité directe pour éviter les replis individuels et populariser un projet de rupture avec le capitalisme et l'État.

Les mouvements sociaux se développent fortement en Espagne, et ils pourraient déboucher sur une grève générale en septembre. En fonction de la force et de l'ampleur de celle-ci, puis des perspectives qu'elle ouvre, elle pourrait redessiner les enjeux en Europe du mouvement social.