jeu 2 mai 2013

Édito

CGA

Loin de l’image d’un désert sans intérêt, l’État Français a bien compris que le Sahara malien était d’un intérêt majeur pour les ressources. Le capitalisme montre ici la réalité de son processus guerrier qui exige à la fois l’accaparation des terres en Afrique et ailleurs (comme à Notre Dame des Landes) et l’exploitation des populations pour son propre compte, comme la spécialisation dans la filière de production alimentaire en Afrique du Sud.

Cette exploitation internationale, la Grèce et l’Espagne nous en donne une cruelle illustration à travers les conséquences locales spécifiques. L’Espagne voit ainsi son chômage fortement augmenter (touchant en particulier plus les personnes associées au genre femme) ainsi que des difficultés accrues d’accéder à un logement. La Grèce a connue une évolution similaire, en pire. Il faut en effet, ajouter une forte pression des néo-nazis (avec la reconnaissance dans le pouvoir et la police, de l’Aube Dorée), une répression importante ciblée sur les libertaires, un désespoir général de la population.

Pendant ce temps, en France, le socialisme-réellement-existant se débarrasse sans complexe des sans-papier·e·s de manière encore plus dure que la droite, ignorant jusqu’à leur grève de la faim. Suivant ce racisme d’État, le problème est bien l’immigration et non la misère. L’extrême droite bien intégrée au système en tire profit en tentant de s’installer de manière pérenne, entre autre à Lyon ou a eu lieu une manifestation pour la fermeture d’un de leur local.

Loin du souci de la misère, le gouvernement écoute la voix de son maître, le patronat, à travers la mise en place d’un nouveau texte l’ANI, véritable coup de hache dans les restes de droit du travail. La signature de cet accord par la CFDT/CFTC/CGC fait voler en éclat le front syndical de ces dernières années construit autour de l'axe CGT/CFDT_: des changements dans le paysage syndical sont donc prévisibles.

Le gouvernement n’hésite pas, dans le même espace, à dépenser de l’argent dans des Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII). A ce titre Notre-Dame-des-Landes et sa triple aberration_: écologique, économique et démocratique, fait figure d’exemple. Elle nous pousse dans nos retranchements et force à questionner nos formes de luttes.

Face à tout cela, la lutte de classe s’impose toujours, dans le combat contre l’austérité et la dégradation de nos conditions de travail, instaurant ici des coopératives, ouvrant des squats là, mettant en place une autodéfense antifasciste populaire, le tout en faveur de l’autodétermination des individu·e·s, jetant dans les poubelles de l’Histoire à la fois les nationalismes et la classe politique. Mais il est évident à présent qu’elle ne peut avoir lieu sans être dans le même mouvement, antipatriarcale et écologique.