mar 1 janvier 2008

Edito

IAL

Sans être des fanatiques des anniversaires, nous avons, nous aussi, des repères historiques qui s’imposent de fait.

En ce premier janvier 2008 comment ne pas avoir une pensée émue pour un certain premier janvier 1968. En effet, 4 mois plus tard, des dizaines de milliers de jeunes (et de moins jeunes) enfantèrent une révolte des mentalités et des comportements qui mit, durant quelques semaines, le vieux monde cul pardessus tête…

Déjà, à cette époque, nous avions dû regretter le « manque de conviction et d’engagement » des organisations syndicales « représentatives » et la faculté jamais démentie des partis et organisations (dits d’opposition) d’abandonner le terrain des luttes dès que les sirènes électoralistes se font entendre…

Qu’en est-il aujourd’hui ? Apparemment rien n’a changé ! Ou plutôt oui… C’est pire !

 

Après le Mouvement des cheminots sur les retraites, nous étions en droit d’attendre une réponse plus forte, plus appropriée. Nous le supposions. Et bien, après quelques jours de grève, c’est « couchées » que certaines confédérations sont allées aux « négociations ».

Tout dernièrement (fin décembre) F.O. et SUD Rail se sont retrouvés seuls pour tenir une « intersyndicale de lutte »… Les autres n’ont pas daigné se déplacer. Il est vrai qu’auparavant, au pied du sapin, le gouvernement avait posé son lot de «promesses»… Aussi faudra-t-il attendre les premières semaines de janvier pour envisager un «front syndical commun»… Hou lala… ça fait peur !

Les organisations de la Fonction Publique avaient bombé leur torses prolétariens et avaient déclaré concernant le pouvoir d’achat des fonctionnaires, à peu de choses près, on va voir ce qu’on va voir !

Après le 18 octobre et le 20 novembre on a vu qu’on reverra ça le 24 janvier 2008. Le temps de digérer tous les plats que nous n’avons pas pu avaler, augmentation du coût de la vie oblige.

Le pouvoir d’achat des classes moyennes s’en ressent, c’est incontestable, mais que dire du pouvoir de « survie » de tous les « Sans »…

Encore une nouvelle année et toujours le même lot d’exclus, chaque année un peu plus important…

Après le 24 janvier, probablement une nouvelle date poindra à l’horizon, en mars ( ?)… Histoire de faire peur au Ministre de tutelle. Et oui que voulez-vous les grèves de 24 heures à répétition ça le fait flipper le bougre. Il en serait presque à démissionner le 25 janvier !!!

Les étudiants ont su se dresser dès la fin 2007 contre la Loi L.R.U. Une loi qui n’était pas négociable  dès son origine et qui ne l’est pas plus aujourd’hui! Les luttes, les grèves et les occupations qui ont émaillé les universités françaises s’étaient fixé un objectif : le retrait de cette loi qui n’a d’autre but que de libéraliser totalement le cadre des études universitaires, de renforcer la sélection et en somme d’adapter les études et les diplômes aux attentes du capital et faire des facultés les anti-chambres de la société d’exploitation.

L’U.N.E.F. et son Président en tête ont alors tout fait pour affaiblir ce mouvement de refus massif qui leur échappait. Qu’ont-ils choisi comme méthode  ? Mais la voie de la magouille et de la trahison bien sûr. C’est une technique qui a déjà porté ses fruits. Mr. Julliard s’est rendu à toutes les invitations de Valérie Pécresse et s’est targué de défendre la cause étudiante… Et puis, il a sauté les pas pour intégrer une liste du P.S. dans la capitale. Après Pécresse, Delanoé, l’étudiant Julliard sait choisir ses interlocuteurs…

Le Pouvoir, face à une opposition « officielle » éparpillée, muette et prête à n’en découdre qu’électoralement (on ne compte plus les partis qui se composent, se décomposent pour mieux se recomposer) , le Pouvoir, serein, se sent pousser des ailes.

Alors, on ne compte plus les arrestations d’étudiants1 aux seuls motifs qu’ils ont lutté. Ce qui somme toute reste encore le meilleur moyen, le seul moyen de changer les choses quand on a la volonté que le choses changent réellement !

A cela s’ajoute la manière de traiter les problèmes des mal logés, à coups de brodequins policiers et à coups de « cutter » portées aux tentes des sans abris…

A cela s’ajoute, aussi, les méthodes musclées des hommes du Ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Pour faire du nombre, pour réaliser les quotas, les centres de « rétention » se remplissent et se vident au rythme des renvois illégitimes vers les contrées lointaines.

A cela s’ajoute, encore, les mauvaises manières et la morgue des différents ministres qui méprisent le peuple et s’emploient à faire payer le culot de certains qui ne veulent pas se résoudre à bouffer de la merde quand les nantis s’empiffrent !

- Droit de « vivre » encadré !

- Droit de « lutter » contesté !

- Droit de « penser » rogné !

- Droit de circuler librement aboli !

- Droits de l’Homme bafoués !

Faisons de l’année 2008 une année de récupération de tous ces droits que la classe politique et les capitalistes s’entendent à nous supprimer !

Luttons pour réapprendre ensemble le chemin du refus de toutes les inégalités, de tous les interdits et de toutes les hiérarchies.

En « 68 » ils disaient soyez réalistes demandaient l’impossible…

Aujourd’hui soyons réalistes luttons pour acquérir ce qu’ils nous déclarent « impossible » à réaliser.