jeu 1 janvier 2009

Edito

IAL

Barbarie financière, terrorisme des Etats, précarité misérable des mal logés, déconstruction de l'Education nationale, les sujets abordés dans ce nouveau numéro d'Infos & Analyses Libertaires ne sont pas vraiment réjouissants. Les conséquences de l'éclatement de la dernière « bulle spéculative » en date vont peser lourd en 2009. Pour ceux et celles qui ne peuvent vivre que de leur force de travail, ce sera à coup sûr : des revenus en baisse, du travail en plus pour ceux qui garderont leur emploi, le chômage pour les autres. Comme on pouvait s'y attendre, les capitaines d'industrie profitent de l'aubaine pour déstocker, dégraisser afin de continuer d'engranger toujours plus de profits. Les gouvernements s'occupent de contenir et d'anesthésier le mécontentement légitime de tous ceux et celles qui voient bien que le système capitaliste est une vaste escroquerie : les milliards des truands de la jet set, c'est la galère des milliards d'exploités de la planète.

Le gouvernement de la France a bien compris que personne n'est dupe et que s'il n'y prend pas garde, ça pourrait bien tourner vinaigre. Matraquage médiatique, annonces tonitruantes, gesticulations politicardes et pseudo replis stratégiques (réforme des lycées) sont orchestrés par l'omniprésent président. Les partis politiques et les confédérations syndicales représentatives de tous bords, parce qu'elles sont partie intégrante du système de cogestion étatique et capitaliste, ne représentent à aucun moment un quelconque espoir de changement. Les partis n'ont rien d'autre à proposer que des mesures de régulation bidon qui vont de l'intervention massive de l'Etat à la taxation des revenus du capital. Les syndicats quant à eux s'en remettent aux premiers en attirant l'attention sur le « danger d'explosion sociale » qu'ils redoutent par dessus tout.

Il y a longtemps en effet que l'abolition du salariat et la nécessaire Révolution Sociale ne sont plus à l'ordre du jours des congrès syndicaux. Depuis le début du siècle dernier, un modèle d'organisation et de stratégie s'est imposé au mouvement social : des partis pour prendre le pouvoir par les urnes, des syndicats pour orienter et canaliser les luttes suivant les directives des partis. Ce modèle est un échec monumental : empêtré dans la cogestion démocratique, le mouvement social est aujourd'hui incapable de poser les vrais questions et d'y répondre :

 

Qui produit quoi et au service de qui ?

 

Quelle alternative opposer à un système fondé sur l'inégalité économique et sociale ?

 

Il n'y a qu'une alternative sérieuse : une Révolution sociale et libertaire qui se donne pour finalité la construction d'une société fondée sur l'égalité sociale et économique, et donc sur l'absence de profit financier et d'exploitation de l'Homme par l'Homme. Cette Révolution n'est pas une mince affaire et le mouvement social doit la préparer en reprenant le chemin du débat politique et de la contestation. Pour cela, il lui faut s'organiser en dehors et même contre les schémas politiques dominants, qu'ils soient de gauche ou d'extrême gauche.