mer 23 décembre 2009

Edito

IAL

Un nouveau gouvernement a été nommé et une nouvelle assemblée va rentrer au Palais Bourbon. Pas si nouvelle d’ailleurs puisque cette victoire de l’UMP succède à une autre, celle de 2002. L’abstention en fort recul lors de la présidentielle a retrouvé des pourcentages autour de 40% aux législatives, montrant ainsi que la crise de la représentation politique est toujours là.

Il est pourtant probable que cette majorité soit installée pour longtemps.

Sur le plan social ou sur «  le changer la vie » , plus rien ne fait la différence entre la droite et la gauche. Leurs aspirations à gérer l’économie de marché pour le plus grand bénéfice du patronat sont communes. Par la même, les débats réactionnaires, servis à grands coups de médias de masse, passent pour la seule façon de se poser des questions.

Dans ces conditions ce qui domine c’est l’absence d’espoir et de perspectives différentes.

Si on ne remet pas en cause les structures de la société capitaliste actuelle, les problèmes posés deviennent absurdes. Tous les aspirants à nous gouverner, de droite ou de gauche, peuvent alors conclure sur le trop d’étrangers, de chômeurs et de fonctionnaires, etc... Dans ces conditions, il devient difficile pour de trop nombreuses personnes de voir plus loin que le plus près de leur quotidien. Le nez dans le guidon, elles sont tentées de se laisser berner par le discours dominant en rejetant leurs propres difficultés sur ceux qui pourtant comme elles, galèrent.

Une alternance au pouvoir ne changera pas cet état de fait. Pas plus le PS que l’arrivée d’une gauche recomposée, n’entraînera de changement. Au contraire, cette dernière ne créerait qu’une illusion de plus qui éloignerait encore une fois, l’absolue nécessité d’un changement révolutionnaire, pour réinventer la vie en société.

Car il faut retrouver le chemin du vouloir, du vouloir collectif pour dessiner un autre destin à l’humanité que la course à l’argent, au pouvoir, à la compétition et au « tous contre tous ».

Ce chemin, passera par des luttes dans tous les domaines : économiques, sociaux, politiques, culturels. Du travail, nous en aurons, pour nous défendre mais aussi pour contre-attaquer. Parce que depuis 30 ans ceux qui nous gouvernent sur la planète ont programmé une offensive pour accroître leurs profits et leur pouvoir à coup de nouvelle gouvernance. Les attaques sur la dérégulation du marché du travail, les services publics et la protection sociale n’ont cessé depuis les années 80. En France aussi, ce processus s’accélère. Gauche et droite y ont donné leur contribution. Le nouveau Sarko de la rupture, n’est en fait que la tentative d’une rupture idéologique dans la société française pour dominer culturellement les esprits et les formater. Grâce aux médias et à la communication, les pauvres aussi doivent pouvoir adhérer au modèle du « self-made man ». Un axe fort de cette bataille est d’imposer la responsabilité individuelle dans tous les domaines (sécurité, santé, travail...) de la vie. Un autre est de redessiner la carte politique pour qu’elle corresponde tout à fait à ce modèle en brouillant par exemple les anciennes lignes de clivage qui différenciaient les grands partis de droite et de gauche.

 

Les mauvais coup sont déjà annoncés pour une partie d’entre eux : une nouvelle couche sur la sécurité, une autre sur l’immigration pendant l’été. Il est vrai que ces cinq dernières années il n’y a eu que six textes législatifs sur le premier thème et trois sur le second. Mais avec ses mesures réactionnaires l’État dit « je m’occupe de vous », et pendant ce temps là, les affaires continuent.

Dans le monde du travail aussi, les mauvais coups seront là : Contrat de travail unique sur le modèle du CNE, attaque sur le droit de grève dans les transports et changement des règles de la représentativité syndicale pour intégrer définitivement cet outil du prolétariat afin d’en contrecarrer les aspects combatifs et émancipateurs. Et pour être sûr de l’avenir, tenter de mater la jeunesse en la formatant aux aspirations idéologiques du pouvoir. Pour cela, les lieux de formations doivent changer avec l’autonomie des universités, mais aussi à l’école. Pour contre balancer ces mesures, d’autres seront présentées de manière opportune comme facilitant la vie des classes populaires, comme par exemple les crédits pour l’accès à la propriété. Un petit cadeau annoncé qui cachera mal le vol de grande ampleur que produiront les autres mesures.

 

Non, de l’électoralisme, il n’y a rien à attendre. Si nous voulons la justice, l’égalité la liberté, ce n’est pas en délégant notre pouvoir qu’on pourra y parvenir mais en luttant pied à pied et en traçant un chemin émancipateur. Celui d’une société débarrassée de l’exploitation, du capitalisme et de son outil qu’est l’État.