ven 1 mai 2009

Edito

IAL

Freescale (ex Motorola) à Toulouse, Caterpillar à Grenoble, Molex à Villemur, Continental à Clairoix, autant d’entreprises dont les noms évoquent aujourd’hui les plans de licenciements et de fermetures de site qui frappent de plus en plus en plus de salarié-es depuis qu’à éclaté la dernière crise. La Crise, qui nous dit-on, est à la source des difficultés de trésorerie des entreprises qui licencient, qui usent et abusent du chômage partiel.

La ficelle est si grosse, les propagandes patronales et étatiques sont si grotesques que la plupart des salarié-es ne se font aucune illusion sur leur sort à l’issue des plans « sociaux ».  Il n’y a guère que les directions syndicales pour croire ou pour nous faire croire qu’il pourrait y avoir quelque part une volonté de sauver des emplois. Les travailleurs et les travailleuses qui ne vivent que du fruit de leur labeur ont bien compris que le patronat et en particulier celui des grandes entreprises multinationales n’agit que pour préserver ou maximiser ses bénéfices.

Ce constat étant fait, ceux et celles qui sont jetés à la rue n’ont plus qu’à vendre chèrement leur peau. Si les patrons veulent nous virer, eh bien qu’ils envoient la monnaie !
Excédés par les parachutes dorés et les primes de bienvenue millionnaires que se distribuent les managers, les managés en route pour le chômage ne veulent plus se laisser bourrer le mou par les charlatans de la finance et les bonimenteurs politiciens.

Si les directions syndicales affichent clairement leur crainte d’un embrasement social, les politicards de service se pressent auprès des travailleurs en lutte. Qui pour se refaire une virginité, qui pour se présenter comme leur nouvelle chance. PS, PC, Front de Gauche, NPA, tous cherchent à surfer sur la vague de la crise sociale. Après le premier mai syndical, viennent les élections européennes et ils comptent tous tirer leurs marrons du feu : à chacun ses bénéfices !

Historiquement, le premier mai trouve sa source dans les luttes ouvrières commencées au 19ème siècle. Progrès social, entraide, solidarité, égalité économique et sociale, santé et éducation libre et gratuite pour toutes et tous, tels étaient les objectifs qui guidaient ces luttes à vocation émancipatrices. L’abolition du salariat et la révolution sociale et libertaire étaient à l’ordre du jour il y a un peu plus d’un siècle.

Force est de constater que ces rêves et ces nécessités sont toujours d’actualité : il est urgent de s’organiser pour en finir avec un monde fondé sur les inégalités sociales et économiques. C’est à nous tous et à nous toutes qu’il appartient de nous construire un autre futur. Le chemin pour y parvenir ne passe assurément pas par les illusions politico-électorales.