sam 1 mars 2008

Edito

IAL

Les beaux jours approchent et pourtant, le spectre des élections pointe à nouveau le bout de son nez. On nous présente ces deux échéances (municipales et cantonales) comme la possibilité de mettre à mal le gouvernement en plébiscitant l’opposition afin de faire vivre notre belle démocratie.

A ceux qui ont quelques velléités autogestionnaires, on leur affirme que le pouvoir municipal est plus contrôlable parce que plus proche de l’individu. Nous autres anarchistes, nous ne mangerons pas de cette soupe aussi mensongère qu’illusoire.

En effet, rappelons que la démocratie ne peut être vivante que lorsque chacun y participe et glisser un bulletin dans l’urne n’est que le consentement à donner le pouvoir à tel ou tel politicien.

Pour quel résultat ? L’Etat continue bel et bien d’assurer sa domination sur ses « citoyens » au niveau local. D’ailleurs, il est nécessaire de rappeler que dans certaines communes ou il n’y a ni commissariat ni gendarmerie, Monsieur le Maire demeure le seul agent assermenté du village.

En réalité, les élections municipales consistent à élire un flic entouré par des dizaines de bureaucrates qui se réuniront en conseil de temps à autre. Alors, le gentil républicain nous rétorquera : « Mais, ne peut-on pas assister à ces conseils municipaux sans y avoir été élu ? » Oui, chacun a le droit d’ y être présent mais c’est bien le seul conseil municipal qui est habilité à prendre les décisions.

En fait, tout cela ne constitue qu’une vulgaire plaisanterie visant à ce que l’on confonde des vessies avec des lanternes. L’autogestion que prônent les anarchistes ne passera par aucune élection, les municipales et les cantonales ne font pas exception à la règle.

Le mot d’ordre est par conséquent l’abstention révolutionnaire avec la ferme intention de n’apporter aucune forme de crédibilité à ces mascarades politiciennes. Dans ce cas, que nous reste-t-il ? Nous répondrons d’une seule voix : la Lutte.

Oui, la lutte sociale doit rester l’unique alternative à l’électoralisme que nous vomissons. Et comment, à l’aube de ce printemps 2008, ne pas penser au mouvement social qui va fêter ses quarante ans en mai prochain et qui, sous l’impulsion des étudiants, prit une telle dimension qu’il obligea les politiciens de tous bords à faire diverses concessions afin de gérer les crises qui suivirent.

En effet, le pouvoir ne nous a jamais rien donné; c’est bien la contestation sociale qui l’y a contraint à quelques reprises.

Mais attention, mai 68 ne doit pas rester un épisode du passé que l’on se contente de commémorer mais bien quelque chose dont on doit s’inspirer pour le présent et l’avenir tout en tenant compte du contexte actuel. Et ce dernier ne nous donne pas tort, loin de là.

Il suffit de voir la manière dont l’autre balaie d’un revers de la main mai 68 pour se rendre compte que ce dernier reste bien vivant tant il fait peur à tous nos « chefaillons ».

En somme, mai 68 est un roman inachevé qu’il nous incombe de mener à bien… mais loin des isoloirs.

 

Fabien – Perpignan