Depuis plus de trente années, une scission au sein du Mouvement libertaire espagnol (la scission CNT/CGT remonte à 1979), a nui gravement au développement de ce courant révolutionnaire outre-Pyrénées.

Les désaccords et conflits qui ont jalonné cette période ont trouvé leurs racines au travers de questions de légitimité (être chacune l’héritière exclusive du courant anarcho-syndicaliste historique) et donc aussi d’identité.

Les divergences d’orientation, de pratiques, de conception de l’action anarcho-syndicaliste dans l’entreprise et dans l’ensemble de la société sont venues alimenter ces querelles.

Dire qu’aujourd’hui tout cela n’est qu’histoire ancienne relèverait d’une légèreté impardonnable d’appréciation. Ainsi, pour le 1er Mai à Madrid, malgré les tentatives unitaires lancées par Solidaridad Obrera, il n’y a pas eu de manifestation commune.

 

Pour autant, nous pouvons dire que les choses commencent sérieusement à bouger. A leur rythme c’est un fait, mais elles commencent à bouger et nous ne pouvons que nous en féliciter. En Catalogne, la CGT avec une CNT « dissidente », à Zaragosse, la CNT-AIT, La CGT et d’autres organisations ont lancé des appels unitaires à la grève générale…

 

Les récents appels unitaires des organisations se réclamant du Mouvement anarcho-syndicaliste, sont probablement les signes avant-coureurs de rapprochements encore plus importants. Leur valeur symbolique est le signe indéniable que les lignes commencent à bouger!

Par ailleurs, l’apparition de cortèges anarcho-syndicalistes mobilisant des milliers de militant-e-s et sympathisant-e-s arborant fièrement les couleurs Noir & rouge de la révolution antiétatique et libertaire, démontre l’intérêt porté par la classe ouvrière au rejet radical des politiques d’austérité et des fausses solutions qui se traduisent, via l’électoralisme, au renforcement des mesures libérales et anti-ouvrières.

 

De récents événements viennent conforter cette appréciation que nous avons de la scène sociale ibérique et, dans ce contexte, du développement des forces révolutionnaires et anarcho-syndicalistes.

Il s’agit notamment de l’emprisonnement, en date du 26 avril de Laura Gomez, secrétaire à l’organisation de la CGT de Barcelone ainsi que d’un certains nombres de « révoltés sociaux ».

Les faits imputés à Laura : Avoir mis le feu en compagnie d’autres manifestant-e-s, symboliquement, à des cartons remplis de faux-billets devant la bourse de Barcelone pendant la grève générale du 29 mars dernier.

Rappelons que, lors de cette grève contre les nouvelles réformes libérales imposées par le gouvernement (baisse des salaires, des retraites, coupes dans les remboursements médicaux, fermeture d’hôpitaux...) les anarchosyndicalistes catalans ont réunis plus de 50 000 manifestant-e-s. Et la grève générale a été un succès.

La réponse des autorités n’a alors pas tardé : menaces, répression, criminalisation.

Certains sites officiels vont jusqu’à l’appel à la délation, en y faisant figurer les portrait de plusieurs manifestants que les flics espagnols recherchent…

Il nous apparaît par ailleurs évident que les poursuites et les incarcérations trouvent leur origine avant tout dans la montée en puissance de l’opposition ouvrière aux politiques antisociales et aux mauvais coups perpétrés par les gouvernants, fidèles représentants de la Finance et du Capitalisme réunis.

Nous l’avons signalé au sein d’un communiqué de soutien, les poursuites à l’encontre de Laura Gomez et son emprisonnement, sans qu’aucun grief sérieux n’ait pu être retenu contre elle, nous font penser qu’elle paie aujourd’hui les remarquables mobilisations des forces anarcho-syndicalistes et libertaires dans le pays.

 

La CGA a pu, à l’occasion de cette vague de répression, affirmer sa totale solidarité avec les luttes contre l’Etat, contre le Capitalisme et contre l’arrogance de la bourgeoisie et des gouvernants, qu’elles se déroulent en Espagne, en Grèce, en France et partout ailleurs dans le monde. Ces luttes poursuivent un même but : la fin de l’exploitation capitaliste et l’avènement d’une société libre, égalitaire et sans Etat.

Dans ce cadre, la lutte pour la libération de Laura est un jalon de l’engagement commun de toutes les forces libertaires, anarchistes et anarcho-syndicalistes pour en finir avec ce Monde d’injustice, de violence et d’exclusion.

Secrétariat aux Relations Internationales de la CGA

Groupe Puig Antich (Perpignan)