sam 1 septembre 2007

Edito

IAL

En France cet été, le capitalisme a avancé encore un peu plus ses pions sur l’échiquier de la lutte des classes. Outre les 22700 (!!) suppressions d’emplois de fonctionnaires, l’accélération des expulsions de sans-papiers ou le projet des franchises médicales qui aggravent encore l’inégalité d’accès aux soins, le gouvernement et son parlement ont entériné quatre lois particulièrement anti-sociales : une loi fiscale avantageuse pour les plus riches ; une loi dite « d’autonomie » des universités ; une loi judiciaire qui renforce la répression sur les récidivistes et en particulier sur les mineurs et enfin et surtout une loi qui limite le droit de grève dans les transports.

 

Toutes ces lois concourent à maintenir et à étendre les injustices de l’ordre social actuel. La loi fiscale est très claire : les grandes fortunes d’hier seront encore un peu plus grandes demain. La loi « d’autonomie » des universités est limpide : fini le savoir fondamental! Vive les « compétences », les formations-formatages professionnelles mises au service du patronat local. Le tout en renforçant la sélection à l’entrée des établissements d’enseignement supérieur pour éloigner toujours plus de personnes des savoirs approfondis et les convier gentiment à suivre des filières « techniques » dès leur plus jeune âge. La loi sur la récidive aura pour effet d’augmenter mécaniquement d’environ 10000 le nombre de personnes emprisonnées. Quand on sait que 80% des prisonniers sont issus des classes les plus pauvres de la société, on ne peut que voir dans cette mesure la volonté d’enfermer la violence sociale engendrée par la politique inégalitaire du gouvernement. Cette loi est un pas de plus en arrière vers un Droit qui n’admet aucune forme de défense, un Droit qui ne comprend ni n’explique rien: le Droit du Moyen-Age!

 

Enfin, la loi dite de « service minimum » dans les transports est en réalité une loi de « régression maximum ». Cette loi est un peu particulière car elle est, pour tous les puissants, une tentative d’ouvrir une autoroute à la destruction des derniers acquis sociaux du 20ème siècle. En définitive c’est une loi qui vise à faciliter les futures lois anti-sociales. Pour atteindre cet objectif commun, les capitalistes rêvent à l’unanimité d’abolir le droit de grève. Il est évident qu’en l’absence de droit de grève les pires projets d’un gouvernement seraient « deux fois » plus facile à imposer…

Le 2 août dernier est une date dramatiquement historique. Loin de se soucier des inconvénients naturellement provoqués pour les usagers lors des mouvements de grève dans les transports, Sarkozy et sa clique de voyous tentent avec cette loi une première limitation du droit de grève destinée à être élargie au plus grand nombre de secteurs d’activité possible. Le « service minimum dans les transports » n’est que la première étape d’une offensive déterminée contre le droit de grève de tous les salariés. Demain, ils tenteront d’instaurer un service minimum dans l’éducation, après-demain un service minimum chez les fabricants de parapluie pendant la saison froide et ainsi de suite. Le 17 juillet, François Fillon déclarait sur France 3 que «l’efficacité du dialogue social dans les transports peut ensuite servir de modèle pour être étendu dans d’autres secteurs».

 

C’est toujours la même histoire ! Ils nous vendent les lois comme destinées à des secteurs restreints puis ils les étendent à tout le pays! Au début des années 2000, le fichage génétique devait être mis en place pour « les seuls délinquants sexuels ». Entre-temps, sans que bien évidemment aucune chaîne de télé n’en parle, le fichage ADN s’est généralisé à toute la population puisque désormais toute personne impliquée de près ou de  loin (même comme témoin) dans un dossier judiciaire peut faire l’objet d’un prélèvement ADN. Avec le « service minimum » c’est encore la même recette, la même entourloupe !

 

Les travailleuses et les travailleurs doivent comprendre que les capitalistes veulent aller très loin. Les puissants défendent leur projet de société : un monde de soumission totale à leur service. On ne le dira jamais assez : toutes ces lois sont la conséquence de la contradiction entre les intérêts d’une minorité privilégiée qui désire l’opulence sans travailler et les intérêts de la majorité des travailleurs/chômeurs qui galèrent pour joindre les deux bouts chaque mois voire chaque jour. A nous donc de défendre notre projet : l’autogestion généralisée de la production et de la distribution seule « équation sociale » rendant réaliste notre émancipation. Première étape : unir les luttes dès la rentrée sociale de 2007.