dim 1 mars 2009

Edito

IAL

Le moins qu'on puisse constater au vu de l'actualité sociale et économique, c'est qu'on est en pleine  lutte des classes en ce moment. Le patronat et la bourgeoisie aux affaires mènent l'offensive tous azimuts. Après plus de cinq semaines de grève générale et un syndicaliste assassiné, les travailleurs de Guadeloupe se heurtent toujours au pouvoir des patrons et de l'Etat. Dans l'industrie automobile, les patrons font payer la « crise » aux salariés et aux contribuables. La dernière trouvaille de Renault et de Continental c'est de faire pression sur les salariés en forfait jours pour qu'ils financent eux-mêmes leur mise au chômage partiel en renonçant à des jours de congés, ils appellent ça de la « solidarité ». Piquer dans la poche des gens en leur mettant la pression pour renflouer sa trésorerie et maintenir son train de vie n'est pourtant rien d'autre que du racket. Ce qu'on nous présente comme les conséquences de « la crise », c'est tout simplement de l'extorsion de fonds, de l'escroquerie à grande échelle. Les victimes de ce hold-up planétaire et permanent sont évidemment en premier lieu les personnes en difficulté : pauvres, sans-papiers, sans emploi, précaires, etc. Les escrocs sont ceux qui se gavent des profits accumulés depuis des années : banquiers, patrons, politiciens, actionnaires s'en mettent pleins les fouilles sur le dos des travailleurs qui, eux,  produisent des richesses dont ils ne profitent pas. Les criminels, ce sont ceux qui, pour libéraliser à tout va, s'acharnent à démolir ce qui reste des services publics, la santé et l'éducation en particulier.
Face à cela, ce ne sont pas les promenades syndicales qui pourront inverser le cours des choses. Pas plus que les jérémiades de la gauche et du centre gauche. Rien à attendre non plus des gesticulations  d'une extrême-gauche en plein relookage médiatique. Tous et toutes au fond savent bien qu'ils ne sortiraient pas gagnant d'une grande confrontation sociale. A des degrés divers, ils sont tous des rentiers du système actuel. Les centrales syndicales représentatives attendent leur subvention tout en mettant en garde le pouvoir et le patronat contre les risques d'explosion sociale. Les partis de gauche et d'extrême gauche ont le même objectif : les prochaines élections européennes. Il faut dire que leurs trésoreries sont très fortement dépendantes de la pompe à fric électorale : sans la manne du financement des partis contrôlé par l'État, ils ne pourraient plus fonctionner.
Il y a 70 ans, des centaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants quittaient l'Espagne pour échapper à la barbarie franquiste : c'était la « Retirada ». Ils payaient le prix de l'écrasement de la Révolution espagnole par les franquistes. Ils payaient également celui de la contre-révolution menée par les communistes autoritaires et celui de la non intervention des démocraties européennes. Nombre d'entre eux avaient résisté au coup d'état franquiste en faisant la Révolution : ils et elles s'étaient lancés dans une aventure pleine d'avenir : le communisme libertaire, celui de la socialisation des services, de l'agriculture et de l'industrie. Les barbaries réactionnaires ont brisé ce formidable mouvement libérateur.
Leurs rêves de libération et d'émancipation sont cependant toujours les nôtres aujourd'hui. La seule réponse à la barbarie étatique et capitaliste reste encore et toujours la lutte pour le développement d'une société sans guerres et sans frontières, sans états ni patrons. Il faut en finir au plus vite avec les inégalités sociales et économiques, c'est la condition nécessaire à la construction d'un monde meilleur : plus juste, plus libre, plus solidaire.