mer 21 novembre 2012

Édito

CGA

Il suffit de courber l’échine ! Partout la crise capitaliste progresse. Partout, les bourgeois en profitent pour licencier et démanteler les quelques mécanismes de redistribution des richesses que nos alleux avaient arraché de haute lutte aux leurs. Et partout, quand la gauche est au pouvoir, ce processus antisocial et destructeur de nos vies, loin d'être ralenti est accéléré.

 

Après Zapatero en Espagne et Papandreou en Grèce, c'est maintenant Hollande en France qui va démontrer une fois de plus aux yeux de l'Europe entière que la voie électorale n'est en réalité qu'une impasse pour les peuples. ça y est, le ton est donné pour les travailleurs et les travailleuses de France: mesures de rigueur, reculades fiscales par rapport aux promesses de campagnes pourtant pas tellement audacieuses, aggravation de la mise de l'éducation au service des patrons, politiques sécuritaires racistes à l'encontre des Rroms, et le tout couronné par des fermetures d'entreprises et des remorques de licenciements à tout va.

 

La gauche n'a décidément rien à nous offrir si ce n'est la continuation du capitalisme et des promesses teintées d'antilibéralisme jamais tenues.

Avant le mois de mai 2012, nous affirmions dans ces colonnes que la victoire éventuelle de Hollande à la présidentielle n'apporterait aucun changement contrairement à son slogan de campagne, soit dit en passant, d'une banalité politicienne exaspérante.

 

Non, rien ne change. Le capitalisme continue à grignoter petit à petit notre système de santé tout en licenciant les travailleurs et les travailleuses des laboratoires pharmaceutiques (Sanofi). Les marchands de sommeil ont toujours pignon sur rue dans les quartiers les plus pauvres de nos villes, le combat contre le patriarcat ne fera pas partie des priorités de ce gouvernement comme il n'a jamais fait partie des priorités des précédents, la répression contre les conséquences inévitables de la paupérisation continue avec au bout de la chaîne, l'enfermement et les prisons. Mais ce n’est pas grave puisqu'en enrichissant les entreprises du CAC 40, les prisons contribuent au PIB !

 

Et puisque ce gouvernement, comme tous les précédents, restera un bouclier de protection pour le capitalisme contre toutes les velléités alternatives, l'énergie restera au service d'une production aussi effrénée qu'absurde et source de gaspi.

 

Il ne manque plus qu'un maillon: celui de la répression ouvertement politique, comme celle subie par nos camarades anarchistes turcs. Rajoy en Espagne, s'engage déjà dans cette voie. En effet, il envisage d'interdire les sit-in !

"A quand" notre tour alors de ce côté-ci des Pyrénées ? Quand est-ce que nous aussi, on nous interdira de nous asseoir par terre ?

 

A moins qu'on ne réagisse, et qu'on ne leur laisse même pas le temps d'en arriver là.

 

Au moment où l’on écrit ces lignes, il semble que les appels à la grève générale se multiplient au moins sur la péninsule ibérique. Le 14 novembre prochain à l'appel de la confédération européenne des syndicats et le 31 octobre en Espagne à l'appel de la CGT espagnole (anarcho-syndicaliste).

Espérons que ce soit là enfin l'aurore du mouvement social européen qui seul saura stopper l'appétit destructeur des bourgeoisies européennes coalisées dans l'UE.

 

Autant de questions qui sont abordées par les groupes de la Coordination des Groupes Anarchistes dans ce numéro 93 d'Infos & Analyses Libertaires.