lun 20 juin 2011

Edito

CGA

Pour la période estivale de l'année 2011, les militants et les militantes de la Coordination des Groupes Anarchistes publient un numéro 87 de leur journal un peu plus conséquent qu'à l'accoutumée en proposant 24 pages d'infos et d'analyses libertaires au lieu de 16.

Inévitablement, 7 pages seront consacrées à l'environnement. De la folie nucléaire qui s'est une nouvelle fois illustrée à Fukushima à l'enthousiasme industriel aveugle pour les hydrocarbures de schiste, deux articles retraceront les liens entre la consommation démesurée d'énergie et la logique de croissance des profits à l'infini qui caractérise le capitalisme, cet horizon que certains et certaines, de gauche comme de droite, qualifient de « système le moins pire » alors qu'il est en train de détruire notre planète à une vitesse exponentielle !

La triste actualité de la région lyonnaise qui fait face depuis quelques années à un fascisme de rue qui s'attaque bien évidemment en priorité à ses adversaires politiques sera également abordée.

Dans la même veine, mais du coté des élu-e-s cette fois-ci, les camarades lillois nous décrivent comment les autorités locales veulent mettre la techno-science au service d'un projet délitant de surveillance : RFID ou la police totale...

Mais lutter contre le sécuritaire et pour nos libertés publiques ne suffit pas. La classe dominante, bien aidée en cela par l'Etat, espère encore nous presser comme des citrons en contrôlant notre logement !

Mais à chaque fois, et comme toujours, on verra que la résistance est là et qu'elle s'organise.

Le tendon d'achile de nos sociétés dites « démocratiques » est le système électoral. En le regardant de près on comprend bien que la prise de décision est savamment canalisée au plus grand profit d'une minorité. Cette habile duperie est le fruit d'une longue histoire de lutte de classes remportée (pour le moment !) par la bourgeoisie. C'est ce que le mouvement qui est apparu en Espagne et maintenant en Grèce semble avoir bien compris. S'il fallait le caractériser en un mot, ce serait bien par celui d'anti-électoralisme. Deviendrions-nous de plus en plus nombreux et nombreuses à vouloir de nouvelles institutions populaires de démocratie directe ? Le groupe de Toulouse tentera en tout cas d'aborder l'antiélectoralisme d'un point de vue concret en s'inspirant du mouvement espagnol.

En attendant, ici et là, les alternatives économiques plus ou moins locales fleurissent pour faire face à la destruction progressive des services publics. On connaît souvent les AMAP ou les SEL, mais qui connaît les Ressourceries ? Le groupe Nosotros nous en décrit une.

Bref, on ne le dira jamais assez : désertons les urnes, auto-organisons-nous !

D'ailleurs, cet été pourrait être pour nous tou-te-s l'occasion de réfléchir aux premiers bilans que l'on peut tirer des révoltes arabes. Le groupe de Perpignan nous y aidera avec une analyse de la situation générale du monde arabe et des différents pays concernés en particulier. Ici encore, des leçons pourront à coup sûr être tirées pour une rentrée de luttes efficaces, en anticipant les nombreux pièges de la délégation de pouvoir auxquelles toute lutte sociale est tôt ou tard confrontée...

Enfin, deux articles nous en diront un peu plus sur l'anarchisme en Biélorussie et en Russie, où l'on verra que la répression et les adversaires qui s'abbattent sur celles et ceux qui tentent de porter un discours et des pratiques anti-autoritaires sont nombreux, brutaux et déterminés.